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En France, la totalité des mesures post-Fukushima ne seront pas mises en œuvre avant 2035

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La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux située sur la commune de Saint-Laurent-Nouan dans le Loir-et-Cher, en avril 2015.

Le 11 mars 2011, lorsqu’un puissant séisme survient au nord-est du Japon, trois des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi fonctionnent à plein régime. Moins d’une heure plus tard, des vagues successives submergent les installations. Bientôt, le site perd la quasi-totalité de ses sources électriques et d’approvisionnement en eau. Dans les jours qui suivent, les cœurs des trois réacteurs entrent en fusion et des bâtiments sont endommagés par des explosions. D’importants rejets radioactifs se dispersent dans l’atmosphère.

En France comme ailleurs, l’accident est un choc. Un scénario jamais envisagé car jugé trop peu probable vient de se produire. « Fukushima nous oblige à imaginer l’inimaginable et à nous y préparer », affirme Jacques Repussard, alors directeur de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Rapidement, les exploitants français évaluent le comportement de leurs installations dans une situation de type Fukushima. Des « stress tests » similaires sont réalisés dans toutes les centrales européennes. Dans la foulée, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) formule, en 2012 et 2014, une série de prescriptions qui doivent être mises en place en trois phases. Il faut d’abord améliorer la robustesse des installations et des modes d’organisation existants pour faire face à des aléas climatiques extrêmes, puis mettre en place un « noyau dur » de dispositions pour prévenir un accident grave et en limiter les conséquences. « Fukushima nous a conduits à réinterroger la doctrine de sûreté en vigueur, explique Sylvie Cadet-Mercier, commissaire de l’ASN. L’idée du “noyau dur” est d’avoir une ligne de défense supplémentaire pour faire face aux agressions extrêmes avec deux objectifs : limiter les rejets radioactifs massifs et éviter les effets durables dans l’environnement. »

Un groupe d’intervention unique au monde

Dès 2011, EDF met sur pied une force d’action rapide du nucléaire (FARN), un groupe d’intervention unique au monde pleinement opérationnel depuis 2015. Composée de 300 personnes et disposant de son propre matériel, elle peut se déployer dans n’importe quelle centrale en moins de vingt-quatre heures. Pour assurer l’alimentation en électricité, chacun des 56 réacteurs du parc est équipé d’un diesel d’ultime secours, capable de résister à des niveaux de séisme, d’inondation ou de tempête très élevés – les deux derniers diesels ont été mis en service en février, avec deux ans de retard. Chaque site devrait aussi disposer, d’ici à la fin 2022, d’une source d’eau « ultime » pérenne. Les ancrages des installations pour résister aux séismes ont été renforcés, tout comme les dispositifs de protection face aux inondations. « Tous ces éléments permettent de tenir trois jours en autonomie complète », explique-t-on chez EDF.

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