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la « jolie môme » racontée tout en humour et élégance

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La chanteuse Juliette Gréco, en septembre 1964, lors de répétitions à Bobino (Paris 14e).

FRANCE CULTURE – À LA DEMANDE – ÉMISSION

Que ça fait du bien de l’entendre chanter, parler, se fâcher, admirer, minauder. Femme résolument libre, Juliette Gréco est le sujet d’un beau numéro de l’émission « Toute une vie », produite par France Culture. Signé Amélie Perrot et réalisé par Yvon Croizier, il propose moins de revisiter, d’archives en interviews, la biographie de la « jolie môme » (1927-2020) que de retrouver un peu de son parfum de liberté.

Lire la nécrologie : La chanteuse Juliette Gréco est morte

Il est bien sûr question de son enfance et de ce que l’on en sait déjà – les relations chaotiques avec sa mère, le couvent où une religieuse abusera d’elle, la déportation de sa mère et de sa sœur, pour faits de résistance… –, et beaucoup des cafés de Saint-Germain-des-Prés. C’est au bar du Montana qu’elle croise pour la première fois Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, à La Rhumerie martiniquaise qu’elle discute avec Albert Camus et, au bar du Pont Royal, avec Maurice Merleau-Ponty. Curieuse, elle pose des questions, écoute et apprend.

Chanceuse aussi : Sartre la présente à son ami le compositeur Joseph Kosma, qui lui arrange Les Feuilles mortes, Je suis comme je suis, chansons fétiches de son répertoire. Même si elle entend bien mériter tout ce qui lui arrive, comme le rappelle si bien Bertrand Dicale, l’un de ses meilleurs biographes, et sait à quel point il est important d’être indépendante.

« Rester intègre »

Julie-Amour Rossini, sa petite-fille, se souvient. « Elle me disait : “Va bosser, tu seras libre.” Ma grand-mère a toujours fait comme bon lui semblait. » Est-ce l’une des raisons pour lesquelles ce sont toujours ses amoureux qui se sont installés chez elle, et non l’inverse, la laissant libre de congédier qui elle voulait quand pointait l’ennui ? Aujourd’hui, elle serait sans doute qualifiée de pansexuelle, de polyamoureuse, mais elle aurait probablement ri en envoyant valser ces nouvelles étiquettes.

Libre, Juliette Gréco est aussi, souvent, en colère. « J’ai passé ma vie à combattre, disait-elle, il faut garder sa violence profonde. Rester intègre, toujours. » Elle le disait avec autant d’humour que de sérieux, s’indignant des injustices et de toute forme d’intolérance et de racisme.

Lire l’entretien avec Juliette Gréco (en décembre 2015) : « Cela fait 88 ans que je suis en guerre »

Pas étonnant qu’elle soit devenue au fil du temps la muse de Miossec et de Benjamin Biolay. D’Abd Al Malik aussi, qui évoque ici la virulence dont Juliette Gréco était capable : « Elle était plus violente que les rappeurs les plus hardcore. » Le slameur se souvient de son côté « républicaine jusqu’au bout ». Mais aussi, et avec une émotion qui étreint, de sa tendresse, de sa douceur et de son élégance en tout.

Toute une vie : Juliette Gréco, le feu de la liberté, émission d’Amélie Perrot et Yvon Croizier (Fr., 2021, 58 min). Disponible sur Franceculture.fr et sur l’application de Radio France.



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Nakodal

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