Justice

Au Brésil, Lula recouvre ses droits politiques et la gauche rêve de victoire contre Bolsonaro en 2022

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Des partisans de Lula manifestent contre Jair Bolsonaro, le 8 mars à Brasilia.

Un coup de tonnerre dans un ciel politique déjà chargé. C’est ainsi qu’a été accueillie au Brésil, lundi 8 mars, la décision d’un juge du Tribunal suprême fédéral (STF), annulant toutes les condamnations en justice pesant sur l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva. Rétabli dans ses droits politiques, ce dernier peut désormais se porter candidat à l’élection présidentielle de 2022 face à Jair Bolsonaro.

L’annonce marque un tournant dans un cycle judiciaire de sept ans, qui a vu le leader historique de la gauche brésilienne condamné à plusieurs reprises pour corruption et forcé de passer cinq cent quatre-vingts jours en prison entre avril 2018 et novembre 2019. La décision du juge du STF « est la reconnaissance que nous avons toujours eu raison dans cette longue bataille juridique », s’est réjoui Lula sur les réseaux sociaux.

L’annonce a immédiatement été saluée avec enthousiasme par une gauche sonnée par la victoire de Bolsonaro en 2018, humiliée par les déboires de Lula et la destitution en 2016 de l’ex-présidente Dilma Rousseff. « C’est un jour très important pour le peuple et pour la démocratie. Sans aucun doute, l’histoire du Brésil va très bientôt changer ! », confie au Monde le sénateur Humberto Costa, du Parti des travailleurs (PT), fondé par Lula.

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Soutenu au-delà du Brésil

L’ancien métallo a pu également compter ses soutiens au-delà du Brésil. Il a reçu lundi les félicitations de la gauche latino-américaine, depuis le chef de l’Etat argentin, Alberto Fernandez, jusqu’aux ex-présidents bolivien Evo Morales ou uruguayen José Mujica. « Tellement heureuse ! Justice est faite pour Lula », s’est également empressée de tweeter la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Dans le détail, le juge Edson Fachin a annulé quatre condamnations, portant sur de présumés pots-de-vin immobiliers et dons supposément frauduleux, versés par des entreprises du BTP, mis au jour dans le cadre de la célèbre opération anticorruption « Lava Jato ». Pour toutes ces affaires, Lula a été condamné, en première ou deuxième instance, à des peines allant jusqu’à douze ans de prison.

Pour autant, l’ancien président n’est ni innocenté ni blanchi. La décision du juge du STF est d’ordre technique et judiciaire : Edson Fachin a en effet estimé que le tribunal de Curitiba (sud), qui avait condamné Lula dans les quatre procès, n’était « pas compétent » à l’époque des faits pour juger ces affaires, qui auraient dû se retrouver entre les mains de juges de la capitale, Brasilia.

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