International

Edouard Balladur et François Léotard enfin fixés sur leur sort

0


Photo montage des deux accusés du procès de « l’affaire de Karachi » : Edouard Balladur et François Léotard.

L’un nourrissait de grandes espérances, l’autre n’attendait rien de la Cour de justice de la République (CJR). De ce point de vue, la décision rendue, jeudi 4 mars, par cette juridiction habilitée à juger les anciens ministres, n’a pas déçu, c’est peu dire, Yves de Belloy, l’un des avocats d’Edouard Balladur. L’ancien premier ministre, 91 ans, absent à l’audience, a été relaxé de tous les chefs d’accusation portés contre lui : complicité et recel d’abus de biens ou du crédit de deux sociétés publiques. La justice « reconnaît enfin mon innocence », a-t-il réagi dans un communiqué, ajoutant : « Je déplore qu’il ait fallu un quart de siècle de calomnies intéressées et organisées pour en arriver là. »

En résumé, il n’est pour rien dans le système de rétrocommissions abusif mis en place à l’occasion de marchés d’armement passés entre la France et le Pakistan ou l’Arabie saoudite au mitan des années 1990. De plus, la traçabilité des 10 millions de francs venus opportunément combler le déficit de ses comptes de la campagne présidentielle malheureuse de 1995, issus en théorie de ces rétrocommissions, n’est pas établie, a estimé la Cour. Olivier Morice, l’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, commis en 2002 au Pakistan, qui « n’attendait rien » donc de la CJR, a, lui, demandé devant la presse la suppression pure et simple de cette institution. Il l’estime trop clémente, sans pour autant accabler M. Balladur d’une responsabilité quelconque dans l’attentat. « On n’a jamais dit ça ! », assure-t-il.

Lire aussi Comprendre l’affaire de Karachi en 6 épisodes

« J’ai honte pour la justice française »

Le plus furieux d’entre tous est bien entendu François Léotard, 78 ans, absent lui aussi, et déclaré coupable des chefs d’accusation dont M. Balladur a été lavé. L’ancien ministre de la défense est condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende, suivant les réquisitions du parquet. Il a aussitôt exprimé sa colère dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse : « J’ai honte pour la justice française et ses dérives dangereuses. Je défendrai toujours la liberté de la décision politique ». M. Léotard, qui ne peut légalement faire appel de la décision de la CJR, a aussitôt annoncé son pourvoi en cassation.

Son cas a été assez vite réglé. Selon la Cour, il est établi que M. Léotard, auprès duquel Ziad Takieddine, une vieille connaissance, s’est manifesté en mai 1993 pour jouer le rôle d’intermédiaire dans les marchés d’armement, a introduit ce dernier et ses deux acolytes du « réseau K » auprès de son proche conseiller au ministère, Renaud Donnedieu de Vabres. Qu’il a placé à la tête de la Sofresa, la Société française d’exportation de systèmes d’armement, un homme de confiance, décédé en 2011, Jacques Douffiagues. « Je lui fais une confiance post-mortem », avait-il déclaré à l’audience. Pourtant, celui-ci a passé des contrats de « consultants » exorbitants avec le réseau K, dont l’utilité n’a jamais été démontrée. Non content d’alourdir inutilement la charge pour la Direction des constructions navales (DCNI), il y a ajouté des avenants tout aussi ruineux : accélération du paiement pour les intermédiaires et augmentation de leur pourcentage.

Il vous reste 48.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Nakodal

Le procès lourd de symboles de Derek Chauvin, le policier accusé du meurtre de George Floyd

Previous article

face à une « lente marée qui monte » le gouvernement parie essentiellement sur la vaccination

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.