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Avec « Voyage sur la route du Kisokaido », le Musée Cernuschi propose un périple en 150 estampes, de Tokyo à Kyoto

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Vue de l’exposition « Voyage sur la route du Kisokaido. De Hiroshige à Kuniyoshi », au Musée Cernuschi, à Paris.

Au Japon, cinq routes relient Tokyo (ancienne Edo) à Kyoto, distantes d’environ 500 kilomètres, dont deux – celle dite du Tokaido, longeant la côte, et celle dite du Kisokaido, passant par les montagnes – sont célèbres pour avoir été des parcours de pèlerinage. A l’époque Edo (1603-1868), les daimyos (seigneurs) les empruntaient avec leur cour tous les deux ans pour se rendre du siège du shogun (chef militaire) à celui de l’empereur.

Elles sont toujours des passages obligés pour les touristes, les deux artères offrant des points de vue magnifiques sur les paysages de l’archipel nippon. L’une comme l’autre ont également inspiré les artistes, qui ont relaté, à travers des séries d’estampes, le quotidien de ceux qui, à pied, à dos de cheval ou sur chaise à porteur, faisaient halte dans les différents relais jalonnant les parcours. Si aujourd’hui, grâce au train à grande vitesse, le trajet s’effectue en quelques heures, au XIXe siècle, le périple durait deux semaines.

En 2019, le Musée Guimet, à Paris, avait présenté la magnifique série réalisée sur la route du Tokaido par Utagawa Hiroshige (1797-1858). Le Musée Cernuschi, également spécialisé dans les arts asiatiques, poursuit aujourd’hui la découverte en s’attachant à l’autre route, plus longue et pittoresque, jalonnée de 69 haltes et passant par des cols escarpés. Intitulée « Voyage sur la route du Kisokaido », l’exposition, présentée dans l’hôtel particulier du 8arrondissement, réunit des estampes racontant ce pèlerinage, signées d’Hiroshige et de son collègue Keisai Eisen (1790-1848).

Lire l’archive de 2019 : Au Musée Guimet, les carnets de voyage d’Utagawa Hiroshige

Comme les œuvres présentées à Guimet, elles sont issues de la collection particulière de Georges Leskowicz, industriel passionné par les estampes, qui en détient un formidable fonds. Essentiellement des premiers tirages, très bien conservés, aux dégradés de couleurs remarquables. On y voit les paysages évoluer en fonction du temps et des saisons, les personnages, souvent minuscules comparés aux montagnes majestueuses qui les entourent, croqués dans leur marche ou leurs moments de pause, occupés à la cuisson d’un repas, à boire le thé, à jouer avec les enfants.

Scène du folklore ou de la littérature japonaise

Hiroshige comme Eisen réussissent à nous faire partager les bonheurs et les tourments des compagnons de route, éprouver le crissement des pas dans la neige, le tambourinement de la pluie sur une cape, l’éblouissement d’un lever de soleil derrière le mont Fuji.

Sur un écran vidéo, huit estampes sont mises en regard avec des photographies prises des mêmes lieux à l’époque Meiji (1868-1912) – où l’on découvre, sur des tirages albuminés rehaussés à l’aquarelle, de vrais promeneurs sur les mêmes chemins – et aujourd’hui. Parfois, il ne reste que la borne indiquant le point d’étape ; certains endroits, comme à l’écart du temps, n’ont en revanche quasiment pas changé.

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