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L’administration Biden accroît la pression sur le régime de Kaboul

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Les forces de sécurité afghanes arrivent sur les lieux d’un attentat à la voiture piégée dans le district de Khogyani, dans la province de Nangarhar, le 7 février 2021.

Le ton conciliant adopté, depuis janvier, par Washington à l’égard du régime de Kaboul, pouvait laisser croire qu’il entendait rompre avec celui de l’administration Trump qui faisait la part belle aux talibans dans le processus de paix en cours. Il n’en est rien. Le courrier adressé par Antony Blinken, secrétaire d’Etat américain, au chef d’Etat afghan, Ashraf Ghani, jeudi 4 mars, et dévoilé dimanche par la chaîne de télévision Tolo news, a même fait l’effet d’une douche froide.

Dans un style comminatoire, le chef de la diplomatie américaine, assurant s’exprimer au nom du président Joe Biden, indique, de manière quelque peu humiliante, au chef d’un Etat souverain la marche à suivre pour les prochains mois. Tout en soulignant la ferme intention des Etats-Unis de quitter rapidement le sol afghan, M. Blinken ne laisse aucune marge de manœuvre à M. Ghani à qui il semble imputer une grande partie du blocage du dialogue de paix avec les talibans. Lundi 8 mars, les dirigeants afghans ont exprimé leur « inquiétude » face au contenu de cette lettre.

Gouvernement intérimaire

Le secrétaire d’Etat américain annonce tout d’abord qu’en lien avec les pays de la région, une réunion internationale, de niveau ministériel, sera convoquée sous l’égide de l’ONU en présence de la Russie, de la Chine, de l’Iran, du Pakistan, de l’Inde et des Etats-Unis, pour ancrer la paix afghane. Zalmay Khalilzad, l’émissaire américain pour l’Afghanistan, qui négociait déjà pour le compte de l’administration Trump, aurait pris attache auprès de ces pays, afin d’obtenir leur soutien de principe.

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Puis, alors que Kaboul et les insurgés ont toujours refusé une telle perspective, M. Blinken invite les talibans et le régime afghan à convenir des moyens de mettre en place un gouvernement intérimaire ainsi qu’un processus de révision de la Constitution, incluant le droit de vote. Ce double objectif doit, selon lui, être poursuivi en même temps qu’un cessez-le-feu durable. Washington a en outre demandé à Ankara d’accueillir une réunion préparatoire associant les délégations talibanes et de Kaboul, pour relancer des pourparlers interafghans à l’arrêt.

Enfin, inquiet de voir les talibans déclencher leur traditionnelle « offensive de printemps », qui marque la fin de l’hiver et offre une plus grande mobilité aux combattants insurgés, les Etats-Unis disent avoir préparé un plan de « réduction de la violence » sur une période de quatre-vingt-dix jours, ce qui correspond au temps nécessaire aux troupes américaines et étrangères pour quitter le pays. Le président Ghani est prié, quant à lui, en termes assez peu protocolaires, de cesser de faire cavalier seul et de constituer un front uni avec trois autres figures politiques afghanes, l’ancien président Hamid Karzaï, le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, Abdullah Abdullah, et l’ancien chef de guerre Rasul Sayyaf.

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