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les Bleues en quête de nouvelles oppositions pour « passer un cap »

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L’équipe de France féminine de rugby a battu l’Irlande (56-15) le 17 avril, à Dublin, dans le cadre du Tournoi de six nations.

« Tous les ans, à moins d’un faux pas, on sait que le vainqueur de France-Angleterre remportera le Tournoi » des six nations féminin, glisse la demie de mêlée tricolore Yanna Rivoalen. L’édition 2021 de la compétition n’échappe pas à la règle. Samedi 24 avril, les Bleues retrouvent en « finale » leurs rivales anglaises, face auxquelles elles restent sur une série de sept défaites.

L’affiche était quasi courue d’avance, tant le Tournoi réunit et oppose un rugby à deux vitesses. D’un côté, les équipes amatrices d’Irlande, du Pays de Galles et d’Ecosse (bien que neuf Ecossaises disposent de contrats professionnels ou semi-professionnels), de l’autre la France et l’Angleterre, dont les joueuses sont semi-professionnelles ou professionnelles.

Après avoir remporté l’édition 2019, le rouleau compresseur anglais a écrasé successivement les Ecossaises et les Italiennes

Sur le rectangle vert, cette hétérogénéité s’illustre par des scores sans appel. Cette année, pour leur entrée dans le Tournoi, le 3 avril, les Bleues ont balayé les Galloises 53-0, aggravant le record établi l’an dernier à Cardiff (50-0). Après avoir remporté l’édition 2019, avec 45 essais marqués, le rouleau compresseur anglais a écrasé successivement les Ecossaises (52-10) et les Italiennes (67-3).

A eux deux, le XV de France et le XV de la Rose trustent 22 des 25 éditions du tournoi (qui a compté successivement quatre, cinq puis six participants), ne laissant aux autres nations que les miettes : deux victoires pour le XV du Trèfle, une pour le XV du Chardon (à l’époque où ne jouaient que les Britanniques).

Nouveau rendez-vous international

Le sélectionneur de l’équipe de France, Samuel Cherouk, dit s’attendre « à disputer un Tournoi élevé d’ici les trois prochaines années ». Mais c’est la création d’un nouveau rendez-vous international, annoncée le 18 mars par l’instance dirigeante du rugby mondial, World Rugby, qui pourrait conduire les Bleues à « passer un cap », selon les termes de la troisième ligne Romane Ménager.

Baptisée « WXV », la compétition verra le jour en 2023. Elle comportera trois divisions, avec relégations et promotions. La première de ces divisions sera composée des trois meilleures équipes du Tournoi des six nations et des trois meilleures du futur tournoi interrégional, qui opposera l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis.

Financé à hauteur de 7,5 millions d’euros par World Rugby, ce tournoi mondial se jouera dans une fenêtre internationale de septembre à octobre, hors années de Coupe du monde, et doit « faciliter la transition de la Coupe du monde féminine de 12 à 16 équipes en 2025 », a précisé, dans un communiqué, le président de World Rugby, Bill Beaumont.

Pour les Françaises, cela risque peut-être de conduire à « prendre quelques belles raclées », face aux membres du Top 5 mondial, comme l’Angleterre, actuelle numéro un, la Nouvelle-Zélande, le Canada et l’Australie, prévient Carole Gomez, directrice de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), spécialisée dans la géopolitique du rugby. Mais cela pourrait aussi leur permettre de « corriger [leurs] erreurs et être tirées vers le haut », poursuit-elle.

Une opportunité d’être plus « conquérantes »

La deuxième ligne tricolore Safi N’Diaye y voit une opportunité d’être plus « conquérantes » et de ne plus « se laisser surprendre par des équipes au jeu et au tempérament différents ». « On affrontera des équipes physiquement un cran au-dessus de celles du Tournoi des six nations », reconnaît Yanna Rivoalen.

Des adversaires que les « Affamées » – le surnom donné aux Bleues – rencontraient jusqu’alors de manière disparate, lors des tournées d’automne ou d’été sans enjeu. Ou lors de la Coupe du monde, tous les trois ou quatre ans, compétition où les Françaises ont toujours figuré aux avant-postes, mais ont toujours buté sur les dernières marches – elles ont été six fois troisièmes (en 1991, 1994, 2002, 2006, 2014 et 2017).

La vice-présidente de la Fédération française de rugby chargée du rugby féminin, Brigitte Jugla, espère, de son côté, que le nouveau tournoi international permettra également aux joueuses d’« acquérir de l’expérience et d’élever le niveau de jeu dans les clubs ». Dans le championnat Elite français, « le niveau des matchs n’est pas suffisant pour hausser le niveau de jeu des internationales », appuie Laura Di Muzio, joueuse de Villeneuve-d’Ascq et consultante pour France Télévisions.

Le Top 16 est dominé par les deux principaux pourvoyeurs du XV de France féminin : le Montpellier RC, octuple vainqueur du titre, et le Stade toulousain, finaliste des deux éditions précédentes.

En attendant, pour remporter, samedi, le Crunch face aux Anglaises, qui « se réunissent trois fois par semaines, quarante-cinq semaines dans l’année », les Bleues devront « sortir le casque à pointe », a prévenu le sélectionneur, Samuel Cherouk.

Lire aussi Reconfinement : à l’arrêt, l’élite féminine du rugby paie son statut amateur



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Nakodal

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