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La pandémie de Covid-19 « a effacé des années de gain d’espérance de vie »

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Avec ses 2 millions de morts du Covid-19 dans le monde, 2020 restera gravée comme un moment sombre dans l’Histoire humaine. Chez les démographes, cette année si particulière génère une moisson d’études sur la dégradation de l’espérance de vie. Ainsi, une équipe de l’université du Danemark du Sud et de celle d’Oxford constate que dans 26 pays développés disposant de statistiques de bonne qualité (essentiellement l’Europe, les Etats-Unis et le Chili), l’espérance de vie à la naissance a diminué dans 24 d’entre eux. Elle a décliné d’au moins une année entière dans onze pays pour les hommes et dans sept pays pour les femmes.

Contrairement à la tendance de progression presque générale au XXe et au XXIe siècles, « le Covid-19 a effacé des années de gain d’espérance de vie », notent les auteurs de cette étude rendue publique mardi 2 mars sur le site de prépublication MedRxiv. La surmortalité de 2020 s’est traduite par une régression « jamais vue depuis la seconde guerre mondiale dans de nombreux pays » et depuis l’éclatement de l’URSS.

Les grands perdants sont les hommes américains, dont la durée de vie moyenne s’est réduite de 2,1 ans, et bulgares, 1,6 année en moins. La gent masculine a ensuite été durement touchée en Pologne, Suède, Espagne, Lituanie, tandis que les femmes paient aussi un lourd tribut aux Etats-Unis ainsi qu’en Espagne. Pour prendre la mesure de ce qu’il s’est passé, l’équipe de démographes souligne que dans 14 pays s’agissant des femmes, dans 10 pour les hommes, la population se retrouve avec un espoir de longévité moyenne inférieure à ce qu’elle était en 2015, une année où pourtant la saison de grippe a été très meurtrière.

Vacciner d’abord les plus âgés

Des personnes patientent pour être vaccinées, à Miami, le 27 janvier 2021.

En France, 667 400 personnes sont décédées, soit 9 % de plus qu’en 2019, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’espérance de vie à la naissance a diminué de 0,4 an pour les femmes et de 0,5 an pour les hommes. Et même davantage si l’on considère que la moyenne de longévité aurait dû progresser suivant la dynamique des années précédentes.

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Les données de l’Insee comme celles de l’équipe anglo-danoise recensent tous les décès de 2020, pas seulement ceux imputables au SARS-CoV-2. Dans les pays où les bases de données permettent l’identification des causes de la mort, l’impact du Covid-19 apparaît encore plus nettement. Les démographes ont ainsi pu mesurer que la pandémie est à elle seule responsable de la perte d’une année entière d’espérance de vie au Chili, au Pays-de-Galles, en Angleterre, Belgique, Espagne et en Slovénie. Or pour les hommes et les femmes de ces contrées, gagner un an avait pris, précédemment, 5,6 années en moyenne.

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Nakodal

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