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La Covid-19 et les enjeux de la vaccination (Dr Abdoulaye Dia) – YerimPost

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Les enjeux de la vaccination de masse face à l’évolution de la pandémie de la Covid-19 

Restant fidèle à sa méthodologie, Dr. Dia présente un nouvel article au public sous la forme d’un questionnaire simple et faciles à comprendre afin de mieux édifier la population Sénégalaise en particulier et les Africains en général sur la COVID-19 et son Vaccin.

1-Est-ce que la vaccination contre la COVID doit être obligatoire ?

Non, parce que un traitement est administré avec consentement du patient. Donc, la vaccination est un acte consenti par le sujet. D’ailleurs c’est pour cette raison qu’il existe  dans certains pays  comme les États Unis une fiche de consentement signé avant d’être vacciné. Même dans les pays les plus touchés par la pandémie comme les États Unis et les pays Européens; le vaccin n’est pas obligatoire. Il faut juste sensibiliser les populations sur les enjeux de la vaccination et leur laisser le choix. 

2-Que pouvez-vous nous dire à propos du vaccin chinois qui vient d’arriver au Sénégal?

Le Sénégal a reçu le vaccin chinois du laboratoire Sinopharm.

Les chinois utilisent une méthode traditionnelle d’élaboration de vaccin . Ce vaccin expose des particules virales inactives (tuées) au niveau système immunitaire de l’organisme. Puisque le virus est inactif, il ne causera pas de maladie mais le système immunitaire pourra l’identifier, le détruire et acquérir l’immunité pour attaquer le vrai virus après une contamination. 

Par comparaison, les vaccins Américains de Moderna et Pfizer sont des vaccins à ARNm. Dans ce cas, c’est une partie du code génétique du coronavirus qui est injectée dans le corps. Ce qui amène le corps à fabriquer des protéines virales mais pas tout le virus. Ces protéines virales sont suffisantes pour entraîner le système immunitaire à attaquer le vrai virus.

Sinopharm avait annoncé le 30 décembre dernier que les essais de la phase III du vaccin ont montré qu’il était efficace à 79%. Ce qui est moins que ceux de Pfizer et de Moderna qui sont efficaces à 95%. Cependant, les Émirats arabes unis (EAU) qui ont approuvé un vaccin de Sinopharm, ont déclaré que le vaccin était efficace à 86%, selon les résultats provisoire des essais de la phase III. 

L’un des avantages des vaccins chinois pour un pays sous-développé comme le Sénégal est leur conservation facile. Les vaccins chinois (Sinopharm, Sinovac), Russe (Spoutnik V) et Suèdo-Anglaise (AstraZenica) se conservent à la température normale du réfrigérateur (2 à 8 ° C). Contrairement à ceux de Moderna et de Pfizer qui doivent être conservé respectivement à -20 et -70° C. Cela signifie que les vaccins de Sinopharm, Sinovac, russe Spoutnik V et d’AstraZenica  sont beaucoup plus pratiques pour les pays en développement comme le Sénégal et autres pays Africains qui pourraient ne pas être en mesure de stocker de grandes quantités du vaccin de Moderna et de Pfizer à des températures aussi basses. Même en Occident, les défis logistiques concernant les vaccins de Moderna et de Pfizer sont énormes. Un autre avantage des vaccins chinois est lié à sa méthode fabrication (virus inactivé). Ils sont généralement considérés comme sûrs et plus adaptés aux individus qui présentent un système immunitaire faible.

Par ailleurs; contrairement à leurs homologues occidentaux, les fabricants de vaccins chinois Sinopharm et Sinovac n’ont pas publié de données d’essais de la phase III dans des revues médicales ou divulgué beaucoup d’informations sur leurs vaccins.

Beaucoup de pays ont adopté les vaccins chinois de Sinopharm et Sinovac: Émirats Arabes Unis, Bahreïn, Turquie, Brésil, Chili, Singapour, Malaisie, Philippines, pour ne citer que ceux-là. Dans l’Union Européenne (UE), la Hongrie a franchi le pas en commandant des vaccins russe, puis chinois. Ce qui est rassurant pour un pays comme le Sénégal. 

3-Quels seraient les effets secondaires à moyen et long terme de ce vaccin chinois ?

Concernant les effets secondaires sur le court terme, je n’ai pas trouvé beaucoup d’information. D’après une déclaration officielle publiée en Décembre dernier, le ministère de la Santé et de la Prévention des Émirats Arabes Unis (EAU) a indiqué qu’aucun problème grave n’avait été signalé. Cependant, il est important de noter que ni Sinopharm ni les EAU n’ont publié de données détaillées sur l’essai de 31 000 participants. Par ailleurs, ce vaccin avait connu une pause pendant les essais cliniques en Angleterre et au Pérou à cause de réactions indésirables graves sur un participant. Mais les essais cliniques avaient repris puisque le vaccin a été mis hors de cause. La Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM) devrait pouvoir répondre à cette question, parce avant qu’un quelconque médicament soit autoriser au Sénégal, il doit être homologué par la DPM qui a la responsabilité de vérifier son innocuité. Normalement, ceux qui désirent se faire administrer ou se procurer ce vaccin devrait recevoir une fiche d’information sur le vaccin et éventuellement signer un formulaire de consentement avant d’être vacciner.

Concernant les effets secondaires sur le long terme, personne ne le sait. Ceci est valable pour tous les vaccins de la COVID puisqu’ils commencent juste à être utilisés. Personnellement, je crois que l’urgence est d’arrêter cette pandémie avec les moyens présentement disponibles. Il faut faire confiance aux scientifiques qui ont élaboré ces vaccins et aux organes de contrôle qui l’ont autorisés. Comparaison n’est pas raison mais, les patients qui sont actuellement intubés et sous assistance respiratoire ne se posent pas toutes ces questions. De même, quand on utilise la chimiothérapie pour soigner un cancer, on se ne pose pas beaucoup de questions sur les effets secondaires bien qu’on soit conscient de l’agressivité de ce traitement parce que l’urgence est de sauver la vie du malade. Quand les médecins urgentistes font recours à une amputation ou une opération chirurgicale pour sauver des vies, on ne se pose pas de questions sur les effets secondaires sur le long terme. On peut citer d’autres exemples.

4-Est ce qu’il existe un pays qui a constaté une amélioration de la situation avec la vaccination?

L’État d’Israël peut être cité en exemple. Selon une étude publiée le 26 Février par la CDC (Centers for Disease Control and Prevention = Centres de contrôle et de prévention des maladies) des États Unis; en février 2021, la couverture vaccinale à 2 doses était de 84% chez les personnes âgées de ≥ 70 ans et de 10% chez celles âgées de moins de 50 ans. Ainsi le rapport des patients COVID-19 âgés de ≥ 70 ans nécessitant une assistance ventilatoire à ceux âgés de moins de 50 ans a diminué de 67% d’octobre à décembre 2020 à février 2021. C’est à dire que la vaccination de masse en Israël a permis une baisse des cas graves parmi la population de 70 ans et plus. Actuellement, plus de 50% de la population israélienne ont reçu une dose du vaccin et plus de 36% ont reçu les 2 doses. Israël utilise le vaccin Américain de fizer-BioNTech qui a une efficacité de 95%.

5-Quel est le seuil d’efficacité minimale d’un vaccin?

L’organisation mondiale de la santé (OMS) fixe le seuil minimal d’efficacité d’un vaccin à 50%. L’agence américaine de l’aliment et du médicament (FDA) exige le même seuil minimum d’efficacité pour les vaccins de la COVID. En effet, un vaccin efficace à 100% n’existe pas et l’efficacité d’un vaccin varie d’un type à un autre. Un taux d’efficacité de 50% semble bas mais un peu de protection vaut mieux que rien. En plus, si on a une protection de 50% de la population contre la Covid-19, on se rapproche de l’immunité collective parce qu’il y aura toujours des individus protégés naturellement soit parce qu’ils ont déjà été en contact avec la maladie (immunité naturelle), soit parce qu’ils présentent des prédispositions génétiques qui les protègent contre cette maladie. Ce qui augmentera le taux total d’immunité de la population pour cette maladie à hauteur de 60% ou plus. Il est important de signaler aussi que parmi l’autre groupe de 50% qui n’est pas protégé par le vaccin, le fait d’avoir pris le vaccin pourrait les aider à éviter les formes graves de la maladie. En effet, Il est possible qu’un vaccin ait des effets différents chez différentes personnes en aidant les unes à prévenir la maladie et réduisant chez les autres les formes graves. En d’autres termes; chez certaines personnes, le vaccin entraine une réponse immunitaire faible, pas suffisamment forte pour les empêcher de tomber malade; mais cette réponse immunitaire faible est suffisante pour diminuer la virulence de l’infection et par conséquent empêcher une forme grave.

Par ailleurs, selon l’OMS, le seuil de l’immunité collective diffère d’une maladie à une autre. Par exemple, l’immunité collective contre la polio est d’environ 80%. Pour la rougeole, il est d’environ 95%. Le taux pour atteindre l’immunité collective avec la COVID n’est pas connu puisque la maladie est récente.  

6-Est ce qu’on a besoin du vaccin quand on est jeune et en bonne santé ?

Je trouve qu’un vaccin par l’immunité qu’il produit a 3 objectifs principaux. Le premier est de protéger l’individu. Le deuxième est de protéger la population en coupant la chaine de transmission et le troisième est d’éradiquer la maladie puisque les agents pathogènes sont des êtres vivants comme nous. Ils ont besoin d’un habitat pour vivre et se reproduire. Alors, il faut se situer par rapport à un de ces objectif. Étant donné que les personnes âgées ou ceux qui présentent des morbidités sont les plus exposées. Un jeune en bonne santé n’a théoriquement pas besoin du vaccin. Je suis prudent en utilisant l’expression «théoriquement» parce qu’on peut avoir une comorbidité qu’on ignore ou présenter des prédispositions génétiques qui favorisent la virulence de cette maladie. Par exemple, une jeune fille de 16 ans est décédé de la COVID en France. Pourtant, elle semblait être en bonne santé. Des cas rares de complications et de décès ont aussi été recensé chez des populations jeunes ou des enfants. Si on est jeune et en bonne santé et qu’on vit avec nos parents ou en contact avec des personnes fragiles, le mieux serait de se faire vacciner parce qu’on peut tomber malade sans être en danger mais transmettre le virus à des individus qui risquent d’en mourir. On peut être aussi un porteur sain. C’est à dire qu’on peut avoir le virus sans tomber malade et le transmettre à des personnes plus fragiles. 

7-Quelle est l’efficacité des différents vaccins contre les nouveaux variants ?

Les mutations sont une évolution naturelle, ce qui permet au virus de survivre. Tous les êtres vivants cherchent à pérenniser leur espèce en s’adaptant. Ceci est valable aussi bien dans le règne animal que le règne végétal. Depuis le début de la pandémie, des milliers de mutations (variants) ont été détectés. Actuellement, les variants anglais, brésilien et surtout sud-africain sont les plus inquiétants. Deux différentes études publiées le 17 Février dernier dans le New England Journal of Médicine, suggèrent que les vaccins de Pfizer et de Moderna protègent contre les variants anglais et sud-africain même si elles ont noté une diminution du niveau du taux ou de la présence d’anticorps sur le variant sud-africain. Le vaccin AstraZeneca est efficace à 60% sur le variant Sud-Africain. Il existe peu d’information sur le variant Brésilien et sur l’efficacité des autres vaccins sur les nouveaux variants de façon générale.

Il n’est pas exclu qu’il y’ait un variant qui nécessiterait un nouveau vaccin. C’est pourquoi, il faut accélérer le rythme de la vaccination pour enrayer la menace des nouveaux variants et juguler la pandémie. C’est une course contre la montre. 

Les industries pharmaceutiques se préparent à l’éventualité d’un nouveau vaccin. Avec le pragmatisme américain, la FDA a anticipé en disant que les fabricants de vaccins pouvaient ajuster leur vaccins en fonction des nouveaux variants. Tout laisse à croire que les Américains de Pfizer et Moderna seraient plus en mesure de mettre rapidement au point un nouveau vaccin. L’un des avantages du vaccin à base d’ARN messager est qu’il est facile à élaborer.

8-Est-il scientifiquement pertinent d’adopter un passeport vaccinal?

La mise en place de passeport vaccinal est une décision politique que je trouve scientifiquement pertinente tant qu’elle n’est pas discriminatoire. Par exemple, si on demande un passeport vaccinal aux noirs et pas aux blancs, c’est discriminatoire. A premier coup d’œil, une telle décision serait inutile dans la mesure où le virus est déjà à l’intérieur de tous les pays. Cependant, quand on prend en considération les nouveaux variants qui font peurs, cette mesure devient pertinente comme ces nouveaux variants ne se sont pas encore généralisés. Il faut aussi comprendre que le droit des uns s’arrête là où commencent celui des autres. En d’autres termes, c’est le droit de tout un chacun de refuser de prendre ce vaccin, c’est aussi le droit de chaque État souverain d’appliquer des mesures qu’il juge nécessaires pour protéger sa population. Actuellement, presque tous les pays demandent un test négatif et une mise en quarantaine à l’entrée. Si la situation s’aggrave ou que le vaccin devient accessible pour tous alors que la pandémie continue, il sera logique de faire recourt à un passeport vaccinal. Israël a commencé cette règle pour accéder à certains endroits publics comme les salles de spectacles et salle d’entrainements. Israël a aussi signé un accord bilatéral avec la Grèce pour que les individus vaccinés puissent voyager dans les deux pays sans restriction. La suède et le Danemark ont fait de même. Par ailleurs, 60% des Allemands sont favorables à la mise en place du passeport vaccinal pour retrouver une vie normale.

9-Est-ce que ces vaccins induisent une immunité temporaire ou permanente?

Personne ne peut répondre à cette question avec exactitude parce que ce vaccin est très récent. Entre l’élaboration de ce vaccin et le début de son utilisation généralisée, il ne s’est pas écoulé plus de 15 mois. Cependant, je crois que l’immunité sera très probablement temporaire. Ce qui est suffisant pour juguler la propagation du virus.

10-Dans la situation actuelle, est-ce qu’un sérum ne serait pas plus efficace que le vaccin?

Pour rappel, le sérum a un but curatif parce qu’il contient les anticorps qui peuvent contrôler l’agent pathogène alors que le vaccin a un but préventif en favorisant les productions des anticorps en vue d’une éventuelle contamination. L’idéal est d’avoir les deux. Un sérum pour soigner la maladie et un vaccin pour prévenir la maladie. La recherche sur le sérum continue mais il n’existe pas pour le moment de traitement à base de sérum approuvé et généralisé. Par ailleurs,  aux États Unis, la FDA a autorisé l’utilisation d’urgence du plasma pour traiter les patients hospitalisés atteints de COVID-19 par ce qu’il peut s’avérer efficace au début de la maladie et à ceux hospitalisés avec une immunité humorale altérée. Mais le plasma administré aux patients hospitalisés tardivement au cours de la maladie (par exemple, à la suite d’une insuffisance respiratoire nécessitant une intubation et une ventilation mécanique), n’a pas été associé à un bénéfice clinique.

Il existe une petite nuance entre le sérum et le plasma. Le sérum est contenu dans le plasma 





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