Religion

L’histoire jamais racontée de Amadeus !

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Artiste, musicien, Amadeus est l’une des stars montantes de la scène musicale sénégalaise. Originaire de Richard-Toll, Saliou Samb à l’état civil revient sur ses débuts dans la musique, ses réussites scolaires et les tensions suscitées par sa passion pour les mélodies. L’auteur de « Méritéwoumala » nous parle aussi de l’apport de ses études poussées sur la gestion de sa carrière.

A quand remontent vos débuts dans la musique ?

Méritéwoumala : Le nouveau tube de Amadeus qui fait pleurer les internautes (clip officiel)Sélectionné pour vous : « Méritéwoumala » : Le nouveau tube de Amadeus qui fait pleurer les internautes (clip officiel)

J’ai démarré la musique en 2013. J’étais en seconde au lycée de ma ville natale. Je formais un groupe avec quatre camarades de classe. Nous faisions du rap. Aux heures de pause, nous nous retrouvions pour les répétitions. On enregistrait grâce à l’ordinateur d’un ami. Et nous faisions des prestations lors des journées culturelles.

A quel moment avez-vous su que vous pouviez percer dans la musique ?

C’est assez récent. Disons 2 à 3 ans. Au début, je le faisais juste par amour. Je ne pensais pas que je pouvais arriver là où j’en suis actuellement.

Comment ont réagi vos proches quand ils ont su que vous aviez un penchant pour la musique ?

Mes parents n’étaient pas d’accord au début. Mon défunt papa était un mouride orthodoxe. Il insistait sur les études et la religion. Quant à mes amis, ils croyaient en mon talent plus que moi-même.

Êtes-vous parvenu à convaincre votre père de vous laisser suivre votre passion ?

Vu que j’étais un élève brillant, j’utilisais mes notes de devoir pour avoir la permission d’aller jouer mes concerts. A la fin de la semaine, je revenais avec des 17 – 18 sur 20. Il était content et j’en profitais pour avoir son approbation afin d’aller faire mes prestations. Au bac, je sors premier du centre avec la mention Bien. Mon grand-frère, qui est prof de philosophie au lycée Seydina-Limamou-Laye, plaide en ma faveur pour que mon papa me laisse continuer la musique. C’est depuis ce jour qu’il m’a donné son aval pour allier ma passion aux études. Mon grand-frère m’a beaucoup soutenu, je lui dois beaucoup.

Comment êtes-vous parvenu à allier la musique et les études ?

J’étais conscient que la seule condition pour faire la musique était d’avoir de bons résultats sur le plan scolaire. Je devais forcément sortir du lot. J’aimais aussi les études et j’étais friand de la concurrence. Avec l’aura que je m’étais faite dans la localité, c’était devenu une sorte de challenge pour moi. J’avais envie de déconstruire certains préjugés sur les artistes. Je voulais montrer aux gens qu’être musicien ne rime pas avec succomber à l’alcool, au sexe et à la drogue. J’avais pour mission de prouver à ces personnes qu’elles avaient tort. C’est ainsi que je trouvais la force d’allier la musique et les études.

Après le bac, vous êtes orienté à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis. Pouvez-vous revenir sur votre formation universitaire ?

En premier lieu, j’ai été orienté à l’Unité de formation et de recherche (UFR) des Sciences juridiques et politiques (SJP). C’était lors de l’année universitaire 2015-2016. Je n’aimais pas le droit, alors au bout d’une année, j’ai demandé une réorientation à la section de communication à l’UFR des civilisations, religions, arts et communication (Crac).

Quand est-ce que vous avez viré vers un autre genre musical ?

C’est après l’obtention de mon bac. Le groupe s’est disloqué. L’un de nous a arrêté, l’autre s’est marié et le troisième a émigré en Turquie. Mais bien avant, je tenais les refrains du groupe. J’étais le soliste. Etant dans le groupe, il m’était impossible d’avoir certaines marges. Après l’éclatement de la bande, j’ai décidé de me lancer dans ce que j’ai toujours voulu faire artistiquement. D’ailleurs, ceux qui nous suivaient me conseillaient d’explorer d’autres genres musicaux. Car, disaient-ils, ma voix me permet de conquérir un public plus large.

Aujourd’hui, à quel genre musical appartenez-vous ? »

Je fais de la World Music, du Pop. C’est une musique que tout le monde aime. Elle rapporte sur le marché international. J’essaie de répondre aux exigences tout en restant fidèle à moi-même. Mais je ne me cloisonne pas dans un seul genre musical. Ce serait me limiter. Je sais faire de l’Afro, du mbalax, je tiens toujours des couplets rap dans mes chansons.

Depuis que vous avez lancé votre carrière solo, vous en êtes à combien de projets, de singles ?

J’ai sorti cinq singles. Avec le groupe nous avions une vingtaine de sons. On avait une mixtape titrée Born To Shine (Né pour briller). En cette année 2022, je m’apprête à sortir mon premier projet.

Ce sera un album ou une mixtape ?

Je ne veux pas m’avancer trop là-dessus (rires). Mais ce qui est sûr c’est que je compte mettre sur le marché mon premier projet solo Inch’Allah.

A l’UGB, avec l’aura que vous avez, est-ce que l’idée d’abandonner les études vous est venue ?

Non, cela ne m’a jamais traversé l’esprit. Lors de ma première année à l’université, je passais inaperçu. Ce n’est qu’en 3e année que les gens ont commencé à me remarquer. Et cela m’a facilité la tâche pour me focaliser sur les études. Je ne voulais pas que mon père ait l’écho de mes sons. Je ne voulais pas qu’il pense qu’étant éloigné du domicile familial, je pouvais faire tout ce qui me passait par la tête.

C’est à la sortie de mon premier single, Boulma Sagané (Ne me néglige pas) que j’ai commencé à sortir de l’anonymat. Cela a coïncidé avec l’entrée de la pandémie de Covid-19 au Sénégal (mars 2020, NDLR) nécessitant l’arrêt des cours. C’était une période de stand-by. Je n’avais pas assez profité de ma notoriété à cause du coronavirus. Le retard de mon éclosion m’a beaucoup aidé, car si j’étais connu dès la première année, cela allait être compliqué d’être à fond sur les études.

Où en êtes-vous avec les études ?

J’ai eu ma licence en communication l’année dernière. Vous connaissez les réalités des universités sénégalaises. Une année académique peut durer deux ans. Il y a les grèves. Et nous avons subi une année invalide en 2018 à cause des perturbations suite au décès de Fallou Sène (étudiant tué par balle lors d’une manifestation à l’UGB, NDLR). Entre-temps, j’ai eu des contraintes, mon papa est décédé. Depuis, je suis au chevet de ma maman à Richard-Toll. Mais je projette de m’inscrire en master à Dakar, car c’est là-bas que je veux terminer pour être plus proche des structures musicales, des studios, etc. Je pense que ce sera un master en ligne, car il me sera difficile d’aller dans une école. Actuellement, même sortir dans la journée pose problème. Je ne sors presque que la nuit.

Donc vous vivez le revers de la médaille du succès…

Vous savez, le succès a des avantages, mais il y a toujours le revers de la médaille. Mais Al Hamdoulillah c’est le rêve de tout artiste. Et je prie pour que cela augmente parce que ce n’est que le début de ma carrière.

Est-ce que votre niveau d’étude constitue un atout dans la création artistique ?

Bien sûr cela m’aide beaucoup. Parce qu’il y a le potentiel brut avec lequel on nait, c’est le don de Dieu, on parle de talent. Et le fait d’avoir un certain intellect permet de mieux valoriser ce talent. Par exemple, les figures de style que j’ai apprises à l’école rendent riches mes textes. Avoir un bon niveau d’étude est un bonus, je peux dire.

En quoi vos études sont-elles déterminantes dans la gestion de votre carrière musicale ?

Cela permet de ne pas être berné. Pas plus tard qu’hier on m’a envoyé un contrat, les notions de droit que j’ai apprises m’ont permis de comprendre les contours de ce document. Je prie de percer et de mettre en place mon propre label pour promouvoir des jeunes talents. Et pourquoi pas collaborer avec des labels internationaux ? En somme, les études te rendent plus autonome, et c’est crucial. Tu peux négocier pour ton compte au lieu d’engager des gens pour le faire.

Et quel conseil donneriez-vous à un jeune qui a un dilemme entre la musique et les études et qui est sur le point de privilégier l’une au détriment de l’autre ?

Dans la vie, il y a ce que l’on aime et ce qu’il nous faut. Il ne faut aucunement mettre l’un au-dessus de l’autre. Ce que l’on aime, c’est ce qui donne du sens à notre vie. Ce qu’il nous faut, c’est ce qui nous permet et nous permettra de vivre. Il nous faut les études, elles sont cruciales. La musique, c’est une passion et on ne peut pas demander à quelqu’un de se détourner de celle-ci. Dans tous les cas, il faut allier les deux.



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Nakodal

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