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Ces calculs qui fixent les Locales le dimanche 23 ou 30 janvier 2022

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Les élections locales pourraient avoir lieu le 23 ou le 30 janvier 2022. Selon des proches du chef de l’Etat Macky Sall, même si rien n’est encore acté, le souhait de l’opposition de voir ces joutes électorales se tenir en décembre 2021 pourrait être une chimère.

Jusque-là, il n’y a pas encore de date officielle pour la tenue des élections locales. Un consensus n’a pu être trouvé entre majorité et opposition dans le cadre du Dialogue national. La seule garantie donnée par l’Etat est qu’après plusieurs reports, les élections se tiendront au plus tard le 31 janvier 2022. Une résolution adoptée en début avril par l’Assemblée nationale, sur demande du gouvernement, rejetée par l’opposition qui exige que les Locales se tiennent au cours de l’année 2021. L’arbitrage du chef de l’Etat Macky Sall est ainsi sollicité pour trancher définitivement la question. Mais, le Président ne serait pas dans l’optique de rejoindre l’opposition dans son vœu de tenir les élections en décembre 2021. Des sources proches du Président Macky Sall sont formelles. «La date des élections locales sera le 23 ou le 30 janvier 2022», souffle-t-on. D’après des calculs techniques faits par des proches du Président, tenir des élections en décembre 2021 serait trop risqué. «Il y a des choses qui, sociologiquement, ne tiennent pas la route. La Tabaski, c’est vers le 20 juillet, après il y a la Tamkharite, le Magal de Touba, le Gamou, après la fin d’année où les gens bouclent le budget avec le marathon budgétaire et dans toutes les structures, il faut boucler son budget. A partir du 22 décembre les gens sont concentrés sur les fêtes, presque plus personne ne travaille. On ne peut pas organiser une campagne électorale en cette période, personne ne suivra. Il y a des contraintes sociologiques qu’il faut prendre en compte dans la fixation d’une date des élections. Ce n’est pas de la mathématique, il faut gérer la sociologie des Sénégalais. Une campagne électorale en pleine fête de Noël, ça ne passe pas. Il y a énormément de susceptibilités à gérer. Au-delà des textes, il y a des choses écrites nulle part, mais qu’il faut gérer avec tact. Nous l’avons d’ailleurs développé dans notre argumentaire, mais l’opposition ne veut pas entendre cela. On pourrait démarrer la campagne électorale en janvier, si on fait 23 moins 7, le dimanche qui précède, c’est le 16 janvier, si la campagne dure 21 jours, on va la faire durant les fêtes de fin d’année. Le 23 janvier pourrait être la bonne date», insiste ce collaborateur du chef de l’Etat, qui a participé aux travaux de la Commission du Dialogue politique. 

L’autre prétexte servi par la majorité, c’est que le mois de décembre coïncide avec la campagne de commercialisation agricole et avec tout le bruit autour, l’opposition pourrait se servir de cela pour mener sa campagne. «Pour un régime, organiser des élections en décembre, c’est très compliqué. C’est une période de démobilisation parce que les gens ont la tête ailleurs avec les fêtes. C’est aussi la période de la campagne de commercialisation agricole et aucun Etat sérieux ne va organiser des élections en décembre parce que les paysans sont dans leur traite, il y a beaucoup de bruits et de revendications en cette période. Il n’y a pas assez de sérénité pour organiser des élections. Aussi bien les évaluateurs internationaux que la Direction générale des élections (Dge) avaient fixé l’agenda autour de janvier-février. L’opposition fait de la politique, mais elle sait que les élections ne peuvent pas se tenir en décembre 2021.»

«Nous avons trop prêté le flanc en laissant circuler trop de rumeurs sur la tenue des élections»

Pourtant l’opposition soupçonne un énième coup politique du pouvoir pour éviter une déroute électorale avec ce report des élections et le choix de janvier 2022. Pour certains, la majorité cherche juste un alibi pour pouvoir reporter les Législatives sous le prétexte que l’Etat ne peut pas organiser deux élections en une année. «En 2012, il y a eu une Présidentielle et des Législatives, de même qu’en 2007», rappelle-t-on du côté du pouvoir, où certains sont d’avis que l’ennemi est dans leur propre camp. «Nous avons trop prêté le flanc en laissant circuler un peu trop de rumeurs sur la tenue des élections, avouent des proches de Macky Sall. Il y a eu trop de rumeurs provenant de notre propre camp avec des déclarations et des prises de position demandant le couplage des élections et même le report des Législatives au-delà de la Présidentielle. Ça a un peu échaudé l’opposition. Nous sommes les premiers fautifs en ayant laissé circuler un certain nombre de rumeurs sans jamais apporter la contradiction. Ce n’était pas gênant jusqu’à ce qu’un nouveau contexte s’impose avec les événements de mars 2021 qui ont redonné du poil de la bête à l’opposition qui, en se regroupant, essaie de gérer ses contradictions internes.»

L’un dans l’autre, le seul qui devra décider est le chef de l’Etat, Macky Sall. Mais, la Commission cellulaire du Dialogue politique n’est pas tenue de lui adresser formellement un courrier pour cela. «Nous avions dit depuis le début dans notre code de conduite que si nous n’avions pas de consensus sur un point, c’est le Président qui fait l’arbitrage. Théoriquement, c’était qu’il attende le rapport définitif pour prendre la décision, mais par rapport à la date des élections, il y a des délais. A partir de ce moment, s’il est informé par le Comité de suivi, par n’importe quel moyen, il n’y a pas de lettre officielle de la Commission cellulaire. Si on constate le désaccord, il y a toujours des rapports de compte-rendu que la Commission cellulaire fait et celui qui s’occupe du Secrétariat est un agent du ministère de l’Intérieur. Lorsqu’on a eu l’accord pour le report des élections, c’était juste une formalisation. Nous avons eu l’accord le matin et dans le Conseil des ministres du même jour, le projet de loi a été adopté par le Conseil des ministres. Ils prennent l’information par n’importe quel moyen», explique un plénipotentiaire de Bennoo bokk yakaar (Bby) au sein de la Commission politique du Dialogue national. Qui poursuit : «Nous avons constaté le désaccord, c’est dans le procès-verbal. Nous nous soumettons à l’arbitrage du chef de l’Etat. C’est à lui de voir quand il va prendre le décret, mais avec une contrainte : le décret doit être signé au plus tard 90 jours avant les élections, comme prévu par le Code électoral. Il est dit dans le Code que c’est le président de la République qui fixe la date des élections et pour les délais, c’est 90 jours avant les élections, mais ça, c’est l’extrême. Le dépôt des listes, c’est 80 à 85 jours avant le scrutin. Tout le monde sait qu’il va prendre la date bien avant ça, sinon certains ne pourront pas faire les négociations pour les investitures.» 

L’OBSERVATEUR



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