Justice

Des jumeaux monozygotes dans le box des accusés, trois tentatives d’assassinat, un seul ADN

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Sur le papier, l’affaire jugée depuis lundi 8 mars devant la cour d’assises du Val-d’Oise à Pontoise, présidée par Marc Trévidic, est à la fois grave et simple. Trois hommes blessés par balles en pleine rue, entre août et septembre 2017, dans le quartier Saint-Christophe de Cergy, sur fond de règlements de comptes entre bandes pour du trafic de stupéfiants ou des rivalités liées à l’argent du football, on ne sait pas trop. Des agresseurs au nombre de quatre, dont deux frères, parmi lesquels un tireur cagoulé, désignés par leurs victimes.

Quelques jours plus tard, lors d’une course-poursuite avec la police, Mohamed T. était interpellé. Il était porteur d’une sacoche contenant un pistolet automatique et son chargeur garni de six cartouches de calibre 9 millimètres, un revolver Smith & Wesson et ses cartouches de 357 Magnum, deux paires de gants et 1 300 euros en petites coupures. Les étuis percutés retrouvés dans la rue correspondent aux balles et aux armes en sa possession. De l’ADN est formellement identifié sur l’une d’entre elles et à l’intérieur d’un gant. Mohamed T. est, en outre, selon la formule, « défavorablement connu des services de police », alternant depuis sa majorité les séjours en prison pour vols, vols aggravés, détention et trafic de stupéfiants.

Gêne des policiers

C’est après que ça se complique. Au banc des parties civiles, une seule victime est présente, les deux autres se sont rétractées et ont retiré leur plainte. Dans le box des accusés, Mohamed et Djibril T. sont poursuivis comme auteurs des trois tentatives d’assassinat.

Mohamed et Djibril T. sont nés à Pontoise le 7 avril 1996 d’un père ivoirien et d’une mère originaire du Mali. A la naissance, ils étaient trois. Leur frère est décédé à l’âge de quelques mois. Les jumeaux ont grandi, unis dans les échecs scolaires comme dans la dérive délinquante. Leur ressemblance est si forte que dans le fichier Canonge de la police, Mohamed T. est identifié sous une photo de son frère Djibril. Leurs avocats, Mes Sarah Mauger-Poliak et Frank Berton, engrangent avec gourmandise la gêne des policiers cités à la barre des témoins, en demandant à leurs clients de retirer leurs masques. Même stature, même coupe de cheveux ras, mêmes traits, même survêtement noir à bande orange floqué de l’insigne de l’équipe de football des Pays-Bas.

Mohamed et Djibril T. sont monozygotes. Ils partagent le même ADN. A qui appartient celui qui a été trouvé sur l’arme ? L’un et l’autre encourent la réclusion criminelle à perpétuité.



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Nakodal

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