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En Chine, le Parlement approuve une réforme électorale pour Hongkong

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Xi Jinping au milieu des parlementaires chinois, le 11 mars 2021, à Pékin.

Il n’y a pas eu de surprise. Le parlement chinois a approuvé, jeudi 11 mars, une réforme du système électoral à Hongkong, laquelle devrait donner au pouvoir un droit de veto sur les candidats de l’opposition prodémocratie aux élections législatives.

Ignorant les avertissements des capitales occidentales, les quelque 3 000 députés de l’assemblée nationale populaire (ANP) ont approuvé à la quasi-unanimité un « projet de décision sur l’amélioration du système électoral » dans l’ancienne colonie britannique. Une salve d’applaudissements a salué le résultat du vote dans l’immense Palais du peuple, siège du Parlement à Pékin. Aucun député n’a voté contre le texte, et un seul s’est abstenu.

A la suite de l’annonce de la réforme la semaine dernière, Londres mais aussi Washington et Bruxelles avaient mis le régime chinois en garde contre une nouvelle atteinte à l’autonomie de Hongkong et à ce qu’il reste de ses libertés.

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Le projet de modification de la désignation des députés du conseil législatif (Legco, le parlement hongkongais) survient près de un an après l’imposition par Pékin d’une loi sur la sécurité nationale, laquelle s’est traduite par une répression sans précédent des militants de l’opposition dans le territoire autonome. Le régime communiste avait imposé cette loi après les manifestations monstres de 2019 contre l’influence de Pékin à Hongkong. Mais le pouvoir du président Xi Jinping n’avait pas pu empêcher qu’une consultation locale fin 2019 donne une très large victoire aux conseillers de district de l’opposition.

« Attaque directe contre l’autonomie de Hongkong »

A la suite du vote de jeudi, le comité permanent de l’ANP devrait être chargé de rédiger un projet de loi qui sera formellement approuvé par le parlement chinois avant d’être imposé à Hongkong.

Le texte n’a pas été publié, mais un haut responsable de l’ANP a expliqué la semaine dernière qu’il consisterait à accroître le rôle du « comité électoral », un organe soumis à Pékin et qui désigne déjà directement la moitié des députés du conseil législatif. Ce dispositif a permis au pouvoir chinois de s’assurer des majorités favorables depuis la rétrocession de 1997.

La réforme accroîtrait le nombre des députés désignés directement par le comité électoral, lequel se verrait en outre habilité à sélectionner les candidats autorisés à se présenter au volet démocratique du scrutin. Le comité électoral aura pour tâche d’élire « une grande partie des membres du conseil législatif et de participer directement à la nomination de tous les candidats », a déclaré Wang Chen, vice-président du comité permanent de l’ANP.

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L’Union européenne a mis en garde Pékin contre l’adoption de cette réforme, se disant prête à « prendre des mesures » de rétorsion. Les Etats-Unis ont dénoncé « une attaque directe contre l’autonomie » de l’ancienne colonie. Ce projet est « impératif pour maintenir une stabilité durable à Hongkong », a répliqué dimanche Wang Yi, ministre chinois des affaires étrangères.

Carrie Lam salue le projet

Lors de la rétrocession, Pékin avait garanti à Hongkong une certaine autonomie et des libertés inconnues en Chine continentale, et ce jusqu’en 2047. Mais le pouvoir et les médias chinois répètent depuis des semaines qu’une réforme est nécessaire pour faire en sorte que seuls des « patriotes » puissent diriger la métropole financière.

Le terme de patriotisme signifie « aimer l’actuelle République populaire de Chine dirigée par le parti communiste chinois », a précisé mardi Song Ru’an, commissaire adjoint au ministère chinois des affaires étrangères à Hongkong. « Les patriotes doivent respecter le parti communiste chinois », a-t-il ajouté, « nous examinerons si les candidats répondent à ces critères ».

Honnie par l’opposition, la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a salué le projet de réforme et exclu toute consultation de la population à ce sujet. Son conseiller, Bernard Chan, député hongkongais au parlement chinois, a toutefois déclaré lundi à l’Agence France-Presse qu’il « ne serait pas surpris de voir une grande partie de l’opposition être autorisée à revenir » sur les bancs du Legco. « Si l’on n’encourage pas ouvertement le séparatisme, alors on remplit les conditions requises » pour être élu, a-t-il assuré.

En septembre 2020, les élections, qui devaient permettre de renouveler la moitié du Legco ont été annulées, les autorités invoquant la pandémie de Covid-19. Lundi, Mme Lam a laissé entendre qu’un nouveau report des élections, prévues en septembre prochain, était probable en raison des changements voulus par Pékin.

Le Monde avec AFP



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