Justice

L’affaire Bygmalion, brasier des rivalités entre Sarkozy et Copé

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Par Fabrice Lhomme et Gérard Davet

Publié aujourd’hui à 13h07, mis à jour à 13h38

L’entretien tire à sa fin, après une heure d’une discussion plutôt musclée. Nicolas Sarkozy se penche légèrement vers l’avant, non sans avoir étrillé, une dernière fois, pêle-mêle, les magistrats, les médias, la classe politique et forcément François Hollande, l’ennemi de toujours. Puis il darde son regard dans le nôtre. Et lâche avec une sorte de gourmandise : « Monte-Cristo, c’est un velléitaire, à côté de moi… » Ce 22 janvier 2021, il est à nouveau en campagne. Quasi certain d’être relaxé, quelques semaines plus tard, dans l’affaire dite « des écoutes », il reçoit Le Monde, et veut s’expliquer, convaincre, même s’il se défie de tous, et du Monde en particulier. Rendez-vous est donc pris pour le 4 mars, afin d’aborder, sous forme d’interview, le fond de l’affaire Bygmalion.

Quinze jours plus tard, lundi 1er mars, au tribunal judiciaire de Paris. Blême, Nicolas Sarkozy encaisse avec stupeur le jugement prononcé par la présidente du tribunal correctionnel, Christine Mée. Dans l’affaire des « écoutes », elle vient de le condamner pour « corruption active » et « trafic d’influence » à trois ans de prison, dont un an ferme. L’ancien président ne s’y attendait pas, aveuglé – grisé ? − par les oracles d’un entourage un peu trop flagorneur, comme par les insistants bruits de prétoire, tous lui prédisant une relaxe. Retour express vers ses locaux parisiens, rue de Miromesnil. L’ex-chef d’Etat doit y préparer en catastrophe la riposte, forcément violente et médiatique, pour mieux s’atteler ensuite à la relecture des milliers de pages du dossier Bygmalion, l’étape suivante de son chemin judiciaire.

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Mais d’abord, annuler l’entretien prévu avec Le Monde, plus de temps à perdre. Il ressort sa communication de crise habituelle, avec le diptyque journal de 20 heures et Le Figaro. Il y a urgence : dès le 17 mars, et jusqu’au 15 avril, il va devoir répondre des faits de « financement illégal de campagne électorale », celle de l’élection présidentielle de 2012 : il est accusé d’avoir dépensé 42,8 millions d’euros, quand la loi fixe un plafond à 22,5 millions d’euros. Nicolas Sarkozy, 66 ans, est désormais en guerre. Donc, plus de place pour la nuance. Sa stratégie s’ébauche, elle va prendre les contours brumeux d’un écran de fumée, où l’on distingue les traits d’un grand brûlé de la politique : Jean-François Copé.

Des comptes en Israël

Deux hommes, Copé et Sarkozy, deux destins chahutés, étroitement liés. Ils se détestent depuis si longtemps ! Et se toiseront, mais à distance, aux aguets et prêts à riposter, lors du procès Bygmalion. Copé n’y assistera pas puisque la justice l’a blanchi. Aujourd’hui, alors qu’il a fini par s’extirper de ce bourbier, il n’est plus « que » maire de Meaux (Seine-et-Marne), et avocat d’affaires. Il semble heureux, ne gêne personne. Dimanche 7 mars, il a encore pris un vrai plaisir à voir s’effondrer, au cœur du quartier de Beauval, les tours jumelles Alsace et Anjou ; dix-sept étages d’une parfaite laideur foudroyés dans le fracas et la poussière.

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