Religion

Quand Idy exhume et fourgue son  «extinction du soleil» à Ousmane Sonko

0


Idrissa Seck, on le sait brillantissime orateur et adepte de belles formules de rhétorique et ce,  quelle que soit la langue dont il est locuteur : français, wolof, arabe, etc. Quand il fut dans la tourmente, sous le magistère du président Wade, dans les années 2006-2007 pour détournement de fonds, (Chantiers de Thiès), on se rappelle une de ses formules fétiches,  «jusqu’à l’extinction du soleil» qui avait accroché les Sénégalais. Alors que depuis quelques semaines, son éphémère allié de contestation post-présidentielle 2019, Ousmane Sonko est éprouvé pendant que lui, Idy, est  à contrario dans les bonnes grâces du pouvoir depuis l’an dernier, il n’a pas trouvé mieux que d’exhumer et proposer à Sonko son élément de langage d’il y a plus de 10 ans.  Et pourtant, les affaires ne se ressemble en rien. Dans sa déclaration le weekend dernier où il somme le leader du Pastef de répondre à la justice, c’était passé inaperçu ou plutôt on s’est moins préoccupé de la forme.

Cerné à l’époque par la justice pour détournement de fonds, dans sa défense, Idrissa Seck avait  lâché cette phrase  pour rejeter les accusations portées contre lui : «Jusqu’à l’extinction du soleil, aucun centime de détourné ne pourra m’être reproché».  Cet élément de langage avait fait sensation et est resté graver dans les mémoires, et abondamment relayé par les médias. C’est ainsi que l’ex-opposant de Macky et actuel président du CESE a voulu fourguer son expression à Ousmane Sonko, mais dans une sorte de provocation. «S’il (Ndlr : Ousmane Sonko) sait que les accusations portées à son endroit par la  citoyenne Adji Sarr sont infondées et ne sont que le résultat d’un complot ourdi contre sa personne, je l’invite à faire ce que je fis en son temps. C’est- à dire déclarer solennellement devant Dieu et devant les hommes que d’ici à l’extinction du Soleil, aucune preuve ne viendra étayer lesdites accusations», suggère Idy à Sonko avant de poursuivre. «S’il ne le peut pas, je lui recommanderais alors de se repentir, de demander pardon à sa famille, à ses militants et au peuple sénégalais et d’accepter avec dignité les conséquences des actes posés».

Avec une telle déclaration du patron de Rewmi, il y avait comme une présomption de culpabilité qui s’exprime très clairement à l’endroit du leader du Pastef. Dans le même temps, il prétendait compatir à douleur de celui qui est accusée de viol. «Conformément à la recommandation prophétique faite à tout musulman d’être solidaire de son frère qui subit une épreuve, qu’il ait raison ou tort, je voudrais exprimer ma solidarité à mon jeune frère Ousmane Sonko, frappé par une terrible épreuve », dit Idrissa Seck. Raillerie ou compassion, Ousmane Sonko et ses camarades ont ses camarades ont eu le temps d’apprécier. Pour sûr Idy défendait plus son patron mbuuru et son bifteck  que l’accusé

Quand «mbuuru» tombe dans le bol de «soow», il se ramollit

C’est en  vrai laudateur que Idy Mbuuru s’est fait le bouclier anti-missile du Macky Soow dont il est tombé dans l’escarcelle depuis moins d’un an. Il s’est érigé en véritable pourfendeur du trouble-fête Ousmane Sonko. Pourtant, Mbuuru Idy, pendant de longtemps années, a tiré à boulets rouges sur Macky soow

Dans sa prise de parole sur le dossier de viol, le Prince Sall est disculpé par Idy des accusations de complot dont le soupçonne Sonko. Idy a, au contraire, généreusement encensé avec entrain le Prince pour ses innombrables incitatives salvatrices pour la nation sénégalaise avant de  condamner presque prématurément l’empêcheur de tourner en rond, Ousmane Sonko. C’est hallucinant les politiciens. Cela était impensable  il a peu de temps, que Idy puisse dire autant du bien de Macky Sall. Mais bon,  c’est que mbuuru est tombé dans bol de soow et est trempé. Il font donc tous un seul corps  désormais.

Dans sa logorrhée, Idy, le rhéteur invétéré semble prendre des manifestants comme des manipulés qui mènent un combat qui ne mérite pas la peine d’être mené en ce qu’il ne serait pas à la faveur de l’intérêt général, mais particulier. Comme pour déplacer le vrai sujet de l’heure, il convoque le pétrole et le gaz dans son propos. «J’invite les militantes  et les militants de l’opposition, patriotes sincères partageant avec nous  l’amour du pays, de sa paix, de ses intérêts et de sa prospérité à ne pas servir de bouclier à un quelconque gourou, à ne pas se laisser manipuler ni infiltrer par des intérêts encagoulés, nationaux comme internationaux, qui frustrés de ne pas accéder aux ressources  pétrolières et gazières du Sénégal, frustrés de ne pas voir l’État accéder à leurs demandes illégitimes, nourrissent le plan de déstabiliser notre pays». Voilà  inoculé un autre sujet dans les esprits qui semble bien loin de ce dont il est question.

Rappelons que Idrissa Seck avait soutenu Macy Sall  au second tour en 2012 contre Wade dans le cadre de la coalition Benno Bokk Yaakar (BBY). Très vite, il claque la porte et sort de la coalition. Il devient un opposant acerbe et très critique contre Macky Sall qu’il a eu à traiter de tous les péchés d’Israël. Très souvent, il disparaît du débat public par moment, puis apparaître sporadiquement avant de replonger dans son silence assourdissant. Peu ou pas du tout présent dans les médias. Certains Sénégalais lui reprochent d’ailleurs d’être distant du peuple et de ne penser à eux que lorsque des élections se profilent à l’horizon. Au fil du temps, l’homme perd de la sympathie de ses concitoyens. Il perd aussi des poids lourds de son parti comme le Dr Abderrahmane Diouf et dans un passé récent Déthie Fall. Des années plus tôt, c’est Thierno Bocoum qui avait claqué la porte pour voler de ses propres ailes. A la dernière présidentielle de 2019,  Idrissa Seck perd une énième fois.

Macky Sall réélu dès le premier tour en 2019, Idy et Sonko arrivé respectivement deuxième et troisième avec 20 et 15% des suffrages se retrouvent pour tenter de contester le résultat, mais cela n’aura pas duré. Ils ont au moins eu le temps d’accuser quelques média privé et internationaux de donner des résultats favorables au pouvoir.

En 2020, au plus fort de la crise sanitaire, un remaniement ministériel intervient. Macky Sall appelle Idrissa Seck à ses côtés, en le nommant président Conseil économique, social et environnement (CESE), à la surprise générale Idrissa Seck. Les perspectives d’élection d’Idy comme président s’amenuisant, il n’a pas hésité à accepter cette offre qui est quand même est très respectable, voire prestigieuse.  Si son obsession d’être élu président de la République, ne promet pas au moins il est nommé président du CESEE. C’est aussi président, non ?

Président du Conseil économique, social et environnemental. Ce n’est pas président de la République, mais président quand même. Sous le feu des critiques le rhéteur invétéré va nous sortir une autre figure de style en wolof en disant que lui et Macky Sall c’est comme du mburu ak soow ( pain et du lait caillé). Quand «muburu » est bien trempé dans du «soow»,  ça match merveilleusement bien. Ça devient «mburu ak soow ». Ça ne se sépare plus, ça parle de la même voix. On peut donc comprendre comment Idy est devenu un grand avocat défenseur de Macky Sall, plaidant favorablement pour lui.

Noël SAMBOU



Source link

Nakodal

Najat Vallaud-Belkacem annonce sa candidature aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes

Previous article

166 nouveaux cas positifs annoncés ce dimanche 14 mars 2021

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

More in Religion