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Le Sénégal dans l’ère des troisièmes mandats : le basketball se met à l’heure – Lequotidien

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La perspective de l’éventualité d’un troisième mandat présidentiel, semble donner des ailes aux élus de nos instances sportives, le basketball et le football, toutes frappées de la limitation de mandats à deux.
Malheureusement, ce syndrome qui est en train de gagner les instances sportives, se justifie par une accointance entre les politiques et les actuels dirigeants des instances sportives, qui ne sont mus que de leurs intérêts personnels au détriment des intérêts collectifs (les résultats sportifs). Sous nos cieux, politique et sport n’ont jamais fait bon ménage, au point que conformément aux textes sportifs, les appartenances politiques n’avaient pas droit de cité aux réunions des instances sportives.
Aujourd’hui, malheureusement, l’appartenance politique est devenue un avantage concurrentiel pour se faire élire et diriger ces entités sportives. Résultats des courses : au-revoir les trophées et hypothèque sur les espoirs de sacre.
Samedi 17 avril, la Fédération sénégalaise de Basketball devait aller en Assemblée générale extraordinaire d’information suivie d’une autre ordinaire.
Il était prêté à cette Assem­blée générale extraordinaire, l’insidieuse idée de renfermer dans son ordre du jour, la révision des textes, plus particulièrement celle de l’article 18 des statuts de la Fédération sénégalaise de basket relatif à la durée du mandat de ses membres pour le rendre illimité.
L’argument avancé pour amender cet article serait que l’accès aux instances dirigeantes du basket mondial, est tributaire du temps passé au sein à l’instance fédérale nationale, synonyme d’acquisition d’expérience, conditions sine qua non. Mon œil !
Cet argument qui n’est qu’un fallacieux prétexte pour se maintenir ad vitam aeternam à la tête de la fédération, risque de créer un précédent dangereux, porteur de tous les germes fractionnistes au sein de la famille du basket sénégalais.
Aussi, nous en voulons pour preuve le principe de la mobilité en matière de gestion des ressources humaines. En effet, cette matière consacre le principe de la mobilité des personnes parce qu’il est démontré que le temps est le meilleur ennemi de la compétence et de la performance en ce sens qu’il conduit inexorablement, pour la personne qui occupe un poste longtemps, à l’atteinte du seuil d’incompétence.
D’ailleurs, l’exemple des instances mondiales sportives qu’on avance entre autres, comme argument d’illimitation de mandats, ne tient pas au regard des traitements dégradants des fins des dirigeants de ces instances.
Cette manœuvre, ne s’agit ni plus ni moins que d’une forfaiture qui s’organise au profit d’une caste d’individus mus uniquement par leurs propres intérêts et ne saurait être acceptée par les sportifs en particulier et le Peuple en général.
Aujourd’hui, partout dans le monde, la tendance est à la limitation de mandats pour tout poste électif.
Aussi, l’exemple sénégalais ne saurait qu’être voué aux gémonies dans un contexte où l’heure n’est plus à «l’éternisation« au pouvoir, source de tous les maux qui plombent la performance et qui ont pour noms : corruption, clanisme, népotisme et personnalisation, sans compter l’incontournable principe de Peter.
Au contraire de ce que l’on veut faire croire aux Sénégalais, c’est plutôt l’exemple sénégalais qui devrait servir de modèle aux instances sportives mondiales. Au fait qu’est-ce qui fait courir nos dirigeants ? Le sacerdoce ou les sinécures ?
Au-delà de toutes ces considérations, il est temps que tout dirigeant d’une instance nationale, comprenne que cette dernière, ne saurait être leur chasse gardée et qu’elles appartient aux Sénégalais dont la maigre bourse (argent du contribuable) permet de l’entretenir.
Les avancées dans quelque domaine que ce soit, résident dans les changements. D’ailleurs, la décence voudrait que les changements portés par une personne ne puissent pas lui profiter directement. Ce qui n’est pas le cas pour ce fumeux projet qui n’a d’autre objectif que de maintenir entre autres, l’actuel président au poste. Le sport a toujours été guidé par des valeurs d’éthique, d’équité et de transparence.
Aux fédéraux, pour le respect des Sénégalais, nous en appelons à votre sens des responsabilités pour mettre fin à ce projet qui n’est nullement dans l’intérêt des Sénégalais.
Mamadou FAYE Grand-Yoff
(Citoyen sénégalais épris de justice, féru de sport)



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