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La France est-elle la force occulte qui déstabilise la Centrafrique ? (Alioune Badara Mboup) – YerimPost

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Ce 10 mai 2021, les images de l’arrestation par l’Office Central de Répression du grand Banditisme (OCRB) d’un « mercenaire » français à Bangui avec un impressionnant arsenal militaire continue de faire le tour des réseaux sociaux sans pour autant mobiliser les médias africains malgré la flagrance et la gravité des faits. 

Acculés par la jeunesse africaine dans les réseaux sociaux, les médias français se sont finalement résignés à relayer l’information, mais curieusement de la même manière et de façon totalement malhonnête et laconique. Comme si c’était coordonné, les différents organes de presse du pays d’origine du mercenaire ont choisi de titrer « Arrestation d’un français détenant un important arsenal d’armes ». Non seulement ils se refusent de révéler l’identité de leur compatriote, pourtant arrêté avec un passeport français n°17FV00021, mais aussi ils se gardent de montrer les images de la capture et le visage du terroriste. Ce dernier, Juan Remy QUIGNOLOT, né le 17 janvier 1966, est illégalement présent sur le sol centrafricain puisqu’il n’a pas de visa centrafricain. Le visa apposé sur son passeport est un visa malien qui ne lui donne pas le droit de séjourner en République Centrafricaine. Signalons tout autant qu’il est présent en RCA au moins depuis 2013 d’après les propos du Procureur général Eric Didier TAMBO, Procureur de la République de Centrafrique (https://www.youtube.com/watch?v=nhu3SekAnYQ&ab_channel=LECONTINENT). Cette présence est confirmée par son dernier passeport délivré par l’Ambassade de France à Bangui. 

Arrêté alors qu’il se présentait comme un journaliste, ce mercenaire était en possession de tout un arsenal de guerre des mitrailleuses, des fusils d’assaut, des pistolets, plusieurs gilets par balles, d’innombrables cartouches de balles entre autres munitions comme des grenades, du matériel de communication et de géolocalisation, des tenues militaires, du plan de la ville de Bangui, de l’argent liquide, etc. 

Cette prise de guerre des forces de Sécurité centrafricaines permet, aujourd’hui, de répondre à plusieurs questions que se posaient jusque-là tous les africains qui observent la guerre civile centrafricaine avec un œil conscient, notamment qui arme les rebelles? A ce propos, nous  faisons les deux constats suivants : 

Le premier constat à faire c’est que l’embargo sur les armes que le Conseil de sécurité des Nations Unies fait subir à la République Centrafricaine depuis le 5 décembre 2013 (Résolution 2127 (2013) www.undocs.org/fr/S/RES/2127(2013) ne se justifie plus puisqu’il ne profite en réalité qu’aux rebelles. Il empêche sur le terrain les Forces armées centrafricaines (FACA) de faire face à plusieurs factions rebelles surarmées. Ces dernières sont très bien équipées par des forces « occultes » et de ce fait ont les moyens opérationnels qui leur permettent d’occuper durablement plusieurs parties du territoire. Certes le 31 janvier 2020, l’embargo a été allégé pour 6 mois par la Résolution 2507 (2020), mais l’Etat centrafricain ne pouvait tout au plus que s’équiper de véhicules blindés et d’armes de calibre inférieur à 14 mm et demi (voir undocs.org/fr/S/RES/2507(2020). Encore que depuis le 28 juillet 2020, le Conseil de sécurité des nations unies a rétabli l’embargo total sur les armes (Résolution 2536 (2020) http://www.undocs.org/fr/S/RES/2536(2020)). C’est donc un Etat désarmé par les nations unies qui doit faire face à 14 mouvements rebelles.  

Le « mercenariat », voie de financement et d’armement des rebelles centrafricains .

Cette arrestation du mercenaire français Juan Remy QUIGNOLOT permet de constater en outre que si les rebelles continuent de tenir tête aux forces régulières c’est bien parce qu’ils sont constamment approvisionnés en armes de guerre. En même temps cette arrestation permet de soutenir, sans verser dans l’affabulation, que la France, membre du Conseil de sécurité, lequel pays vote par ailleurs systématiquement contre la levée de l’embargo sur les armes en RCA, équipe clandestinement les rebelles. Autrement dit, nous savons désormais d’où viennent et qui arme, au moins en partie, certains mouvements rebelles centrafricains. 

Alors que son armée n’a à peine que 8000 soldats et dont seulement le quart est armé, c’est bien une forme de désarmement passif que de priver l’Etat centrafricain de moyens de défendre son territoire contre les rebelles. C’est justement cette duplicité de la communauté dite « internationale » qui a poussé le Président Faustin-Noel Toudeira à demander officiellement l’intervention de la Russie et des opérateurs privés de sécurité pour faire face aux 14 groupes rebelles. Ces groupes de sécurité privés russes agissent sous l’autorité de l’armée russe sur la base d’un mandat officiel et sont toujours aux côtés des FACA. Il est d’autant plus malhonnête de parler de « mercenaires russes » qu’il existe depuis le 22 août 2018 entre la Centrafrique et la Russie un accord intergouvernemental de coopération militaire. 

Conscients qu’au rythme où vont les choses, l’étau se resserre inéluctablement contre les groupes rebelles, la France, via sa presse « diplomatique » (Rfi, France 24, le Monde…) ne cesse de multiplier les accusations non étayées contre la Russie jusqu’à impliquer la MINUSCA dans sa stratégie de diabolisation de la FACA et de la Russie.

Les « mercenaires enturbannés » ou les visages cachés du ‘‘Jihadisme’’ au sahel.

L’arrestation de ce mercenaire-terroriste français nous  permet aussi de rappeler, nous membres du FRAPP , notre  position constante   par rapport à ce qui est considéré comme le terrorisme au Sahel. Il convient en effet de souligner que le terroriste arrêté est au moins présent sur le sol centrafricain depuis 2013 comme l’a souligné le Procureur de la République. La présence régulière de ce mercenaire au Mali comme l’atteste son visa malien pour entrées multiples, est la preuve que Juan Remy QUIGNOLOT mène ses activités criminelles entre ces deux pays.

L’existence d’un régime mercenariat comme la face cachée du terrorisme nous en avons parlé depuis longtemps, notamment dans notre communiqué du 15 juillet 2019. Hier comme aujourd’hui, nous soutenons que la présence de l’armée française en Afrique est la source même du terrorisme. Ce dernier, comme le souligne à juste raison l’universitaire français Thomas Guénolé (http://thomas-guenole.fr/), est le nouveau cheval de Troie de l’impérialisme français en Afrique. Les ‘‘jihadistes’’ ne sont rien d’autre que des « mercenaires enturbannés » qui n’ont objectivement aucune raison d’islamiser des pays qui pratiquent l’islam depuis plus d’un millénaire. En réalité le seul moyen dont dispose la France, disons sa dernière cartouche géostratégique pour conserver son influence, c’est le terrorisme. C’est pourquoi  nous  n’entendons point faire la différence entre ‘‘djihadisme’’ au Sahel et la France. 

Au total nous  :

considérons que la République centrafricaine ne doit en aucun cas négocier son droit souverain à défendre l’intégrité de son territoire. Elle doit veiller à ce que son territoire retrouve son unité par tous les moyens nécessaires. Il y va de sa survie en tant que nation ;

demandons  au Conseil de sécurité des Nations unies de faire cesser la mesure portant embargo sur les armes dont fait l’objet l’Etat centrafricain depuis 2013, car elle est inefficace et ne favorise que les rebelles ;  

interpellons  les médias africains quant à l’importance qu’ils devraient davantage accorder l’actualité africaine cette dernière étant davantage traitée par une presse étrangère peu indépendante de leurs Etats;

invitons  la jeunesse africaine à rester vigilante et à s’interroger sur la véritable nature des « forces obscures » et le nombre de mercenaires en circulation en RCA, au Mali, au Tchad et éventuellement au Sénégal.

Alioune Badara MBOUP, Délégué général adjoint FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine)





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Nakodal

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