Justice

En Tanzanie, plusieurs partisans de l’opposition arrêtés

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Freeman Mbowe, président du parti tanzanien d’opposition, à Dar es-Salaam, le 10 mars 2020.

Plusieurs partisans du leader de l’opposition, Freeman Mbowe, ont été arrêtés en Tanzanie, à Dar es-Salaam, jeudi 5 août. Ces arrestations, en marge du procès de Mbowe, finalement reporté à vendredi à la suite de problèmes de connexion, interviennent après la récente incarcération du leader, à la fin juillet, pour « terrorisme ». Des partisans de Chadema – le parti à la tête duquel se trouve Freeman Mbowe –, rassemblés devant le tribunal, ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire : « Mbowe n’est pas un terroriste ». Le parti a également déclaré que la police avait perquisitionné son bureau régional dans la capitale, Dodoma, mercredi soir et agressé un garde, avant de partir en emportant des documents.

Freeman Mbowe a été arrêté à la fin juillet avec d’autres figures de sa formation à Mwanza, une ville du nord-ouest du pays, où ils prévoyaient d’organiser un rassemblement pour demander des réformes constitutionnelles. Un tribunal tanzanien a immédiatement décidé de poursuivre Freeman Mbowe, âgé de 59 ans, pour « financement du terrorisme » et « complot terroriste » – des infractions qui ne permettent pas de libération sous caution. Le raid de la police et les accusations de « terrorisme » contre M. Mbowe, rappelant les méthodes musclées de l’ancien président John Magufuli, mort en mars, ont suscité l’inquiétude des chancelleries occidentales et des organisations non gouvernementales de défense des droits de l’humain.

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« Aller devant un tribunal n’est pas une infraction pénale »

Amnesty International a réclamé la libération de Freedom Mbowe, affirmant que le gouvernement doit étayer les charges retenues contre lui. « Depuis l’investiture de la présidente Samia Suluhu Hassan, le gouvernement tanzanien a pris des mesures encourageantes pour permettre une plus grande liberté d’expression et d’association dans le pays », a écrit Amnesty dans un communiqué publié mercredi. l’ONG souligne toutefois que « cette affaire est une évolution préoccupante qui jette le doute sur la poursuite de ces progrès ou sur une répression à nouveau à l’ordre du jour ».

De son côté, Washington a exhorté la nouvelle présidente, Samia Suluhu Hassan, qui a pris ses fonctions en mars à la suite du décès de John Magufuli, à garantir les libertés de tous les Tanzaniens. Le secrétaire général du parti, John Mnyika, a appelé les sympathisants de cette formation à se présenter de nouveau vendredi devant le tribunal de Dar es-Salaam. « Aller devant un tribunal n’est pas une infraction pénale », a-t-il écrit sur Twitter. MPeter Kibatala, l’avocat de M. Mbowe, a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il était « attristé par l’usage massif de la force » contre les manifestants. « Ils étaient tous très pacifiques. Ils exprimaient leur solidarité et leur soutien », a ajouté l’avocat.

Le parquet tanzanien a affirmé que les accusations de « terrorisme » contre M. Mbowe n’étaient pas liées à ses activités prévues à Mwanza, mais à des infractions présumées survenues l’année dernière dans une autre partie de la Tanzanie.

Le Monde avec AFP



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