Justice

8 films pour prendre la route

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Peter Fonda, dans « Easy Rider » (1969).

LA LISTE DE LA MATINALE

Déplacements au-delà d’un rayon de dix kilomètres interdits, couvre-feu à 19 heures… Les mesures sanitaires nous isolent, restreignent les horizons. Pour s’évader, il ne reste plus que le cinéma et ses road-movies, qui font défiler les kilomètres et favorisent les rencontres.

Partons donc en voiture pour la Toscane en compagnie de Vittorio Gassman et de Jean-Louis Trintignant, descendons vers le Sud avec quatre sacrés lascars, offrons-nous une traversée des Etats-Unis à moto, prenons des allers simples en direction de Paris, depuis Dakar ou bien l’Allemagne.

« Le Fanfaron » (1962) : odyssée triviale de Rome à Livourne

Dans Rome désert, un 15 août caniculaire, Bruno, un inconnu hâbleur, mégalomane et dragueur (génial Vittorio Gassman) entraîne Roberto (Jean-Louis Trintignant), un étudiant timide rencontré par hasard, dans une virée improvisée en voiture. Le voyage les conduira, en quelques heures, dans divers endroits, des trattorias familiales sur la Via Aurelia aux dancings et aux plages bondées de la côte toscane, en passant par la maison de famille du jeune homme et par celle de l’ex-épouse de son compagnon de voyage.

Si l’indécision quant à la dimension comique de ce qui est montré ou l’addition de moments au terme desquels il est devenu impossible de rire sont autant de définitions de la comédie à l’italienne, alors on peut aisément comprendre en quoi Le Fanfaron, que Dino Risi réalise en 1962, constitue un des modèles fondateurs du genre.

Inspiré, d’après le cinéaste, par un personnage réel – un ami avocat exubérant qui l’aurait emmené dans des tournées automobiles interminables à la recherche d’hypothétiques restaurants et de dîners fins chez le prince du Lichtenstein –, le film radiographie l’Italie du miracle économique et, déjà, la dimension mortifère et nihiliste des transformations de la société transalpine d’alors.

Bruno entraîne Roberto dans une odyssée triviale, qui condensera toutes les qualités à la fois : celle du désenchantement, d’un réveil de la conscience, d’un retour vers un passé brutalement perçu comme un souvenir fantasmé – « Chacun de nous a une fausse image de l’enfance », constatera Roberto – et, enfin, d’une rencontre avec le destin. Jean-François Rauger

« Le Fanfaron », film italien de Dino Risi. Avec Jean-Louis Trintignant, Vittorio Gassman, Catherine Spaack. (1 h 45). Sur LaCinetek, FilmoTV.

« Easy Rider » (1969) : des hommes et des choppers

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Nakodal

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