Justice

le poids du secret-défense pèse sur l’enquête

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Hommage, le 17 janvier 2013, à Paris, aux trois activistes du PKK tuées en pleine rue.

L’enquête sur l’assassinat de trois militantes kurdes, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013 à Paris, va-t-elle de nouveau achopper sur le secret-défense ? C’est la question que devraient poser les familles des trois victimes qui doivent être reçues, jeudi 20 mai, à Paris, par le juge d’instruction antiterroriste chargé de l’enquête sur cette affaire qui continue d’empoisonner les relations franco-turques.

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Ces assassinats sont exceptionnels à plusieurs titres. D’abord par leur violence, qui s’apparente à un « contrat » exécuté en plein centre de Paris, rue La Fayette : chaque femme a reçu plusieurs balles dans la tête et l’une d’entre elles, Fidan Dogan, chargée de la communication en Europe du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie), une balle dans la bouche. Ensuite à cause de l’importance des victimes : Fidan Dogan, 30 ans, surnommée « la Diplomate » parce qu’elle connaissait tout l’establishment politique français et européen ; Leyla Saylemez, 25 ans, qui encadrait le mouvement de jeunesse du parti ; et, enfin, Sakine Cansiz, 54 ans, fondatrice du mouvement et amie personnelle de son chef incontesté, Abdullah Öcalan.

Dernière particularité : l’auteur présumé de ces assassinats a été identifié et mis en examen. Renvoyé devant la cour d’assises spéciale de Paris, Omer Güney est mort en détention d’une tumeur cérébrale, le 17 décembre 2016, avant son procès. Normalement, la procédure aurait dû s’éteindre avec lui, mais les avocats des parties civiles, forts du fait que la première juge d’instruction, Mme Jeanne Duyé, n’avait pas rendu d’avis de non-lieu pour les complices et coauteurs – regroupés sous le terme X – dans son ordonnance de mise en accusation de Güney, l’ont relancée auprès du président de la cour d’assises spéciale.

Nouveaux éléments en Belgique

Ils ont déposé, en mars 2018, une seconde plainte, avec constitution de partie civile, qui a donné lieu, le 14 mai 2019, à l’ouverture d’une information judiciaire. La plainte reprend de nombreux éléments de l’instruction de la juge Duyé accréditant l’hypothèse selon laquelle Omer Güney était missionné par les services secrets turcs, le MIT. Güney, qui exerçait les fonctions de chauffeur pour Sakine Cansiz, s’était rapproché du mouvement kurde assez récemment, prétendant être à la recherche de ses origines kurdes. Cet homme, qui semblait en fait appartenir à la mouvance ultranationaliste des Loups gris, a mené une véritable opération d’infiltration du PKK à Paris. Les parties civiles soupçonnent le MIT d’avoir choisi Güney parce qu’il savait que son espérance de vie était très faible, du fait de sa maladie.

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