Justice

la justice russe suspend l’activité d’organisations liées à l’opposant

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La justice russe a ordonné, lundi 26 avril, l’arrêt temporaire des activités des organisations liées à l’opposant Alexeï Navalny, ont fait savoir les collaborateurs de celui-ci.

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Le QG de M. Navalny à Moscou a expliqué, dans un message sur Telegram, « ne plus pouvoir travailler sous l’ancien format » du fait de cette décision. « Cela serait trop dangereux pour nos employés et pour nos partisans », a-t-il ajouté, tout en promettant qu’il « continuer (ait), à titre personnel, à lutter contre la corruption », le parti au pouvoir, Russie unie, et le président Vladimir Poutine. « Ce ne sera pas facile de se battre, mais nous gagnerons absolument, car nous sommes nombreux et nous sommes forts. »

Berlin a réagi à l’annonce de la justice russe : « L’utilisation d’instruments prévus pour lutter contre le terrorisme à l’encontre d’opinions politiquement indésirables » est « incompatible avec les principes de l’Etat de droit », a dénoncé lors d’une conférence de presse le porte-parole du gouvernement d’Angela Merkel, Steffen Seibert.

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Lourdes peines de prison

Le parquet russe a demandé, mi-avril, de qualifier les organisations liées à Alexeï Navalny d’« extrémistes », ce qui les interdirait dans le pays et ferait, en outre, encourir de lourdes peines de prison aux collaborateurs et aux partisans de l’opposant.

Selon le parquet, ces organisations cherchent à « créer les conditions de la déstabilisation de la situation sociale et sociopolitique » en Russie, « sous couvert de slogans libéraux ». « Les objectifs réels de leurs activités sont de créer les conditions d’un changement des fondements de l’ordre constitutionnel, y compris en utilisant le scénario de la révolution de couleur », une allusion aux bouleversements politiques survenus dans d’autres ex-républiques soviétiques, avait-il estimé le 16 avril.

Le terme d’« extrémisme » a une acception très large dans la loi russe, permettant aux autorités de lutter à la fois contre des organisations d’opposition, des groupes racistes ou terroristes ou encore des mouvements religieux tels que les Témoins de Jéhovah.

Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) de M. Navalny avait réalisé en janvier son enquête la plus remarquée en accusant Vladimir Poutine d’être le bénéficiaire d’un opulent « palais » sur les rives de la mer Noire. La vidéo a été vue plus de 116 millions de fois sur YouTube et avait forcé le président russe à démentir en personne cette allégation.

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Début avril, un tribunal russe avait condamné à deux ans de prison ferme un collaborateur de M. Navalny employé par le FBK, Pavel Zelensky, pour la publication de deux tweets critiquant avec virulence les autorités, jugés « extrémistes ».

Les locaux des organisations de M. Navalny et les domiciles de ses collaborateurs ont fait l’objet de perquisitions à plusieurs reprises ces dernières années, l’opposition dénonçant un acharnement judiciaire destiné à le faire taire.

Le parquet accuse ces organisations de chercher à « créer les conditions de la déstabilisation de la situation sociale et sociopolitique » en Russie, « sous couvert de slogans libéraux ». Cette demande doit être encore examinée par la justice, qui a tenu lundi une première audience préliminaire dans cette affaire.

Militant anticorruption et ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny est emprisonné en colonie pénitentiaire pour une ancienne affaire de fraude qu’il dénonce comme politique. Il a mis fin vendredi à une grève de la faim de vingt-quatre jours pour protester contre ses mauvaises conditions de détention, face à l’aggravation de son état de santé.

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Le Monde avec AFP



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Nakodal

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