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Le sculpteur Alain Kirili, passionné de calligraphie et de jazz, est mort

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Le sculpteur français Alain Kirili dans son atelier parisien, le 23 septembre 2003.

Le sculpteur Alain Kirili est mort le 19 mai à New York des suites d’une leucémie, à l’âge de 74 ans. Né à Paris le 29 août 1946, il avait joué un rôle prépondérant dans la diffusion en France de la statuaire publique, au risque parfois d’oblitérer son œuvre propre : en 1985, le ministère de la culture lui avait demandé une sculpture pour le jardin des Tuileries, Le Grand commandement blanc, toujours installée près du musée de l’Orangerie. Kirili pensa alors aux copains, morts ou vivants : « La présence permanente dans le jardin d’artistes modernes et contemporains m’a semblé une nécessité absolue », confiait-il au Monde en 2000.

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Il mit toute son énergie à ce que d’autres l’y rejoignent. En 1996, Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la culture lui accorde l’installation, effective deux ans plus tard, mais provisoire hélas, d’un premier ensemble de quatre bronzes de Rodin et d’un Dubuffet monumental. Henri Laurens, Etienne-Martin, Max Ernst, Germaine Richier, David Smith, mais aussi Giacometti, Moore, et Lipchitz, les accompagnaient. En juin 2000, il récidivait avec le très mal nommé Ami de personne, d’Erik Dietman, et dix-huit autres artistes aussi différents que Damien Cabanes, Eugène Dodeigne, Giuseppe Penone, Abakanowicz, Louise Bourgeois, Amahiguere Dolo, Anne Rochette, Carl Andre, David Smith, Daniel Dezeuze, Tony Cragg, Didier Vermeiren, Lawrence Weiner, François Morellet, Ellsworth Kelly, Roy Lichtenstein, ou Bruce Nauman : on ne pouvait pas rêver plus divers, plus ouvert.

Ses pratiques aussi furent d’une variété surprenante, il a utilisé tous les matériaux, de l’acier à la pierre de Bourgogne. Lui-même préférait parler, non de sculpture, mais de « calligraphie dans l’espace ». La calligraphie, il l’avait étudiée dans sa jeunesse avec le peintre coréen Ungno Lee et c’était selon lui l’art demandant le plus de concentration. La lettre, et notamment l’alphabet hébreu qui est à l’origine de sa série Commandement était pour Kirili un signe sacré, ses sculptures des « objets scripturaux ».

Rythme et vitesse d’exécution

Quand on lui parlait sculpture, il répondait jazz. Il en était fanatique, au point de travailler souvent en musique : pas en l’écoutant sur un tourne-disque, mais en invitant les musiciens à jouer chez lui ! « La fusion de la sculpture, de la musique et de la danse, disait-il, ce n’est pas une performance, c’est une communion. » La première d’entre elles eut lieu en 1992, à la galerie Daniel Templon de Paris, avec Steve Lacy au saxophone, et il en organisa ensuite une vingtaine d’autres, invitant des artistes aussi différents qu’Archie Shepp, Cecil Taylor ou Jérôme Bourdellon. « La transversalité dans l’art répond à un besoin vital », déclarait-il au Monde en 1996.

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