Justice

La Chine met la pression sur les monastères tibétains

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Le président chinois Xi Jinping visite le monastère de Drepung, dans la région autonome du Tibet, le 22 juillet 2021 (photo publiée par l’agence de presse chinoise Xinhua).

Dans le Tibet harmonieux tel que le présente la propagande chinoise, les échos de manifestations ou de conflits sont suffisamment rares pour interpeller. Des scènes filmées, diffusées le 1er août par des comptes Twitter de dissidents chinois et reprises par les médias tibétains en exil, montrent des moines tibétains en bure priant, assis en tailleur, sous une grande banderole sur laquelle on lit, en chinois, que « forcer les moines à se défroquer est contre la loi et la justice ».

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D’autres parties de la vidéo montrent l’intervention d’hommes en civil, que des moines invectivent depuis les toits d’un monastère, l’un d’eux semblant près de sauter, retenu par un compagnon. Sur un autre extrait, un homme en civil cherche à relever des nonnes en pleurs qui résistent. Ces images ont été capturées au monastère de Karmar (« la forteresse rouge »), dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest), là où les hauts plateaux tibétains rencontrent le plateau de Lœss, non loin des rives du fleuve Jaune et de la ligne à grande vitesse Lanzhou-Xining. Le site fait partie de la préfecture autonome hui (une minorité musulmane) de Linxia.

Selon le Tibet Post, journal en tibétain publié à Dharamsala, en Inde, où siège le gouvernement tibétain en exil, le monastère aurait rassemblé une somme d’argent (300 000 yuans, soit 40 000 euros) à la suite d’un appel aux dons de son influent lama pendant l’épidémie de Covid-19. Cette initiative aurait déplu aux autorités locales, qui ont demandé à recevoir la moitié de l’argent, puis ont usé de pressions et d’enquêtes administratives pour parvenir à leurs fins, avant de reprendre en main le monastère et d’en expulser des moines.

Lutte contre le « séparatisme »

« Cet incident est à relier au discours chinois traditionnel, qui dénonce la trop grande influence des monastères et critique leur emprise sur les croyants tibétains, estime la tibétologue Katia Buffetrille. Le contexte actuel de sinisation des religions, et donc du bouddhisme tibétain, se traduit par un contrôle accru du parti sur les monastères et par un redoublement de la lutte contre le “séparatisme”, un terme qui englobe toute manifestation d’intérêt un peu trop prononcée pour la culture, la religion et la langue tibétaines. »

« On sait aussi que Xi Jinping s’est plaint, dans un discours aux cadres du parti, en janvier, que les responsables locaux “manquent d’initiative et attendent les ordres du sommet”, pour les inciter à être plus actifs », poursuit-elle. Selon Ma Ju, un commentateur chinois dissident basé aux Etats-Unis et cité par Radio Free Asia, la reprise en main du monastère pourrait participer d’une politique visant à éliminer les monastères tibétains dans des régions à majorité han, afin d’en limiter l’influence.

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