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Le renouveau des phénomènes sectaires à l’ombre de la pandémie

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Des suicides collectifs du Temple solaire en Suisse et dans le Vercors, en passant par les Bouddhas géants du Mandarom à Castellane (Alpes-de-Hautes-Provence), les années 1990 et 2000 avaient fixé un imaginaire collectif des mouvements sectaires : des communautés physiques installées dans des lieux isolés, dans lesquelles des adeptes vivaient coupés du monde et sous l’emprise d’un gourou tout-puissant.

Si le phénomène existe toujours, il se double aujourd’hui d’une autre dimension, dans l’espace virtuel du Web et des réseaux sociaux, et délaisse les questions spirituelles au profit de la santé et du développement personnel.

Si les sectes n’ont jamais disparu, la problématique semblait moins prégnante ces dernières années, au point que les organismes chargés de la lutte contre le phénomène, en premier lieu la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), avaient progressivement vu leurs moyens réduits et réaffectés à la lutte contre le terrorisme. Mais la crise sanitaire a réactivé les dérives sectaires et ravivé les inquiétudes au sommet de l’Etat.

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Nommée en juillet 2020 ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur, Marlène Schiappa en a fait un axe stratégique de son portefeuille, au même titre que le séparatisme. Elle a demandé fin août aux acteurs de la lutte contre le phénomène un rapport sur l’actualité de la menace sectaire. Remis en février, ce document fait le constat d’une modification des mécanismes et du fonctionnement de l’emprise sectaire, à la faveur notamment de la pandémie mondiale de Covid-19.

Des communautés virtuelles « moins visibles »

« On est dans un renouveau des pratiques, constate Pascale Duval, porte-parole de l’Union nationale des associations de défense des familles et des individus victimes de sectes (Unadfi). On a affaire à de microgroupes, des communautés virtuelles, qui sont bien moins visibles. » Le rapport évoque 140 000 personnes sous emprise sectaire en France et 500 microgroupes, un chiffre sous-estimé selon Mme Duval « par rapport à ce qu’on trouve en se baladant sur la Toile ».

En 2020, la Miviludes recensait 3 008 signalements, dont 686 jugés sérieux et objets d’enquêtes plus avancées. Un chiffre en hausse de 30 % sur les cinq dernières années. Un quart de ces signalements concerne des personnalités ou des organisations inconnues des services spécialisés jusque-là, signe d’un renouvellement des acteurs et des domaines touchés par les dérives sectaires. Celles-ci délaissent en effet souvent le terrain du spirituel pour investir celui des questions de santé ; il représente 40 % des signalements en 2019.

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