Justice

des terroristes isolés, sans affiliation et indétectables

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Analyse. L’enquête sur Jamel G., l’auteur de l’attaque au couteau dans le commissariat de Rambouillet (Yvelines) qui a coûté la vie à Stéphanie Monfermé, vendredi 23 avril, est loin d’être terminée, mais ce que l’on sait déjà de son profil et de son parcours permet de tirer quelques enseignements. L’assaillant offre, en effet, de singulières similitudes avec les auteurs des actes de terrorisme d’inspiration islamiste commis en France ces derniers mois.

Depuis le 1er janvier 2020, soit depuis près d’un an et demi, tous les attentats ont été commis à l’arme blanche par des individus isolés, vivant en France depuis plus ou moins récemment mais d’origine étrangère, et sans lien organisationnel avec la mouvance djihadiste. La France est confrontée à un terrorisme endogène et non projeté depuis un pays étranger – notamment la Syrie –, comme ce fut le cas au plus haut de la vague récente d’attentats, de 2015 à 2017. Un terrorisme « low cost », qui se pratique avec des armes rudimentaires, des couteaux, que l’on trouve dans la vie courante.

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Ce type d’attentats est loin d’être nouveau. Le tout premier commis contre des policiers, en décembre 2014 à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), recourait au même mode opératoire, à la différence que l’auteur semblait dans une relation d’allégeance à l’organisation Etat islamique (EI), dont il possédait un drapeau. La nouveauté tient dans le fait que ce terrorisme-là est devenu dominant, voire hégémonique.

Attaques moins létales

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les services de renseignement, de police et de justice chargés de la lutte antiterroriste. Une bonne nouvelle, parce que l’absence d’armes à feu et d’explosifs rend ces attaques beaucoup moins létales. La menace constituée par des groupes djihadistes puissants et structurés comme l’EI et Al-Qaida semble en net recul. Un recul qui s’explique par la chute du « califat » de l’EI, à cheval sur la Syrie et l’Irak, en 2019. Or ces groupes aguerris ont une capacité à proposer une logistique, des financements, une expertise, des mots d’ordre et des cibles qui font aujourd’hui défaut à la mouvance djihadiste. Surtout, ces organisations éminemment politiques ne sont plus là pour structurer et profiter, en la revendiquant, d’une violence destinée à affaiblir l’Etat et à faire craquer la cohésion des sociétés visées.

La mauvaise nouvelle portée par l’attaque de Rambouillet, c’est la persistance d’un haut niveau de terrorisme « résiduel », malgré l’absence de moteur idéologique que constituent les groupes djihadistes. Ce terrorisme est d’autant plus destructeur qu’il est endogène – il remet en cause le vivre-ensemble de la société, dont sont issus ses auteurs. A fortiori quand ces auteurs sont des immigrés de fraîche date : réfugié politique dans le cas du tueur soudanais de Romans-sur-Isère (Drôme, deux morts, cinq blessés en avril 2020) ; demandeur d’asile pour l’assaillant pakistanais de la rue Nicolas-Appert à Paris (deux blessés en septembre 2020) ; fils de réfugiés tchétchènes pour Abdoullakh Anzorov, l’assassin de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines, octobre 2020) ; immigré clandestin tunisien pour le terroriste de la cathédrale de Nice (trois morts, novembre 2020) ; et enfin étranger – tunisien – en situation régulière pour Jamel G., l’auteur de l’attentat de Rambouillet.

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Nakodal

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