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une vingtaine de manifestants tués, la junte déclare la loi martiale dans deux communes de Rangoun

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Des manifestants dénoncent le coup d’Etat militaire à Rangoun, le dimanche 14 mars 2021.

La répression franchit une nouvelle étape en Birmanie. La junte au pouvoir dans le pays a imposé la loi martiale dans deux communes de l’agglomération de Rangoun, capitale économique du pays, a annoncé la télévision d’Etat, dimanche 14 mars.

La junte donne « le pouvoir administratif et judiciaire de la loi martiale au commandant régional de Rangoun afin qu’il l’exerce [dans la commune de Hlaing Tharyar et celle de Shwepyitha] (…) afin d’assurer la sécurité, de maintenir l’Etat de droit et la tranquillité plus efficacement », a déclaré un présentateur du journal télévisé.

Cette annonce a été faite au terme d’une des journées les plus meurtrières depuis le coup d’Etat militaire du 1er février. Au moins 18 personnes ont été tuées lors des manifestations, qui continuent de mobiliser malgré le nombre croissant de morts parmi les opposants à la junte.

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Scènes de chaos

Des manifestants à Rangoun, le dimanche 14 mars 2021.

Dimanche, des sit-in ont été organisés à Rangoun, la capitale économique, des marches se sont déroulées à Dawei (Sud) et des fonctionnaires ont brandi le portrait de Mme Suu Kyi lors d’un rassemblement à Monywa (centre). Dans la commune de Hlaing Tharyar, des policiers et des soldats ont affronté des manifestants armés de bâtons et de couteaux, qui se cachaient derrière des barricades de fortune et ont fui après que les forces de sécurité ont ouvert le feu.

« Je peux confirmer que quinze sont morts », a déclaré une femme médecin à l’Agence France-Presse, ajoutant qu’elle avait traité une cinquantaine de personnes blessées et qu’elle s’attendait à ce que le nombre de morts augmente. Selon le groupe de surveillance de l’Association d’assistance aux prisonniers politiques, qui vérifie les arrestations et les décès depuis le coup d’Etat, le bilan serait plus élevé.

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Dans le quartier de Tamwe, à Rangoun, le journal du soir a confirmé un autre décès, déclarant que des centaines de manifestants avaient tenté d’incendier un poste de police, avant que les autorités n’ouvrent le feu pour les disperser.

Des scènes de chaos similaires se sont déroulées tout au long de la journée dans d’autres régions du pays, avec une personne tuée par balle dans la ville de Hpakant, dans le nord de la Birmanie, et une femme tuée d’une balle dans la tête à Mandalay, la deuxième ville du pays.

« Il faut que le soulèvement l’emporte »

Ces manifestations ont eu lieu au lendemain d’un vibrant appel à la résistance contre cette « dictature injuste » lancé par un dirigeant de l’opposition, Mahn Win Khaing Than.

« Il faut que le soulèvement l’emporte », a déclaré M. Than dans une vidéo publiée samedi soir sur la page Facebook du CRPH, le comité pour représenter le Pyidaungsu Hluttaw – l’Assemblée de l’Union, organe législatif birman –, un parlement fantôme constitué par d’ex-députés élus passés à la clandestinité, pour la plupart. « C’est le moment le plus sombre de la nation et la lumière de l’aube est proche », poursuivait Mahn Win Khaing Than, un ancien président du Parlement qui a été désigné par le CRPH la semaine dernière comme vice-président par intérim et dirige à ce titre le gouvernement d’union, selon le comité.

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Depuis la prise du pouvoir par une junte militaire, des manifestations se poursuivent quotidiennement pour réclamer le retour de la démocratie et la libération d’Aung San Suu Kyi. Elles sont durement réprimées par les forces de l’ordre, avec des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc mais également des balles réelles. La répression a fait plus de 80 morts, estime un groupe local qui comptabilise les victimes.

Le Monde avec AFP



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