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Le Brexit entraîne une chute historique du commerce extérieur entre le Royaume-Uni et l’Union européenne

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Camions attendant de pouvoir embarquer pour la France à Douvres, le 11 décembre. Le Royaume-uni a annoncé jeudi 11 mars que les mesures de contrôle seraient assouplies pour laisser aux entreprises le temps de s’adapter au Brexit.

Les effets du Brexit ne se sont pas fait attendre. Selon les chiffres publiés jeudi 11 mars par l’Office national des statistiques (ONS) britannique, le commerce extérieur du Royaume-Uni est en net recul en janvier :

  • les exportations de biens ont plongé de 19,3 % à 5,3 milliards de livres à cause d’une dégringolade de près de 41 % des exportations vers l’UE ;
  • de leur côté, les importations de biens se sont écroulées de 21,6 % en janvier, à cause d’un plongeon de 2,9 % des achats de biens en provenance de l’UE.

En prix et volumes, c’est « la plus forte chute en un mois depuis que ces chiffres ont commencé à être mesurés en janvier 1997 », note l’ONS. La sortie du marché unique européen est entrée en vigueur au 1er janvier et a eu un fort impact sur le commerce extérieur, entre goulots d’étranglement dans des ports déjà sous pression avec la pandémie et les restrictions aux déplacements qui ont eu lieu en janvier, et des retards de commandes accumulés depuis le début de la crise sanitaire. A cela se sont ajoutées de multiples tracasseries administratives, des coûts et taxes supplémentaires et parfois inattendus qui ont pesé sur les échanges transfrontaliers. Les autorités britanniques ont d’ailleurs annoncé jeudi 11 mars que les mesures de contrôles sur certains biens en provenance de l’Union européenne n’entreraient pas en vigueur avant 2022 pour laisser aux entreprises le temps de s’adapter.

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Les chiffres du commerce extérieur publiés vendredi « sont les premiers depuis la fin de la période de transition après la sortie de l’UE », souligne l’ONS, faisant aussi valoir que le confinement avait joué dans les perturbations dans le commerce international. « Une partie du déclin peut être attribuée au confinement, aux accumulations de stocks et aux problèmes du début » de la sortie de l’UE, mais « il est clair que la transition du Brexit a été loin d’être fluide », constate Danni Hewson, économiste chez AJ Bell. « Les marchés vont regarder de près si les frictions actuelles se traduisent en changements de long terme », ajoute-t-elle.

Le PIB britannique recule de 2,9 %

Le Brexit n’a fait qu’aggraver la crise causée par la pandémie. C’est l’ensemble de l’activité qui s’est contractée au Royaume-Uni en janvier, notamment à cause des mesures pour lutter contre un variant très contagieux du SARS-CoV-2.

Le PIB britannique a reculé de 2,9 % en janvier après une hausse de 1,2 % en décembre, d’après les chiffres de l’ONS. Il se trouve encore 9 % sous son niveau de février 2020, avant le choc de la pandémie. « Des restrictions étaient en place à divers degrés à travers » le pays en janvier, notamment un confinement strict en Angleterre, et le secteur des services a été le principal frein à l’économie avec la fermeture de tous les commerces non essentiels, rappelle l’ONS. « L’économie a été frappée de façon importante en janvier quoique un peu moins que certains ne le craignaient, avec les magasins, restaurants, coiffeurs, écoles touchées » par les restrictions à l’activité, commente Jonathan Athow, statisticien de l’ONS.

Il souligne aussi que le secteur manufacturier a enregistré sa première chute de production depuis avril, notamment d’automobiles, même si les services de santé ont été dopés par la campagne de vaccination. L’an dernier, le PIB avait subi une contraction record de près de 10 % au Royaume-Uni, pays européen le plus endeuillé par la pandémie, et membre du G7 qui a connu la plus forte chute de son économie.

Un retour à la normale début 2022 ?

Pour Paul Dales, de Capital Economics, janvier devrait être le « point le plus bas pour cette année sachant que la campagne de vaccination et la réouverture de l’économie devraient stimuler un rebond de l’activité ». Les chiffres de janvier souffrent également d’un effet comparatif défavorable, rappelle aussi l’ONS, car en novembre et décembre le commerce extérieur britannique avait à l’inverse bénéficié d’un afflux d’importations et d’exportations, les entreprises tentant de faire des stocks en prévision de la sortie effective du marché unique et de potentielles perturbations début 2021.

« D’ici le début de l’année prochaine, nous pensons que (…) le PIB aura retrouvé son niveau d’avant la pandémie », ajoute-t-il. Les écoles ont rouvert lundi en Angleterre, et les commerces non essentiels devraient suivre le 12 avril, avant une levée totale des restrictions prévues pour l’instant d’ici fin juin par le gouvernement britannique.

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Le Monde avec AFP



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