Justice

la magistrate Hanène Romdhane prend la tête d’une Miviludes renforcée

0


Marlène Schiappa l’assume : « Le sujet n’était plus porté politiquement. » La ministre déléguée chargée de la citoyenneté auprès du ministre de l’intérieur a fait de l’emprise sectaire l’une de ses préoccupations, et s’apprête à annoncer une série de mesures visant à renforcer la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Celle-ci, qui relevait historiquement de la tutelle de Matignon, est rattachée depuis juillet 2020 au ministère de l’Intérieur et précisément au Comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). Un rattachement lu par beaucoup comme une disparition de fait, alors que la structure était sans pilote depuis le départ de son président, Serge Blisko, en 2018.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Sectes : rattachée au ministère de l’intérieur, la Miviludes reprend vie

Mais la crise sanitaire est passée par là, offrant un boulevard à de nouvelles formes d’emprises sectaires, liées à la santé ou au bien-être. « Il y a eu les grosses sectes, on a l’image de l’ordre du Temple solaire ou des Témoins de Jéhovah. Elles continuent d’exister, mais on est face à de nouveaux groupes sectaires, qui sont liés à la pandémie, on compte 3 000 signalements en 2020, on estime que 140 000 adultes sont concernés », résume Mme Schiappa au Monde. Santé naturelle, crudivorisme et thérapies alternatives ont pris le relais des théories religieuses des sectes des années 1990 et 2000. L’exécutif regarde également de près les mouvements complotistes et survivalistes, en pleine recrudescence.

Un pilotage « plus opérationnel »

Après deux années sans présidence, c’est une magistrate qui pilotera désormais la structure : Hanène Romdhane, docteure en droit public et qui était jusqu’ici directrice des affaires juridiques auprès du Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Autre nouveauté, la création d’un conseil d’orientation « pour accompagner le travail des fonctionnaires avec des experts reconnus », précise Mme Schiappa. Il compte parmi ses personnalités qualifiées le magistrat et ancien député LR Georges Fenech – qui présida la Miviludes de 2008 à 2012 – mais aussi le sociologue Gérald Bronner, la psychiatre Marie-France Hirigoyen, la philosophe Cynthia Fleury-Perkins, le Défenseur des enfants Eric Delemar, ou encore le président de la Ligue contre le cancer, Axel Kahn.

Les effectifs de la structure devraient être augmentés avec le détachement de fonctionnaires venus des ministères de la justice et des finances

Ils siégeront aux côtés de représentants d’associations de lutte contre les sectes comme l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (UNADFI). Des représentants administratifs de l’Education nationale, de la police, de la gendarmerie, de la justice ou du Trésor seront également membres de ce conseil.

Le rattachement de la Miviludes au ministère de l’intérieur doit permettre une meilleure coordination de son action avec celle des forces de l’ordre et un pilotage « plus opérationnel », assure la ministre. Les effectifs de la structure devraient être augmentés avec le détachement de fonctionnaires venus des ministères de la justice et des finances, afin d’assurer un meilleur « traçage des fonds » extorqués par les gourous à leurs adeptes, et qui tendent aujourd’hui à s’internationaliser. La Miviludes devrait également être au plus près des services de renseignements territoriaux et des unités spécialisées de police ou de gendarmerie.

Lire aussi Les sectes aujourd’hui en France, « ça n’est plus seulement l’Eglise de scientologie ou le Temple solaire, mais beaucoup de petits groupes »

La structure prend-elle un tour plus répressif ? Marlène Schiappa s’en défend. Et évoque un budget « jamais vu » d’un million d’euros consacré à des appels à projets associatifs, destinés notamment à mettre en place des programmes de « prévention, de détection, mais aussi de prise en charge » des victimes de dérives sectaires. « Cela doit permettre des actions concrètes », promet-elle, rappelant que « lorsqu’on sort d’une dérive sectaire, souvent, on n’a plus d’argent, plus d’amis, une santé minée. »



Source link

Nakodal

le FMI et le G20 entendent prolonger leurs mesures pour alléger la dette des pays les plus pauvres

Previous article

La musique sénégalaise en deuil, décès du musicien Abdou Diop

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

More in Justice