Justice

Le sort de l’ex-tête pensante du 17-Novembre, en grève de la faim, suscite l’émoi en Grèce

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Dimitris Koufodinas, le 2 décembre 2005, lors du procès en appel des membres du groupe terroriste grec 17-Novembre devant un tribunal spécial dans une prison de haute sécurité d’Athènes.

« Dimitris Koufodinas est entre la vie et la mort », a annoncé, mardi 2 mars, Ioanna Kourtovik, l’avocate de l’ex-tête pensante de l’organisation d’extrême gauche 17-Novembre, en grève de la faim depuis cinquante-trois jours et hospitalisé depuis vingt-six jours à Lamia, dans le centre de la Grèce. Le parquet a réclamé que « toutes les mesures adéquates pour assurer la vie du détenu » soient prises, mais sans « alimentation forcée considérée comme de la torture » par la Confédération des médecins hospitaliers grecs.

Dimitris Koufodinas, chef opérationnel et numéro 2 de l’organisation 17-Novembre, démantelée en 2002, a été condamné à la prison à vie pour le meurtre de 11 personnes. Parmi ses victimes figure le député de droite, Pavlos Bakoyannis, qui n’est autre que le père de l’actuel maire d’Athènes, Costas Bakoyannis, et beau-frère du premier ministre, Kyriakos Mitsotakis.

D’obédience marxiste-léniniste, le groupe 17-Novembre tire son nom de la date de la répression dans le sang de la révolte des étudiants contre le « régime des colonels » en 1973. Il est responsable de dizaines d’attentats, qui ont tué 23 personnes entre 1975 et 2002, parmi lesquelles le chef d’antenne de la CIA en Grèce et des militaires américains – les Etats-Unis sont accusés d’avoir aidé à porter au pouvoir les militaires en 1967 –, des collaborateurs de la junte, des responsables politiques, et des hommes d’affaires.

Se rapprocher de sa famille

Début janvier, le prisonnier de 63 ans a cessé de s’alimenter pour réclamer son transfèrement de la prison de haute sécurité de Domokos (centre) à la prison de Korydallos, en banlieue d’Athènes, et se rapprocher ainsi de sa famille. Sous le gouvernement précédent de Syriza (gauche), il avait obtenu de purger sa peine dans une prison agricole. Mais, en décembre 2020, une nouvelle loi carcérale a été votée par la majorité conservatrice au Parlement : toute personne condamnée pour terrorisme et faits graves ne peut plus purger sa peine dans les prisons agricoles. Il est alors envoyé à Domokos.

Lire aussi Grèce : l’évasion d’un terroriste d’extrême gauche non repenti inquiète les autorités

Pour son avocate, ainsi que pour plus de mille avocats ayant signé une pétition, cette demande de transfèrement est légale et légitime puisque le détenu a déjà passé seize ans dans la prison de Korydallos. Mais la porte-parole du gouvernement, Aristotelia Peloni, a estimé que Dimitris Koufodinas avait « choisi de mettre sa vie en danger » et qu’aucun « traitement de faveur » ne pouvait lui être accordé. Evoquant l’impossibilité de le déplacer pour des raisons sanitaires liées au Covid-19, elle a ajouté qu’avec la nouvelle loi « seules les personnes en détention provisoire et condamnées à des peines légères peuvent être incarcérées à Korydallos ».

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