Justice

En Bretagne, le dauphin de Jean-Yves Le Drian fait des vagues

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Par Manon Boquen

Publié aujourd’hui à 01h19, mis à jour à 05h05

Loïg Chesnais-Girard, le 29 mai 2020, à Rennes.

Pour parvenir jusqu’à la salle à manger, il faut traverser le vestibule couvert de mosaïques du célèbre atelier Odorico. Peinte au plafond, une allégorie symbolisant le triomphe de la Vérité sur le Temps surplombe des colonnes de marbre et des murs parsemés de dorures.

Depuis 1983, l’ancien hôtel particulier de Courcy, au centre de Rennes, appartient à la région Bretagne. « Pour ce midi, le chef a préparé des noix de saint-jacques et de la lotte », indique un huissier. « Bon, d’habitude, c’est plutôt sandwich tout seul dans mon bureau », sourit, presque gêné, Loïg (prononcez « Loïc ») Chesnais-Girard, le président du conseil régional breton, engoncé dans un complet agrémenté d’un pin’s à l’effigie de la Bretagne.

En 2017, le quadragénaire à l’air bonhomme, visage rond, presque poupin, abandonne l’écharpe de maire – de Liffré (Ille-et-Vilaine) – qu’il chérit tant pour devenir le plus jeune président de région français, propulsé après que Jean-Yves Le Drian a lâché la barre du fait de l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. Si, sous la présidence de François Hollande, cette figure bretonne avait pu garder sa double casquette de ministre de la défense et de président de région, son arrivée au Quai d’Orsay auprès d’Emmanuel Macron s’est soldée par l’abandon de sa fonction locale.

Sourd aux sirènes macronistes

« Je reconnais que c’est difficile de lui succéder », mesure Loïg Chesnais-Girard, tout en indiquant que ses deux années, de 2015 à 2017, comme directeur de la campagne électorale de Jean-Yves Le Drian puis de premier vice-­président du conseil régional, ont fait office d’« une forme de stage ».

Longtemps, le remplaçant a été perçu comme le dauphin tant il semblait chéri par son prédécesseur au conseil régional. Mais succéder au « menhir » n’a rien d’aisé. « On a été orphelins du départ de Jean-Yves, c’était le leader incontesté », affirme Thierry Burlot, vice-président chargé de l’environnement au conseil régional et candidat La République en marche (LRM) aux prochaines régionales.

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Cet héritage, imposant, Loïg Chesnais-Girard s’en est détaché après avoir refusé, en janvier, de porter l’étiquette LRM. Le sujet l’irrite : « Ma fidélité à Jean-Yves est connue, dans nos divergences. Il a choisi d’être dans ce gouvernement, j’ai choisi de garder ma liberté. Je suis dans une constance. Je ne veux pas prendre une étiquette pour gagner. »

PS un jour, PS toujours pour celui qui n’a jamais succombé aux sirènes macronistes. « Il a perçu qu’elles étaient trop belles pour être vraies », selon son ami Guillaume Bégué, aujourd’hui maire de Liffré. Loïg Chesnais-Girard garde donc un attachement à son parti de cœur, qui se résume pour lui « à la section locale de Liffré, où, dans les bons moments, on est quarante, dans les mauvais, on est cinq ».

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