Justice

Sept personnes condamnées pour la rébellion au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot en janvier

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Sept ressortissants étrangers ont été condamnés, samedi 6 mars, à des peines de prison pour une rébellion à l’origine de l’incendie qui a ravagé, en début d’année, une partie d’un centre de rétention administrative (CRA) de la banlieue parisienne, où ils se trouvaient en attente de leur expulsion.

Dans un jugement rendu en pleine nuit, le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) a infligé des peines allant de seize mois de prison ferme à douze mois avec sursis probatoire pour des faits de « rébellion commise en réunion » aux sept hommes, âgés de 18 à 34 ans. Il s’agit de deux Algériens, de deux Tunisiens, d’un Egyptien, d’un Congolais et d’un Pakistanais, parmi lesquels trois ont également été condamnés pour l’incendie.

Les faits se sont produits le 20 janvier dans le CRA du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), le plus important de France, situé en bordure de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Depuis la veille, et le maintien en rétention de plusieurs d’entre eux, le mécontentement grondait.

Certaines personnes avaient refusé le test PCR requis par le pays d’origine afin de procéder à leur expulsion du territoire français. La justice les avait donc replacés au CRA, alors qu’ils y avaient déjà passé trois mois, durée maximale d’une rétention.

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Les conditions de rétention « au début de la révolte »

Dans la matinée, un groupe rassemblé dans la cour avait mis le feu à deux bâtiments de vie. Des violences avaient ensuite éclaté entre sans-papiers et policiers. Ces derniers, essuyant des jets des projectiles, avaient fait usage de gaz lacrymogènes.

Les violences ont nécessité l’intervention de forces de police extérieures, qui ont mis plusieurs heures à rétablir le calme et à dégager la voie pour les pompiers. Les événements n’ont pas fait de blessé, mais l’incendie a rendu inutilisables deux des six bâtiments.

A l’audience, la plupart des prévenus ont gardé le silence, ne le rompant que pour clamer leur innocence. « J’ai pas agressé qui que ce soit », a lancé l’un d’entre eux, un Tunisien de 24 ans, le seul à comparaître libre.

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La défense a voulu faire de ce procès, d’une durée rare − une douzaine d’heures − pour des comparutions immédiates, celui de la politique d’enfermement en CRA. Une politique qui a été dénoncée à maintes reprises.

« L’idée est d’appuyer sur les conditions de rétention, qui sont au début de la révolte », a expliqué à l’Agence France-Presse Caroline Desré, avocate de l’un des prévenus. Cette rébellion est un « cri de désespoir », a insisté Adrien Mamère, conseil d’un autre prévenu.

Mais cette stratégie a suscité l’agacement du président du tribunal : « Cette audience du tribunal correctionnel n’est pas une tribune politique. »

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Le Monde avec AFP



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