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Le train de nuit Paris-Nice fait son retour, trois ans après sa suppression

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A Paris, le 9 décembre 2019.

Plus de trois ans après, le train de nuit Paris-Nice est de retour. Cet Intercités de nuit repart jeudi 20 mai, avec Jean Castex à son bord. Le premier ministre doit l’inaugurer à la gare d’Austerlitz avant d’y dormir en couchette : départ à 20 h 52, arrivée à 9 h 11 vendredi sur la Côte d’Azur. Soit douze heures de trajet, contre moins de six heures en TGV.

Prévu le 16 avril puis reporté en raison de la crise sanitaire, ce lancement en grande pompe doit « mettre en valeur un mode de transport vertueux qui participe au désenclavement des territoires. Nice est ultraconnecté pour les CSP++, mais moins pour les étudiants et autres », a insisté l’entourage du premier ministre auprès de l’Agence France-Presse. Les billets sont proposés à partir de 19 euros en siège incliné, 29 euros en couchette de seconde classe et 39 euros en couchette de première.

L’Intercités Paris-Nice, dont l’exploitation avait cessé en décembre 2017 faute de rentabilité, reliera tous les jours et dans les deux sens Paris-Austerlitz et Nice-Ville, avec six arrêts dont Marseille, Toulon et Cannes.

Avec ce long trajet dans son agenda, M. Castex veut mettre en lumière une « concrétisation rapide du plan de relance » gouvernemental, qui consacre 5,3 milliards au secteur ferroviaire, dont 100 millions pour les trains de nuit. Il prévoit 50 millions d’euros pour le rafraîchissement de cinquante et une voitures de nuit et 50 autres millions pour l’accueil des voyageurs et l’adaptation des ateliers. Le gouvernement veut aussi relancer le Paris-Tarbes à la fin de l’année. Dans l’immédiat, le Paris-Nice repart avec les voitures qui vont normalement à Briançon (Hautes-Alpes), une liaison actuellement fermée pour travaux.

Le premier ministre veut aussi rappeler la « dimension écologique » de ces trajets en couchette ou en siège inclinable : le train offre une alternative à l’avion sur ces longues distances. Après l’arrêt fin 2017 du Paris-Nice, héritier du prestigieux Train bleu lancé en 1886, un appel à manifestation d’intérêt pour trouver un repreneur avait été lancé, en vain.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le train de nuit, solution écologique alternative à l’avion malgré un matériel vieillissant

Une dizaine de trains de nuit en 2030 ?

La liaison relancée pourrait être la première d’une nouvelle série de lignes nocturnes. « Mon ambition, c’est une dizaine de trains de nuit en 2030 », avait déclaré le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, en janvier. Il n’y avait plus – hors arrêts liés à la pandémie ou à des travaux – que deux lignes de trains de nuit en France, Paris-Briançon et Paris-Rodez, Cerbère (Pyrénées-Orientales) et Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales). Les voitures de ces lignes rescapées doivent être entièrement rénovées d’ici à 2023, pour 44 millions d’euros.

Un rapport gouvernemental, publié mardi par la lettre d’information Mobilettre, propose d’articuler un bouquet de liaisons de nuit – éventuellement saisonnières – autour des corridors Dijon-Marseille, Bordeaux-Marseille, Paris-Toulouse et Tours-Lyon, et d’atteindre de grandes villes étrangères.

Les rapporteurs prennent pour modèle la réussite de la compagnie autrichienne ÖBB avec la constitution d’un véritable réseau (Vienne-Amsterdam ou Munich-Rome, entre autres) dans un « contexte socioculturel favorable à l’environnement et à l’action contre le changement climatique ».

Les schémas proposés dans le rapport comportent par exemple un ensemble de dessertes depuis Metz-Nancy-Strasbourg et Zurich-Genève jusqu’à Avignon puis Marseille-Nice, Perpignan-Barcelone et Toulouse-Bordeaux. Des liaisons Quimper-Nantes-Lyon-Genève, Paris-Bruxelles-Hambourg-Copenhague-Malmö ou encore la renaissance du Paris-Rome sont aussi envisagées. En tout, six cents voitures seraient nécessaires – dont 354 destinées aux liaisons intérieures – pour un prix estimé de 924 millions d’euros, ainsi que soixante locomotives, soit une facture totale de 1,45 milliard, dispositif de maintenance compris.

Le réseau de nuit proposé serait déficitaire de 26 millions d’euros par an, un chiffre sensiblement égal au déficit actuel des deux lignes de nuit existantes.

Selon le ministère, le rapport publié par Mobilettre est « une version de travail obsolète », et « sa version définitive sortira dans quelques jours ».

Le très actif collectif Oui au train de nuit s’est félicité du retour du Paris-Nice, appelant le gouvernement à « s’engager sans délai pour débloquer les financements nécessaires à la renaissance des trains de nuit », avec des commandes de trains neufs. Le collectif propose également dans un communiqué de « rééquilibrer la concurrence entre le train et l’avion, en diminuant la TVA sur les billets de train et en fixant un prix plancher pour les billets d’avion ».

Le Monde avec AFP



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