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Au Yémen, la coalition dirigée par Riyad frappe la capitale sous contrôle rebelle

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Plusieurs bombardements de la coalition menée par l’Arabie saoudite ont touché Sanaa, au Yémen, dimanche 7 mars.

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a lancé dimanche 7 mars une opération contre les rebelles au Yémen avec des frappes notamment sur la capitale Sanaa, les premières depuis des mois, après l’interception de drones houthistes, selon Riyad, sur le territoire saoudien.

Ces attaques de drones n’ont pas été revendiquées, mais l’agence officielle saoudienne SPA a accusé les rebelles houthistes, qui ont multiplié les tirs contre le royaume ces dernières semaines et menacé de nouvelles attaques. Parallèlement, les rebelles ont repris leur offensive contre la ville pétrolière de Marib, dernier bastion du nord du Yémen encore aux mains des loyalistes.

« L’opération militaire prend pour cible les capacités militaires des houthistes à Sanaa et dans d’autres provinces » du Yémen, a précisé dimanche la coalition, citée par SPA. Les raids aériens ont provoqué d’énormes explosions à Sanaa, envoyant des colonnes de fumée dans le ciel. Les houthistes ont fait état de sept frappes aériennes sur la capitale.

Ces bombardements surviennent après l’annonce par la coalition de l’interception en Arabie saoudite de douze drones, selon un dernier bilan, lancés dimanche contre le royaume, dans ce qui constitue une escalade des attaques contre le territoire saoudien.

« Ligne rouge »

Selon la coalition, qui soutient militairement le gouvernement yéménite depuis 2015 dans sa guerre contre les rebelles, les drones étaient dirigés contre des cibles civiles. Prendre les civils pour cible en Arabie saoudite est « une ligne rouge », a déclaré la coalition après les frappes aériennes menées sur Sanaa.

Cette recrudescence des violences intervient alors que l’administration américaine de Joe Biden a exhorté les houthistes à la désescalade après les avoir retirés de la liste des « organisations terroristes » pour ne pas entraver, selon elle, l’acheminement de l’aide humanitaire au Yémen.

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Mais « le retrait des houthistes de la liste des groupes terroristes a été interprété de manière hostile par la milice » des houthistes, affirme la coalition citée par SPA. Les « victoires » des forces progouvernementales face aux houthistes à Marib ont poussé les rebelles à intensifier leurs attaques contre le royaume, a-t-elle ajouté.

Samedi, des sources militaires gouvernementales ont fait état d’au moins 90 combattants tués des deux côtés en vingt-quatre heures de violents affrontements à Marib. Les houthistes tentent depuis un mois d’arracher cette ville stratégique aux forces loyalistes soutenues par l’aviation saoudienne. Les rebelles sont soutenus, eux, par l’Iran, grand rival régional de Riyad. Mais Téhéran dément fournir des armes aux houthistes.

Partis en 2014 de leur bastion du nord du Yémen, les rebelles ont pris le contrôle de vastes régions, dont la capitale Sanaa et la ville portuaire de Hodeïda (ouest). Issus de l’importante minorité zaïdite, ils s’estimaient marginalisés par le gouvernement central.

Des années de bombardements n’ont pas réussi à ébranler la mainmise des houthistes sur Sanaa. La prise de Marib par les rebelles constituerait un revers cuisant pour le pouvoir yéménite et son allié saoudien.

La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, d’après diverses ONG internationales, et entraîné la pire crise humanitaire actuelle au monde selon l’Organisation des Nations unies (ONU).

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Peu après son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden avait annoncé la fin du soutien américain à la campagne militaire saoudienne au Yémen, affirmant qu’elle avait « créé une catastrophe humanitaire et stratégique ». Mais il a aussi réaffirmé le soutien de Washington à l’Arabie saoudite dans la défense de son territoire.

Le Monde avec AFP



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