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La difficile quête de terrains pour implanter les parcs éoliens et solaires

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Tels des persiennes, des panneaux solaires sont installés au dessus des vignes, à Piolenc (Vaucluse), en juin 2019.

Tout commence avec des cartes. Des dizaines de cartes. Il y a celle des limites cadastrales, celle des zones Natura 2000, celle des réseaux d’électricité… Une fois superposées, ces différentes couches livrent leur trésor : un emplacement potentiel pour un futur parc éolien ou solaire. Alors que la France affiche l’ambition d’augmenter largement la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique tout en luttant contre l’artificialisation des sols, la quête de terrains des développeurs est de plus en plus cruciale.

Pour l’éolien terrestre, la programmation énergétique de la France (PPE) prévoit un doublement de la puissance installée d’ici à 2028, un objectif qui exige que la filière se développe à un rythme accéléré. Or, en 2020, la progression a été quasiment similaire à celle de l’année précédente. « Au-delà du ralentissement dû au confinement, le principal phénomène qui pèse sur le secteur est celui du foncier, explique l’Observatoire des énergies renouvelables dans son baromètre annuel publié en janvier. L’accès aux terrains est de plus en plus ardu, une difficulté grandissante fortement liée à l’acceptabilité des sites par les citoyens. »

Aujourd’hui, trois régions (Hauts-de-France, Grand-Est et Occitanie) réunissent environ 65 % des quelque 8 000 éoliennes du pays. Un phénomène qui accroît le sentiment de « saturation » de certains élus et d’une partie de la population. « S’il y a une telle concentration, ce n’est pas parce que ces zones sont les meilleures en matière de vent, mais parce qu’on ne peut pas installer de parcs ailleurs », regrette Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Radars nucléaires et civils, couloirs aériens, sites remarquables… Près de la moitié du territoire est interdite aux projets éoliens. « On voit fondre la taille moyenne des projets que l’on prospecte chaque année, constate Sébastien Appy, directeur opérationnel de Valeco. On accepte désormais des parcs de deux éoliennes. Quand on compare cela aux objectifs de la PPE, on se dit qu’il va y avoir un problème. »

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Face à cette situation, la filière réclame de longue date une « libération de l’espace ». Le sujet a été abordé par le groupe de travail « pour un développement harmonieux de l’éolien », mis en place par le ministère de la transition écologique et qui a rendu ses conclusions mi-janvier. Une mission doit être lancée pour étudier si des solutions techniques pourraient permettre de réduire la superficie des zones d’exclusion autour des radars militaires et les préfets doivent être appelés à identifier les zones propices au développement de l’éolien dans leur région. « Le sujet n’est pas uniquement d’établir de nouvelles cartes, note toutefois Nicolas Couderc, le directeur France d’EDF Renouvelables. Le fait d’associer les préfets contribue bien sûr à avoir un dialogue vertueux mais il faut en parallèle poursuivre le travail avec les pouvoirs publics pour lever les contraintes. »

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