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une situation « tendue et inquiétante », mais très hétérogène, selon Olivier Véran

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Près de 21 000 nouveaux cas par jour en moyenne, une pression accrue en réanimation, des variants plus contagieux du virus qui sont devenus « la norme » en France… C’est une « situation tendue et inquiétante » qu’a décrite le ministre de la santé, Olivier Véran, jeudi 11 mars, lors d’une conférence de presse hebdomadaire sur l’épidémie de Covid-19. Sans annoncer de nouvelles restrictions, il a rappelé que, « si l’épidémie se poursuit à ce niveau et à ce rythme (…), alors nous prendrions toutes les mesures nécessaires » pour freiner les contaminations – comme de nouveaux confinements, au coût économique et social important.

Sur toute la France, 3 992 malades étaient en réanimation jeudi (soit 74 de plus que la veille), selon les autorités sanitaires. Le rythme des admissions s’est nettement accéléré depuis la mi-janvier. Selon Olivier Véran, « la pression sanitaire atteint désormais des niveaux similaires à ceux constatés lorsque nous approchions du pic de la deuxième vague » à l’automne, au cours duquel 4 900 patients étaient comptabilisés en réanimation. Ces services sont actuellement occupés à 80 % et la pression « devrait encore s’accentuer », selon le ministre.

Par ailleurs, 265 nouveaux décès sont imputés au coronavirus au cours des dernières vingt-quatre heures, ce qui porte le total à 89 830 depuis le début de l’épidémie.

S’agissant de la vaccination, plus de 4,5 millions de personnes en France ont reçu une première injection et plus de 2,65 millions de personnes ont reçu les deux doses du vaccin. 286 000 personnes supplémentaires ont été vaccinées entre mercredi et jeudi, un « record » depuis le début des vaccinations, selon M. Véran.

  • Une situation « préoccupante » dans trois régions

La situation sur le front de l’épidémie de Covid-19 est « très hétérogène » d’une région et d’un département à l’autre, et trois régions continuent de concentrer les inquiétudes (Hauts-de-France, Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur), selon le ministre de la santé, qui préconise, « plus que jamais », une approche « régionalisée ».

« La situation en Ile-de-France nous préoccupe tout particulièrement », a ajouté M. Véran, évoquant la circulation « élevée » du virus, avec 350 cas pour 100 000 habitants en moyenne chaque semaine, et même plus de 400 dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, contre environ 220 au niveau national. « Notre inquiétude se porte particulièrement sur les réanimations, qui font face à une très forte augmentation du nombre de patients Covid », a-t-il poursuivi. « Ce soir, 1 080 patients y sont pris en charge : presque le pic de la deuxième vague. Si le rythme continue à être le même, nous dépasserons 1 500 à la fin du mois de mars, ce qui correspond à un seuil critique pour les hôpitaux de cette région. »

Les autorités sanitaires se préparent ainsi à transférer « des dizaines, voire des centaines » de patients atteints de Covid-19 de la région parisienne vers d’autres régions. Ces transferts « pourraient avoir lieu dès cette fin de semaine », a précisé le ministre. Mardi déjà, l’agence régionale de la santé (ARS) d’Ile-de-France avait donné l’« ordre ferme » aux hôpitaux et cliniques de déprogrammer 40 % de leurs activités médicales et chirurgicales les moins urgentes pour augmenter les capacités d’accueil. « Nous irons encore plus loin en termes de déprogrammation si la situation devait l’imposer », a assuré M. Véran.

  • « Pas lieu de suspendre » la vaccination par AstraZeneca

Le ministre de la santé a jugé qu’il n’y avait « pas lieu », à l’heure actuelle, de suspendre en France l’utilisation du vaccin développé par AstraZeneca contre le Covid-19, contrairement à ce que trois pays nordiques ont décidé jeudi par précaution, le temps de statuer sur d’éventuels effets indésirables, notamment la formation de caillots sanguins. Ce risque n’est statistiquement pas plus fort chez les patients vaccinés avec AstraZeneca que chez les autres, a souligné M. Véran. C’est aussi ce qu’a estimé l’Agence européenne des médicaments, qui a conseillé de poursuivre les injections.

« Les investigations sont en cours en France et à l’étranger. L’Angleterre, qui a vacciné des millions de personnes avec le vaccin d’AstraZeneca, enjoint à poursuivre la campagne et n’a pas [observé] à très large échelle de surrisque d’effet indésirable grave », a expliqué M. Véran, qui avait auparavant demandé l’avis de l’Agence nationale du médicament. « Sur 5 millions d’Européens [vaccinés avec AstraZeneca], 30 personnes ont présenté des troubles de la coagulation », a-t-il poursuivi, en soulignant que cela ne constituait pas de « surrisque statistique » par rapport à des gens non vaccinés.

Pour autant, « chaque dossier est analysé » pour déterminer s’il existe « un lien de causalité avec la vaccination », a-t-il ajouté. « Si la situation devait évoluer, nous prendrions des décisions, mais à ce stade, il n’y a pas lieu de suspendre la vaccination. »

  • Des conditions de voyage assouplies pour sept pays hors UE, dont le Royaume-Uni

Les restrictions pour les voyageurs en provenance et en direction de la France s’assouplissent légèrement. Paris a annoncé, jeudi, l’assouplissement des voyages concernant sept pays hors Union européenne, dont le Royaume-Uni. Pour ces pays, l’obligation d’un « motif impérieux » est abolie, compte tenu de la circulation déjà très forte du variant britannique du SARS-CoV-2.

A partir de vendredi, « il ne sera plus nécessaire de justifier d’un motif impérieux pour les déplacements en provenance ou vers l’Australie, la Corée du Sud, Israël, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et Singapour, du fait de la diffusion très large du variant britannique en France et de la situation sanitaire spécifique de ces pays », a fait savoir le ministère des affaires étrangères français. Les autres restrictions restent en vigueur, dont la présentation d’un test PCR négatif de moins de soixante-douze heures avant le départ, précise le ministère, tout en affirmant qu’il reste « fortement conseillé de limiter au maximum les déplacements internationaux ».

Par ailleurs, la France a ajouté l’ensemble des relations familiales et de nouvelles situations particulières à la « liste des motifs impérieux et personnels ». Sont désormais inclus les couples mariés et pacsés mais dont l’un des membres est établi à l’étranger, les mineurs scolarisés en France alors que le foyer familial est à l’étranger et les parents séparés avec enfants vivant l’un en France, l’autre à l’étranger. Les étudiants en situation de passer un concours font aussi partie de la liste, ainsi que les retours vers la résidence principale lorsqu’elle est établie en France.

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Le Monde avec AFP



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Nakodal

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