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les Bleus échouent à prendre la forteresse anglaise

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Les Anglais, de Maro Itoje, ont contré les Bleus dans les ultimes minutes de la partie, samedi.

La forteresse a vacillé. Mais à la fin, comme début décembre en finale de la Coupe d’automne, et comme depuis 2007, les Anglais sont restés maîtres en leur fief face aux Français. Longtemps dominé par les Bleus, le XV de la Rose s’est imposé, samedi 13 mars, au terme d’un « crunch » disputé (23-20), après avoir renversé le match dans les dernières minutes. Sous le feu des critiques depuis le début du Tournoi des six nations pour ses nombreuses pénalités concédées, le deuxième ligne Maro Itoje a permis aux Anglais de l’emporter, sur un essai inscrit à trois minutes de la sirène.

Revivre la rencontre : Les Anglais renversent le XV de France dans les dernières minutes

Pour le XV de France, qui n’avait pas joué depuis près d’un mois, contamination au Covid-19 oblige, la défaite laisse « un goût amer dans la bouche », a exprimé Fabien Galthié. Celle d’une partie longtemps maîtrisée où, par « manque de lucidité », de fraîcheur ou de discipline, les coéquipiers du capitaine Charles Ollivon ne parviennent pas à conserver leur avance jusqu’à la fin du match.

Pourtant, les Bleus ont d’emblée montré qu’ils souhaitaient clore le chapitre « contamination » qui les a tenus éloignés des terrains depuis un mois. Et à leur manière, par le jeu. Si les Anglais avaient concocté un « plan anti-Dupont », pour empêcher le fer de lance français de mener le jeu, les Bleus avaient des fourmis dans les jambes. Et sur une incursion du revenant Virimi Vakatawa, un coup de pied ingénieux de Teddy Thomas et une balle volleyée pour lui-même par Antoine Dupont, le demi de mêlée français inscrivait le premier essai de la partie dès la première minute de jeu. Et malgré une rapide réaction anglaise, les Bleus ont poursuivi dans cette veine.

Malgré le Covid-19, les Bleus n’ont pas perdu leur « flair »

Interrogé sur la digestion de « l’épisode Covid » par ses partenaires, le capitaine Charles Ollivon avait affiché son optimisme vendredi. « L’ambiance, la confiance… tout est intact. La dynamique est la même qu’auparavant, rien n’a changé. » A voir Julien Marchand progresser de quinze mètres après avoir gratté un ballon, ou Matthieu Jalibert s’embarquer dans une périlleuse relance, seul face au pack anglais en fin de première période, force était de lui donner raison.

Lire aussi : Pour les Bleus, un crunch pour clore « l’épisode Covid »

L’un des symptômes du Covid étant la perte de l’odorat, il aurait pu sembler normal que les Bleus peinent à retrouver leur « french flair ». Ou à sentir venir la Rose. Mais à leur habitude depuis désormais un an, les coéquipiers de Charles Ollivon ont poursuivi leurs incursions inspirées dans le camp adverse. La première période « plaisante à jouer, avec beaucoup de jeu, de rythme, d’essais », comme l’a analysé le troisième ligne Dylan Cretin, a vu les Bleus faire plier les Anglais à plusieurs reprises.

Sur une combinaison en touche, où Julien Marchand lobe tout l’alignement pour trouver Gaël Fickou, Antoine Dupont et Matthieu Jalibert ont semé la zizanie dans la défense anglaise désorganisée. Après un enchaînement de leurres, une passe sautée du demi d’ouverture offrait à Damian Penaud le second essai français, en coin. Un essai qui porte la signature de Laurent Labit, entraîneur des lignes arrières. « C’est une combinaison travaillée à l’entraînement, a reconnu Dylan Crétin. Ça fait toujours plaisir de marquer sur quelque chose de travaillé. »

« On a perdu le fil du match »

Dominateurs dans le premier acte, les Bleus auraient même pu aggraver la marque. « Si l’on refait le match, on a la possibilité de construire la partie différemment, notamment avec un très bon ballon porté en toute fin de première mi-temps, a rembobiné Fabien Galthié après la rencontre. On se fait pénaliser, mais on doit entrer dans l’en-but. C’est dommage, mais évidemment, avec des si… » Quelques autres munitions ont été égarées en route par ses troupes, de quoi alimenter les regrets d’une équipe en progression constante depuis un an, mais loin d’avoir atteint les cimes du rugby mondial qu’elle vise.

Car la seconde période n’a pas réservé aux Bleus un destin similaire à la première. Si l’immense enceinte de Twickenham n’a jamais vibré, absence de public oblige, la pression des Anglais s’est fait sentir. Et les Français, bousculés, ont « un peu perdu le fil du match », a admis le demi d’ouverture Matthieu Jalibert. « Nos lancements, de l’indiscipline… des erreurs qui ne pardonnent pas à ce niveau, et c’est dommage, car on avait l’impression de pouvoir faire quelque chose de grand. » Mais le XV de la Rose attendait les Bleus.

« On savait que la France allait débuter en force en début de partie. Ils n’avaient pas joué depuis longtemps, et arrivaient à Twickenham, a souri le sélectionneur des Anglais, Eddie Jones après le match. Mais je suis fier de la manière dont mes joueurs ont répondu présent. » Si le rythme a baissé en seconde période, les coéquipiers d’Owen Farrell y sont pour quelque chose. « La seconde période était plus hachée, avec des phases statiques, des pauses, mais je ne crois pas qu’on s’est laissé endormir », a souligné Dylan Cretin.

Frôlant la rupture à plusieurs reprises, les Bleus se sont retranchés en défense, pour conserver les quatre points d’une avance rudement acquise (16-20, jusqu’à la 77e minute). Et ont fini par payer l’addition, après une multiplication de « petites erreurs » et de « manque de lucidité », a reconnu le capitaine français Charles Ollivon : « On a été sous pression les dix dernières minutes. »

Pas de Grand Chelem pour les Bleus

S’ils ont quelque peu tiré la langue, été « trop pénalisés, et donné des ballons gratuits ayant permis aux Anglais d’avancer », comme l’a constaté Fabien Galthié, les Bleus ont refusé de mettre leur défaite sur le manque de rythme. Depuis le début de la saison, notamment en Top 14, l’immense majorité des équipes frappées par le Covid-19 ont baissé de rythme passé la 60e minute de leurs rencontres de reprises. Et les Bleus, dont douze joueurs ont été contaminés, ont à leur tour peiné à boucler la rencontre.

Sur le reculoir, l’équipe de France a rompu sur une action de Maro Itoje à trois minutes du terme. Un essai, initialement refusé par l’arbitre pour une main française interposée entre la balle et le gazon, a permis aux Anglais d’éviter de plonger dans la crise. Célébrant cette année les 150 ans de la Rugby football union (RFU), leur fédération, le XV de la Rose ne pouvait se permettre une troisième défaite en quatre rencontres dans le Tournoi des six nations.

Lire aussi Tournoi des six nations 2021 : cent cinquante ans après leur premier match, Angleterre et Ecosse refont l’histoire

Leur victoire sur le fil prive l’équipe de France de tout espoir de premier Grand Chelem dans le tournoi depuis 2010. S’ils conservent « [leur] destin entre les mains » en vue d’une victoire dans le Tournoi, avant de recevoir le Pays de Galles et l’Ecosse, les partenaires de Charles Ollivon ont une fois encore échoué de justesse à déverrouiller la forteresse Twickenham. Depuis 2007, la France ne parvient plus à s’imposer en terres anglaises. Et pour les Bleus, la frustration domine : « Perdre comme ça un match qu’on sait qu’on a entre les mains, qu’on peut gagner, ce n’est jamais facile à accepter, a exprimé Dylan Cretin. Il nous a manqué les trois dernières minutes pour gagner, mais le tournoi n’est pas encore fini. » Dans une semaine, les Gallois peuvent, eux, rêver du Grand Chelem au Stade de France.

Le Pays de Galles balaie l’Italie dans sa quête du Grand Chelem

Le Pays de Galles, en pleine renaissance, a balayé l’Italie (48-7) samedi à Rome et pourra viser le Grand Chelem la semaine prochaine contre la France lors de la dernière journée du Tournoi des Six Nations.

Incapable de défendre sans faire de fautes et sanctionnée d’un carton jaune dès la 6e minute (pour son capitaine Luca Bigi, coupable de ne pas avoir respecté les dix mètres sur une pénalité), l’Italie a pris l’eau sitôt les hymnes terminés. Josh Adams (7e), Taulupe Faletau (13e) et Ken Owens par deux fois (20e, 29e) ont rapidement assuré le point de bonus offensif.

Pas simple, face à ces Gallois organisés, d’exister pour les Italiens et leur demi de mêlée, Stephen Varney, né au Pays de Galles, dont les 19 ans n’ont pas pesé lourd au regard de l’expérience du XV du Chardon. La seconde mi-temps aura au moins permis à la Nazionale de sauver l’honneur, sur un joli essai en coin de Monty Ioane (49e) suivi d’une transformation de Paolo Garbisi.

Mais pas vraiment de quoi éviter l’humiliation contre des Gallois restés dans le match malgré la victoire déjà en poche. George North (43e) puis Callum Sheedy (60e), entré à l’ouverture à la place de Dan Biggar, et l’inévitable Louis Rees-Zammit (quatrième essai dans le Tournoi, 64e) ont ainsi ajouté trois essais – les deux derniers profitant d’une nouvelle supériorité numérique, alors que les Italiens étaient de nouveau réduits à quatorze (coude trop haut de Marco Riccioni, 57e).

L’Italie, battue pour la trente et unième fois de rang dans ce tournoi toujours trop grand pour elle (187 points et 26 essais encaissés en quatre matchs), n’a même pas réussi à offrir le semblant de résistance entrevu lors de ses précédentes sorties. Elle ira la semaine prochaine en Ecosse pour tenter d’éviter une sixième cuillère de bois consécutive.





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Nakodal

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