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A Lens, le Louvre fait un tour de tables

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Assiette de présentation Diane, décor du service bleu Elysée, manufacture nationale de Sèvres.

Il y a cette assiette aux motifs géométriques « bleu de Sèvres » qui a fait couler beaucoup d’encre en 2018. Commandée à la Manufacture de Sèvres par Brigitte et Emmanuel Macron, le service Bleu Elysée retrace, en 1 200 pièces – et sous le pinceau de l’artiste Evariste Richer –, les plans de 1913 du palais présidentiel. Et ces aiguières de la haute Antiquité destinées au lavement des mains, qui illustrent l’un des plus anciens rituels liés au repas, en même temps qu’un geste de purification, réactualisé par l’actuelle pandémie.

Entre les deux, le Louvre-Lens plonge le visiteur dans un voyage captivant à travers 5 000 ans d’histoire sur le thème « Les tables du pouvoir, une histoire des repas de prestige », à voir jusqu’au 26 juillet. Explorant des traditions séculaires de la Mésopotamie, de l’Egypte ou de la Grèce antique jusqu’aux temps modernes, l’exposition réunit quelque 400 œuvres, dont près de 70 % sont prêtées par le Louvre. La vaisselle, petite ou grande, dialogue avec bonheur avec des tableaux anciens, des tapisseries, de premiers livres de recettes ou des gravures du journal L’Illustration.

Aiguière du XVIIe siècle.

« Cette exposition nous permet de traiter de sujets universels comme la façon de manger ou les jeux de pouvoir avec un regard transversal, résume Marie Lavandier, la directrice du lieu. Elle a tout son sens dans ce musée, né comme le “Louvre autrement”, et dans cette région du Nord-Pas-Calais où la convivialité est reine. »

La scénographie, avec ses tables dressées « en vrai », rend la chose vivante et même palpable, dans l’architecture aérée de verre, de métal et de lumière signée en 2012 par les Japonais Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa. Ainsi peut-on voir, reconstitué, le décor d’un banquet couché des citoyens grecs, au VIIIe siècle avant J.-C. Dans l’Antiquité, l’art de la table s’accompagne de celui de la musique, du théâtre et de la philosophie : ce type de banquet, relaté par Homère ou Platon, est appelé symposion, qui a généré le moderne, et moins festif, « symposium ».

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Pour ces plaisirs intellectuels et charnels, le vin pur – réservé au dieu Dionysos – est mélangé dans des « cratères » en céramique avec de l’eau et des aromates, posés sur un trépied pliant à hauteur des banqueteurs. Tous sont à demi allongés à la même hauteur dans une forme d’égalité. « Dans cette société démocratique, chacun occupe une même place au repas, tandis que si l’hôte est un roi, un empereur ou un tyran, le service devient vertical », note Zee Gourarier, le commissaire général de l’exposition.

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