Justice

« Complément d’enquête », sur France 2, se penche sur « les escrocs du Covid » et les dessous du « quoi qu’il en coûte »

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Parmi les dysfonctionnements du « quoi qu’il en coûte », des patrons ont pu reprendre leur société en dépôt de bilan, grâce à une ordonnance adoptée le 20 mai 2020 par le gouvernement.

FRANCE 2 – JEUDI 8 AVRIL À 23 HEURES – MAGAZINE

« Quoi qu’il en coûte. » Tel est, depuis un an, le mantra d’Emmanuel Macron, lancé le 12 mars 2020 en annonçant martialement le premier confinement et les mesures d’accompagnement « pour protéger nos salariés et nos entreprises ». Alors que la France subit un troisième confinement, Delphine Lopez et Xavier Deleu se sont penchés, pour le magazine « Complément d’enquête », sur le coût des dispositifs mis en place.

Lire aussi : L’impossible pari du « quoi qu’il en coûte » dans une crise du Covid-19 qui se prolonge

En 2020, l’Etat a versé 23,4 milliards d’euros d’allocations d’activité partielle, qui devaient permettre d’éviter les licenciements. C’est un peu moins que le budget du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Au fil des témoignages d’inspecteurs du travail recueillis dans le documentaire, on découvre l’étendue d’une fraude qu’ils n’ont pu que constater, impuissants.

Certaines entreprises ont profité de l’effarante simplicité de la procédure

Certaines entreprises ont profité de l’effarante simplicité de la procédure – aucun justificatif n’était demandé et il suffisait d’entrer en ligne un numéro de Siret, des coordonnées de contact et un numéro de compte bancaire – pour se faire octroyer des allocations alors qu’elles étaient purement et simplement radiées du registre du commerce ou qu’elles ne comptaient pas de salariés.

Un filon que des réseaux plus organisés se sont empressés d’exploiter. Plusieurs dizaines de millions d’euros se sont ainsi volatilisés. « Le gouvernement a-t-il péché par naïveté ?, s’interroge Delphine Lopez. Ou considère-t-il la fraude comme une perte acceptable pour l’économie ? » En septembre 2020, l’Etat a fini par durcir les règles.

« Effets d’aubaine »

Autre dysfonctionnement : des patrons ont pu reprendre leur société en dépôt de bilan, grâce à une ordonnance adoptée le 20 mai 2020 par le gouvernement, contraire au code du commerce, mais visant, encore une fois, à sauver les emplois. « C’est la porte ouverte aux effets d’aubaine », s’agace Eric Feldmann, le président du tribunal de commerce de Lille.

Ainsi Pierre Mestre, le PDG et premier actionnaire d’Orchestra, enseigne d’articles de puériculture et de vêtements pour enfants, a-t-il pu racheter sa société, placée en redressement judiciaire le 29 avril 2020 après avoir fermé 50 magasins et licencié 300 salariés. Quelque 650 millions d’euros de dettes ont été suspendus par le tribunal, dont 23 millions dus au Trésor public. Un fournisseur qui n’a pu être réglé explique avoir licencié dix personnes.

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« Le chef d’entreprise apure ses dettes de façon très confortable, fait prendre en charge les salaires par l’Unédic, fait un plan social dans la reprise et ça ne lui coûte rien ! », résume la député socialiste Laurence Dumont, qui a dénoncé dans l’hémicycle, en octobre 2020, les effets pervers de cette ordonnance. Le gouvernement n’a pas reconduit le dispositif, mais le ministère du travail n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes.

Quoi qu’il en coûte ? Enquête sur les escrocs du Covid, de Delphine Lopez et Xavier Deleu pour Cat & Cie (Fr., 2021, 52 min). Dans le cadre du magazine « Complément d’enquête ». Disponible en replay sur France 2.





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