International

Les forêts, grandes absentes du projet de loi climat et résilience

0


La forêt de Bocognano, en Corse, le 26 novembre 2019.

Ils ont bien cherché, ils n’ont rien trouvé. Ni le mot forêt, ni les mots arbres et bois ne figurent dans les 69 articles du projet de loi climat et résilience issu des travaux de la convention citoyenne. A l’appel du collectif SOS forêt France et de l’association Canopée Forêts vivantes, des citoyens, des représentants de l’Office national des forêts (ONF), la députée Mathilde Panot (La France insoumise), l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint mais aussi l’actrice Juliette Binoche se sont réunis à Paris, lundi 1er mars, pour interpeller les députés avant le débat prévu fin mars à l’Assemblée nationale.

« Cher gouvernement, faut-il supprimer l’arbre du logo de la loi Climat et résilience ? », s’est aussi interrogée sur Twitter l’élue de la majorité Anne-Laure Cattelot, députée du Nord et autrice d’un rapport sur le sujet. La forêt française, l’un des principaux puits de carbone, absorbe chaque année près de 20 % des émissions nationales de CO2. « C’est aberrant qu’il n’y ait aucun volet forestier dans le projet de loi, assure Mathilde Panot. Il y avait des propositions intéressantes dans le rapport de la convention, qui sont toutes passées à la trappe. »

Propositions « difficiles à mettre en œuvre au niveau législatif »

Les 150 citoyens recommandaient notamment de privilégier une gestion forestière sans destruction du couvert forestier, de minimiser la replantation de résineux et de veiller au mélange des variétés d’arbres, de ne pas augmenter la récolte de bois, d’interdire les coupes rases dans les vieilles forêts ou encore de pérenniser l’existence de l’ONF et d’en augmenter les effectifs. Des pistes d’action rassemblées pour l’essentiel dans un chapitre très large concernant la protection des écosystèmes et de la biodiversité. « Ces propositions énonçaient de grandes orientations mais étaient difficiles à mettre en œuvre au niveau législatif, précise le ministère de la transition écologique. Nous allons utiliser tout ce travail pour l’élaboration de la nouvelle stratégie nationale sur la biodiversité, qui doit être présentée cette année. »

Lire le reportage : Dans le Morvan, la bataille contre la monoculture de pins Douglas s’organise

Sans attendre cette échéance, Anne-Laure Cattelot et Mathilde Panot entendent déposer dès cette semaine un certain nombre d’amendements devant la commission spéciale chargée de l’examen du projet de loi. Elles insisteront notamment sur la question des coupes rases, en proposant de les encadrer très strictement. L’ampleur précise de ce phénomène est difficile à évaluer mais dans des régions comme le Morvan, le « traumatisme visuel » lié au changement radical des paysages est indéniable. « En ce moment, il y a à la fois des coupes rases de feuillus traditionnels et des coupes rases de résineux plantés il y a quelques dizaines d’années », constate Frédéric Beaucher, gérant du groupement forestier Le Chat sauvage, qui rachète des forêts pour les préserver. « Les forêts sont dans la même situation aujourd’hui que l’agriculture dans les années 1950 et 1960, ajoute Mathilde Panot. Le triptyque coupes rases, plantations et monoculture risque de provoquer le même désastre que l’agriculture intensive. Nous sommes à la croisée des chemins, il faut faire un choix politique. »

Il vous reste 55.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





Source link

Nakodal

Le chemin de croix des personnes âgées.

Previous article

en Moselle, les travailleurs transfrontaliers exaspérés par une nouvelle restriction sanitaire

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *