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ces couples qui ont retardé leur projet de bébé

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Qu’il est loin, le printemps 2020, quand les plus optimistes imaginaient que le premier confinement allait entraîner une envolée des naissances. Un souvenir qui fait encore grincer des dents Lucie (son prénom a été changé), 37 ans. « On a subi une forte pression familiale à l’époque, on nous disait que c’était le moment d’en faire un deuxième, de profiter de cette parenthèse, mais c’était en décalage complet avec le surmenage et l’angoisse que nous vivions. » Cadre dirigeante dans l’humanitaire, la jeune femme s’est retrouvée du jour au lendemain avec des journées de télétravail de quinze heures, en lien direct avec le contexte pandémique. A ses côtés dans leur appartement parisien, son mari, également soumis à une forte pression professionnelle, et leur petite fille de 5 ans, « avec un syndrome d’hyperactivité ».

« Au bout de trois semaines, j’étais à la limite du burn-out, on a obtenu une dérogation pour pouvoir mettre ma fille à l’école deux jours par semaine, ce qui nous a sauvés », raconte-t-elle. C’est à peu près à cette date que le couple a abandonné son projet de faire un deuxième enfant.

« Avoir la petite à la maison nous a complètement démotivés, on s’est dit qu’on ne serait pas capables d’en gérer deux » en cas de nouveau confinement, explique Lucie, aujourd’hui encore très marquée par cet épisode. « En 2019, quand on s’est mariés, on avait prévu de faire un tour du monde et un enfant l’année suivante. Résultat, on a mis le tour du monde sous le tapis, et le projet de bébé aussi », résume-t-elle avec amertume.

« Sentiment d’insécurité »

Comme Lucie et son époux, de nombreux couples ont fait ce choix d’abandonner ou de retarder l’arrivée d’un enfant en cette année de crise sanitaire. En lieu et place du « baby-boom » un temps imaginé, le nombre de naissances en France a atteint en 2020 son plus bas niveau depuis 1945, avec 740 000 bébés, selon l’Insee. Et les statistiques de janvier, qui donnent une idée des premiers effets du confinement, sont encore plus significatives : avec seulement 53 900 nouveaux bébés, on assiste à une chute de 13 % des naissances par rapport au même mois de l’année 2020.

« La crise que nous traversons est porteuse d’un sentiment d’insécurité, notamment économique. Même les personnes qui ne sont pas directement impactées peuvent dès lors réserver un peu leur projet d’enfant, en estimant que ce n’est pas le moment de s’y consacrer », explique Arnaud Régnier-Loilier, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED). Pour l’ouvrage Parcours de familles (Ined Editions, 2016), ce spécialiste de la fécondité a suivi avec d’autres chercheurs des couples sur six ans, interrogeant les dynamiques de construction familiale. « On a notamment observé qu’un certain nombre de prérequis doivent être réunis, dans l’idéal, pour l’arrivée d’un premier enfant, un peu moins pour les suivants », explique le sociologue. Parmi les critères : la stabilité au sein du couple, notamment en termes d’emploi, et en particulier chez l’homme.

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