Justice

les travaux du village des médias en Seine-Saint-Denis suspendus en référé par la justice

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Lors d’un rassemblement contre le démantèlement du parc Georges-Valbon, sur la zone de l’Aire des vents, à Dugny, le 13 décembre 2020.

La justice administrative a suspendu, mardi 6 avril, en référé les travaux du village des médias des Jeux olympiques (JO) de Paris 2024, prévu pour accueillir jusqu’à 2 000 journalistes et techniciens sur une partie d’un parc de Seine-Saint-Denis.

La Cour administrative d’appel de Paris a suspendu une partie de l’autorisation environnementale délivrée en novembre 2020 par le préfet de Seine-Saint-Denis. « Il est enjoint à la Société de livraison des ouvrages olympiques de donner instruction à ses cocontractants afin qu’ils cessent tous travaux », a-t-elle indiqué dans son ordonnance, consultée par l’Agence France-Presse (AFP).

Lire l’entretien : « Les Jeux de Paris se dérouleront bien en 2024, quoi qu’il se passe à Tokyo »

Prévu dans le parc départemental Georges-Valbon sur la zone de l’Aire des vents, à Dugny, le village des médias – initialement appelé « cluster des médias » – doit accueillir jusqu’à 2 000 journalistes et techniciens pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Les bâtiments doivent ensuite être convertis en 1 300 logements, dont 20 % de logements sociaux, dans le cadre d’un « écoquartier ».

« Artificialisation définitive » du parc

Deux associations, l’antenne locale du Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE 93) et le Collectif pour le Triangle de Gonesse, ont déposé en février un nouveau recours contre ce projet devant la Cour administrative d’appel de Paris, compétente en matière de contentieux liés aux JO 2024.

Dénonçant une « artificialisation définitive » de ce parc de 400 hectares, ces organisations, accompagnées dans leur démarche par 36 personnes, riverains et usagers du parc, avaient doublé cette procédure d’un référé-suspension, qu’un juge des référés a approuvé mardi.

Ce dernier a estimé que l’arrêté préfectoral visé, dans la dérogation qu’il accorde à l’interdiction d’atteinte à des espèces protégées, ne satisfait pas en l’état les dispositions du code de l’environnement.

« Les JO n’ont jamais été un problème pour nous », a réagi auprès de l’AFP Jean-Marie Baty, président du MNLE 93, mais « il s’agit d’un processus qui passe par les Jeux olympiques pour faire de la promotion immobilière ». « Il faut qu’on continue de lutter contre cette volonté d’artificialiser le moindre espace vert dans notre département », a-t-il poursuivi.

Lire le décryptage : Les JO de Paris 2024 réduisent la voilure

La cour doit encore se prononcer sur le recours en lui-même, une procédure qui nécessite davantage de temps. Et qui va sérieusement compliquer le chantier prévu. Contactée par l’AFP, la Solideo n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

Le chantier doit être bouclé pour décembre 2023

Lors d’une audition au Sénat la semaine dernière, le directeur général de la Solideo, Nicolas Ferrand, a estimé qu’ils avaient « du temps » et « pouvaient absorber des aléas ». Le ministère de la transition écologique et la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) doivent verser chacun 750 euros aux requérants.

Les opposants au village des médias ont prévu de se réunir dimanche à l’Aire des vents, qui accueillait traditionnellement la Fête de l’Huma. Les mêmes requérants étaient déjà à l’origine d’une précédente procédure contre le village des médias, qui avait échoué.

Début février, la Cour administrative d’appel avait rejeté leur pourvoi, dans lequel ils demandaient l’annulation de la cession du terrain par le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis à la Solideo, pour 6,9 millions d’euros. Au total, la Solideo, qui a un budget d’argent public de près d’1,4 milliard d’euros (sur 3,2 milliards environ), supervise 62 ouvrages.

Département le plus pauvre de France métropolitaine, la Seine-Saint-Denis va recevoir plusieurs infrastructures cruciales des JO 2024 à Paris, avec la bénédiction des élus locaux mais l’opposition de certains riverains et associations.

Pièce maîtresse de l’infrastructure des JO, un village olympique de 300 000 mètres carrés va notamment voir le jour à Saint-Denis, Saint-Ouen et l’Ile-Saint-Denis. Des dizaines de grues et des milliers d’ouvriers doivent débarquer en 2021. Tout doit être bouclé pour décembre 2023.

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Le Monde avec AFP



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