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Halte à la banalisation des Institutions ! (Biguine Gueye) – YerimPost

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« Rewmi mo nekh anh rewmi mo nekh souniou rew Sénégal rewmi mo nekh » chantait Fatou Laobé. Littéralement traduit, cette partie de ce beau tube Rewmi de la talentueuse chanteuse peut signifier « ce pays est formidable, notre pays le Sénégal, ce pays est formidable ». Analysé sur ce qui se passe actuellement au Sénégal, cette chanson est tellement d’actualité. Dans notre pays, les libertés ont atteint un seuil jamais soupçonné. Liberté d’expression, liberté de presse, liberté d’opinion, liberté de mouvements…y sont plus qu’une réalité. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour s’y accorder avec nous. Mieux, plus qu’en France, aux États-Unis, au Canada ou en Grande-Bretagne, une énorme proportion de nos compatriotes ne cesse de se défouler sous les formes les plus audacieuses, sur les institutions de la République, particulièrement sur la première d’entre elles. Sans être inquiété. L’article 80 de notre loi fondamentale, quoi que très souvent jeté en pâture, ne s’abat parfois que sur une infime partie des nombreux insulteurs du président de la République. Ce ménagement à outrance de l’article 80 s’est beaucoup manifesté lors de l’affaire dite Sonko/Adji Sarr. L’accusé de la masseuse, actuel chef de l’opposition, donc personnalité d’envergure, a été d’une virulence inouïe à l’endroit de nos institutions. Il a été autant à l’encontre de l’autorité suprême qu’à ceux de l’Assemblée nationale et de notre système judiciaire. L’exécutif incarné par un chef, diabolisé, voit Ousmane Sonko dire à qui veut l’entendre qu’il l’appelle Macky Sall. Tout court, parce qu’il conteste sa légitimité qu’il tient des suffrages du peuple souverain. Pis, l’homme fort du Pastef accuse le président d’avoir ourdi un complot portant sur un viol contre lui. Ceci, après avoir indiqué à plusieurs reprises et sans le moindre élément de preuve, que l’actuel locataire du palais a détourné nos milliards et vassalisé l’État du Sénégal. Sans oublier tous les « scandales » imaginaires construits sur le dos de collaborateurs du chef de l’État. Sur son affaire avec Adji Sarr, le bonhomme tire aveuglément sur le parquet incarné par le magistrat Bassirou Gueye qu’il qualifie de « procureur de Macky Sall ». Il charge les juges Samba Sall et Mamadou Seck, sans oublier le ministre de la justice qu’il déclare énergiquement récuser. En vertu de quoi ? Virtuose de la diversion, démagogue et tordu comme un bracelet, Sonko soumet sa possible disponibilité à aller répondre aux enquêteurs, à la condition d’une levée de son immunité parlementaire. Sa préoccupation actée par l’assemblée nationale, le néo politicien accepte de déférer à la convocation grâce selon lui aux injonctions de son guide et de plusieurs personnalités politiques et de la société civile. Mais il avertit en renouvelant son « manque de confiance » en la justice. Cerné et très lugubre concernant ses intimités avec la masseuse plaignante, il appelle les jeunes à la résistance. Une résistance face à quoi ? Résistance vis-à-vis d’une affaire personnelle à Sonko et privée à lui et Adji Sarr ? Convoqué pour 9h, il quitte son domicile à 9 h moins cinq minutes et opte pour se faire accompagner par une foule d’innocents. Ce qui s’en est suivi est connu de tous. Cet homme que ses avocats ont dit enlevé dans la nuit du 8 au 9 mars était parti qu’émender sa libération auprès du président Macky Sall. Sacrifiant du coup ses militants et souteneurs ainsi que toute cette jeunesse qui le suit. Revenant à l’irrespect envers nos institutions, c’est aussi la tasse de thé de gens comme Guy Marius Sagna, Thiate de y’en a marre, Karim xrum xax ou encore Dame Mbodj, cette grande gueule aux mœurs légères, poids plume du mouvement syndical et nouvelle star des ennemis de la République. Trop de liberté conduit à l’anarchie. Le Sénégal doit se ressaisir. Les porteurs de voix conscients ont le devoir de recadrer des gens de cet acabit tout comme cette partie de la jeunesse qui se fait simplement manipuler. Tout semble permis à l’heure actuelle dans notre pays. Refusons de toucher le fond. Le Sénégal est un modèle de démocratie en Afrique et dans le monde. Nul esprit ne saurait entacher nos acquis séculaires. L’exagération ne profite ni à ses auteurs, ni au peuple tout entier. Le bilan des violentes manifestations de la semaine passée l’a prouvé. Nous saluons la mémoire de nos disparus et leur souhaitons un repos éternel au Paradis. Nous saluons aussi l’initiative hautement républicaine du chef de l’État d’avoir décrété une journée de deuil national en leur mémoire. Toute choses qui font que nous devons rester ce peuple avec le même but et la même foi. C’est cela la Nation, le commun vouloir de vie commune malgré nos divergences. Respectons nos institutions. La liberté d’expression a des limites. Elle est encadrée par les lois et règlements en vigueur dans notre belle République. Sinon comment comprendre ces affiches à travers la capitale où le président est caricaturé à outrance? Dans quel pied voit-on un chef de l’État dessiné de la sorte dans les rues d’une capitale ? Si ceci devait continuer, il devient donc urgent d’organiser les États Généraux de la Citoyenneté. Trop c’est trop. Et un adage Oulof a dit fort pertinemment que lorsqu’on permet à un fou de danser lors d’un concert, il finira par penser que le spectacle lui appartient. Le Sénégal reste un havre de paix qui ne demande que la solidarité de ses fils pour aller de l’avant. Un tel objectif ne saurait être atteint dans la haine, la rancune, l’envie, la méchanceté. Soyons le peuple que nous avons toujours été et qui fait la réputation du pays de Senghor ! Que cesse en conséquence la banalisation des Institutions.

Mamadou Biguine GUEYE





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