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La Banque centrale européenne laisse doucement remonter les taux d’intérêt

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La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, s’exprime devant le Parlement européen, à Bruxelles, le 8 février 2021.

La France sort-elle de l’ère de l’argent gratuit ? Elle n’emprunte en tout cas plus à taux négatif pour ses obligations à dix ans. Après avoir frôlé un point bas, à près de – 0,4 % en décembre 2020, le taux obligataire français est repassé au-dessus de zéro, lundi 19 avril. Jeudi 22 avril, il frôlait 0,1 %, son plus haut niveau depuis un an. Le franchissement d’un cap symbolique.

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Cette lente remontée des taux depuis début 2021 se produit dans toute la zone euro. L’Allemagne est passée de – 0,6 % à – 0,2 %, les Pays-Bas, de – 0,5 % à – 0,1 % et l’Espagne, de 0 % à 0,4 %. Ce frémissement, qui, pour l’heure, reste graduel et modéré, est surveillé de près. Rarement les Etats n’ont été aussi sensibles aux taux d’intérêt. Depuis l’irruption de la pandémie de Covid-19, ils se sont endettés comme jamais afin de maintenir les économies à flot. Cette intervention a été possible grâce aux taux plancher, voire négatifs, conséquences de l’intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE).

Après un an à ce régime, les Etats se retrouvent avec des comptes publics fortement dégradés. Les déficits des pays européens en 2020, publiés jeudi par Eurostat, sont venus rappeler l’ampleur historique des emprunts. Le déficit de la France a atteint 9,2 % du produit intérieur brut (PIB), et la dette, 115,7 %. Très loin des critères officiels du pacte de stabilité (respectivement 3 % et 60 % du PIB), qui ont été suspendus le temps de la crise. La « palme » échoit à l’Espagne (11 %), tandis que la Belgique, la Grèce, l’Italie, l’Autriche, la Roumanie et Malte tournent autour de 9 % ou 10 %.

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A cet égard, la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, jeudi, était particulièrement attendue. Christine Lagarde, sa présidente, a choisi de ne pas tirer le signal d’alarme. Elle a réitéré son « engagement » de « maintenir des conditions de financement favorables. » Cependant, elle estime que, dans l’ensemble, celles-ci sont en place. Les prêts aux entreprises sont en légère hausse par rapport à fin 2020, et ceux aux ménages sont stables. « Nous ne regardons pas que les taux [des Etats] », qui ne représentent qu’un indicateur parmi d’autres, souligne Mme Lagarde. « [Elle] ne semblait pas impressionnée par la récente hausse des taux et le durcissement des conditions de prêts des banques », note Jack Allen-Reynolds, de Capital Economics.

Les faucons sont de retour

La BCE ne reste pas pour autant inactive. Il y a un an, elle a lancé un « plan pandémie » (PEPP), dont l’enveloppe atteint 1 850 milliards d’euros, pour acheter sur les marchés les dettes des Etats. Pendant le premier confinement, au printemps 2020, elle le dépensait à hauteur de plus de 100 milliards d’euros par mois. Progressivement, au cours de l’hiver, le tempo a ralenti, à environ 60 milliards d’euros par mois. En mars 2021, voyant les conditions de financement se durcir, Christine Lagarde avait annoncé qu’elle allait accélérer son intervention.

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