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« Six semaines après l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, l’Europe et les Etats-Unis vivent une demi-lune de miel »

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Le président Joe Biden, le 6 mars à la Maison Blanche.

Chronique. Il faut se pincer pour le croire. Interrogé en pleine tempête Meghan-Harry, lundi 8 mars, dans l’émission « Newsnight » de la BBC, John Kerry, envoyé spécial du président Joe Biden pour le climat, et grande pointure de la diplomatie américaine, se confond en circonlocutions : à lui d’atténuer les retombées de la bombe lancée par les deux renégats de la Couronne. Non, jure-t-il d’un ton grave, cette interview, « ce moment » n’entameront pas « la force » de la relation anglo-américaine, ni « le lien indestructible » entre les deux pays du couple. L’Amérique a trop de « respect » et « d’affection » pour la monarchie britannique. Vraiment.

John Kerry n’a pas à s’embarrasser d’autant de précautions sur le Vieux Continent, où il est arrivé mardi, et pas seulement parce que les quelques familles royales qui y ont survécu sont moins remuantes. Six semaines après l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis vivent une demi-lune de miel, après quatre ans de tourments trumpiens. Comme pour mieux montrer que sa flamme n’a pas faibli pendant ce fâcheux intervalle, Washington multiplie les gestes de bonne volonté à l’égard des « amis et alliés » européens qui, pour l’instant, s’en félicitent – sans pour autant se départir de la méfiance du chat échaudé.

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Un jour, c’est Janet Yellen, la secrétaire au Trésor, qui se déclare prête à lever un obstacle majeur dans les négociations multilatérales sur la taxation du numérique, grosse pomme de discorde entre l’UE et les Etats-Unis. Un autre jour, c’est un accord pour suspendre les sanctions mutuelles dans le cadre du différend commercial Airbus-Boeing. Cette semaine, c’est John Kerry qui vient parler changement climatique à Bruxelles et à Paris.

Une équipe professionnelle et parfaitement préparée

Ces progrès réalisés sur des contentieux anciens concrétisent la volonté de coopération manifestée par la participation du secrétaire d’Etat Antony Blinken, en visioconférence en février, à la réunion des vingt-sept ministres des affaires étrangères de l’UE, ou par la présence de Joe Biden lui-même, toujours par caméra interposée, à la conférence sur la sécurité de Munich.

Signe moins ostensible mais tout aussi révélateur, les chefs de la diplomatie des Etats-Unis et des « E3 » (France, Allemagne, Royaume-Uni) ont tenu deux réunions virtuelles en février, principalement sur le dossier iranien. Le communiqué final de la deuxième réunion, le 18 février, précise que les ministres agiront « en étroite concertation » face aux « défis globaux posés par la Chine ». « Etroite concertation » : l’expression a remplacé le rituel « agiront en commun », en vertu duquel les Américains décident et les Européens obtempèrent.

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