Religion

l’obsession des peuls et la malhonnêteté intellectuelle des analystes politiques

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« Vote affectif », « neddo ko bandum », « electorat alimentaire » « dopage électoral », telles sont les qualificatifs associés à l’expression des choix opérés délibérément ou pas des citoyens résidants dans les départements de Matam, de Kanel, de Podor et de Ranérou au moment des décomptes provisoires des suffrages. Ces propos en voie d’institutionnalisation dans le champ lexical électoral du Sénégal, sont une déclinaison d’une partie de l’opinion politique qui considère que le vote de ceux-ci obéit à des impératifs d’appartenance ethnique. A leur croire, ces citoyens sont irrationnels, insensibles voire souffrent d’incapacité d’exercice de leurs droits civiques qu’il faudrait, de surcroît, leur retirer sous peine de plonger le pays dans l’obscurantisme de Macky sall. Les tenants de cette thèse cherchent à établir une dichotomie de l’électorat sénégalais: les ignorants contre les intelligents, les zones urbaines conscientes des enjeux et le rural archaïque, indifférente à la marche de la nation. Un peul patriote et républicain, c’est celui qui ne vote pas pour un peul. A l’inverse, c’est du neddo ko bandum. Ces considérations faidherbistes ambiantes et nauséabondes risquent malheureusement de radicaliser ce vote et de rendre infructueuse toute tentative de basculement de leur électorat. Elles distillent une discrimination et des préjugés porteuses d’instabilité sociale et de méfiance réciproque entre des citoyens qui vivent paisiblement ensemble au-delà la politique.

Pourtant, nul besoin de faire la science politique pour observer parfaitement un même comportement électoral dans l’ensemble du pays voire même de la diaspora. En effet, nous savons tous que les victoires éclatantes de PDS dans le département de Mbacké est le résultat d’une revendication d’appartenance confrérique politiquement construite par Abdoulaye Wade. Dans ce sens, c’est un vote purement affectif. Mais puisque c’est Touba, personne n’ose en parler même les soi-disant génie en matière d’analyse politique. Même Pape Djibril, un néophyte dans le champs politique, a surfé sur son appartenance confrérique pour flatter cet électorat. Journaliste, nous avons vu son attitude silencieuse et ses analyses subjectives, lorsqu’il s’agit de prononcer sur l’affaire Kara. Un comportement en parfaite dissonance de sa dextérité et tempérament quand il s’agissait d’attaquer le pouvoir et les hommes politiques. La solidarité confrérique oblige, « Mouride ko bandum ». Ces cas isolés et exceptionnels sont perceptibles dans toutes les régions, ethnies et confréries au Sénégal mais associé aux peuls, ça devient une généralité. Une faute individuelle commise par un peul devient une responsabilité collective imputable a toute une ethnie. Peuls yi, Peuls yi, malheureusement c’est une réalité qu’on ne pourrait occulter sous l’enveloppe républicaine ou du politiquement correcte.

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Les mêmes faits sont observables à Ziguinchor, à kebemer, à Fatick. Alors pourquoi s’étonner des scores réalisés au niveau du Fouta. Ces populations sont libres de choisir, quelles que soient leurs motivations, les candidats qui leurs conviennent. De surcroit, comment ses populations peuvent-elles voter pour des candidats qu’ils ne voient pas, quoique que ceux qui sont sur le terrain n’apportent aucune solution à leurs problèmes.

Il suffit de regarder les résultats de toutes élections depuis 2000 pour comprendre la dynamique de territorialisation du vote au Sénégal. Ce processus ne saurait, malheureusement, être freiné par des réalisations en terme d’infrastructures sociales, économiques ou sanitaires. Macky sall a tout fait, en ce sens, pour récupérer l’électorat de Touba, mais toutes ses entreprises politiques aussi stratégiques soient elles ont avorté. Alors comment expliquer la rationalité du vote dans le département de Mbacké, à Diamenaidio, Dakar, dans le keur Massar et dans beaucoup d’autres localités qu’il a perdues malgré ses réalisations.

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Au lieu d’accuser injustement le vote de ces département, l’opposition devrait pondre des stratégies politiques pour récupérer ces zones fortement acquises à Macky sall comme ils ont eu l’esprit de mettre une alliance politique contre-naturelle wallu-yewwi. Les victoires électorales sont le fruit d’un investissement sur le terrain pendant de longue années, ce que les responsables de APR ont effectué au Fouta.

A tous les analystes politiques, journalistes, chroniqueurs, hommes politiques, sachez que vous n’êtes pas plus instruits que ces populations pour penser à leurs places. La littérature en sciences politique ne souffre pas de concepts d’analyse des comportements électoraux au point de réduire les choix à des impératifs ethniques. Parmi ces concepts, on peut employer le capital d’autochtonie pour expliquer certains choix.

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Par Amadou Ba

Étudiant en Master de sciences politiques-parcours- citoyenneté, inégalités, territoire et l’élection (Lille)

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