Justice

Le président du Honduras accusé d’avoir aidé au trafic de cocaïne vers les Etats-Unis

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Le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, le 16 février 2021.

Le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a aidé à acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis, a affirmé, mardi 9 mars, un procureur fédéral new-yorkais, dans son réquisitoire à l’ouverture du procès d’un narcotrafiquant présumé.

Ce dernier, Geovanny Fuentes, arrêté le 1er mars 2020 à Miami, a « versé des pots-de-vin même au président du Honduras » et était devenu « intouchable » grâce à leur association, a assuré le procureur Jacob Gutwillig. Le président du Honduras a touché, entre 2013 et 2014, quelque 25 000 dollars (21 000 euros) pour garantir la protection du narcotrafiquant, a affirmé M. Gutwillig. « L’accusé était un élément-clé du narco-Etat hondurien », a-t-il ajouté.

L’un des témoins pour l’accusation, lors de ce procès qui doit durer deux semaines, témoignera à la barre « du choc et de la peur qu’il a ressenti en voyant l’accusé assis aux côtés du président », a déclaré le procureur. Le témoin, José Sanchez, devrait aussi citer des propos du président, qui aurait dit à M. Fuentes qu’il transporterait « tellement de cocaïne vers les Etats-Unis que les gringos en auront jusqu’aux narines ».

Toujours selon le procureur, l’accusé a formé un « partenariat direct » avec l’actuel président à partir 2013, peu avant que ce dernier n’emporte la présidentielle hondurienne.

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Avocat de formation, le président Hernandez, 52 ans, au pouvoir depuis 2014, a toujours rejeté ces accusations. Il se présente comme un champion de la lutte contre la drogue et les gangs qui terrorisent le Honduras. Lundi, sur Twitter, il a accusé les témoins à charge d’être prêts à des « faux témoignages » pour se venger de sa lutte contre le narcotrafic et réduire leur peine de prison aux Etats-Unis. Lui qui se présentait comme un partenaire privilégié de Donald Trump dans la lutte contre l’immigration en provenance d’Amérique centrale, a aussi prévenu que « si les trafiquants tiraient profit de faux témoignages aux Etats-Unis, l’alliance internationale avec le Honduras s’effondrerait ».

L’avocat de M. Fuentes, Eylan Schulman, a lui aussi tenté de discréditer d’avance ces témoins à charge. « Supposément 25 000 dollars peuvent suffire à corrompre un président », a-t-il lancé. Il a souligné que José Sanchez, qui a demandé l’asile aux Etats-Unis, avait « beaucoup à gagner et rien à perdre » en témoignant. Il a aussi averti les jurés qu’un autre témoin à charge, l’ex-leader du cartel hondurien Leonel Rivera, était « l’un des pires assassins » au monde.

Les procureurs new-yorkais considèrent le président Hernandez comme « co-conspirateur » de M. Fuentes dans le trafic de cocaïne, même si le dirigeant n’a pas été inculpé. Ce procès intervient après le procès du frère du président, Tony Hernandez, un ex-député jugé coupable de trafic de cocaïne à New York en octobre 2019. L’audience pour fixer sa sentence, plusieurs fois reportée, est désormais prévue pour le 23 mars. Il risque la perpétuité.

Lors de la condamnation de son frère, le président Hernandez, surnommé « Joh », avait dénoncé le verdict, rejetant « les versions fausses et irresponsables qui cherchent à salir le nom du Honduras » à l’origine de ce jugement.

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Le Monde avec AFP



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