International

En baissant les impôts sur les entreprises, la France à contretemps

0


Le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire, à Paris, en octobre 2020.

En termes de timing, on pouvait difficilement faire pire. Alors qu’en France l’exécutif a arraché à sa majorité une baisse de 10 milliards d’euros d’impôts sur les entreprises fin 2020, voilà que les Etats-Unis et le Royaume-Uni prennent le chemin inverse. Et qu’un consensus international se dessine pour mettre un terme à des décennies de compétition fiscale.

La France, qui en 1981 portait au pouvoir un président socialiste quand le monde anglo-saxon s’engageait dans un vaste mouvement de libéralisation de l’économie, serait-elle à nouveau à contretemps ?

Contre toute attente, le Covid-19 a remis les hausses d’impôts à la mode. Ces dernières semaines, la nouvelle administration américaine a confirmé son intention de relever d’un tiers – de 21 % à 28 % – le taux de l’impôt sur les sociétés afin de financer son gigantesque plan d’investissement de 2 000 milliards de dollars (1 680 milliards d’euros) dans les infrastructures. Mieux : elle soutient désormais la mise en place d’une imposition minimale sur les sociétés à l’échelle mondiale. Objectif : « Mettre fin à la course vers l’impôt zéro. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Impôts des multinationales : un aggiornamento fiscal se prépare

De son côté, bravant un électorat plutôt hostile à la taxation sur les entreprises, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a renoncé à faire de son pays un havre fiscal et a présenté au pays, en mars, une amère potion. Lui qui avait promis de ne pas augmenter les prélèvements a annoncé porter l’impôt sur les sociétés de 19 % à 25 % d’ici à 2023, ce qui doit rapporter jusqu’à 20 milliards de livres (23,2 milliards d’euros) par an à l’Etat. Il n’épargne pas les ménages – un gel du barème de l’impôt sur le revenu est aussi prévu.

« Reconquête industrielle »

Ce mouvement à la hausse, qui trouve pour partie sa source dans l’explosion de la dépense publique provoquée par la crise liée au Covid-19, fera-t-il des émules ? Rien n’est moins sûr. « La grande différence avec les Etats-Unis et l’Angleterre, c’est qu’ils ont massivement vacciné [leur population] et voient leur économie repartir alors que la France est toujours dans le “quoi qu’il en coûte” », décrypte Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP.

Surtout, la France est encore engagée dans une trajectoire de baisse des prélèvements héritée de la campagne présidentielle de 2017, qui devait lui permettre de s’aligner sur les grands Etats occidentaux. Ces trois dernières années, Emmanuel Macron a orchestré la décrue progressive du taux de l’impôt sur les sociétés – alors l’un des plus élevés au monde – de 33 % à 25 % à l’horizon 2022. A cette promesse est venue s’ajouter, fin 2020, la suppression d’une partie des « impôts de production », ces taxes très critiquées par les entreprises parce qu’elles pèsent sur leur chiffre d’affaires, leur foncier ou leur valeur ajoutée. Un geste à 10 milliards d’euros par an présenté dans le plan de relance comme l’arme de la « reconquête industrielle » en pleine crise sanitaire.

Il vous reste 55.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Nakodal

des crédits moins chers et plus accessibles

Previous article

Boris Johnson condamne une nouvelle nuit de violences en Irlande du Nord

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *