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TF1 et M6 publient les bans d’un mariage à haut risque

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Le PDG de la chaîne de télévision française M6, Nicolas de Tavernost, lors des 13e Rencontres de l’Udecam, à Paris, le 5 septembre 2019. Il devrait prendre la tête du nouvel ensemble TF1-M6.

Les deux ennemis d’hier ont définitivement enterré la hache de guerre. Eternels rivaux, TF1 et M6, les deux premiers groupes de télévision privés français, ont publié leurs bans, lundi 17 mai. Ils ont annoncé être entrés en négociations exclusives avec l’ambition pure et simple de fusionner. L’Allemand Bertelsmann, propriétaire de RTL Group, cherchait officiellement depuis la fin 2020 un repreneur pour sa filiale de télévision et de radio française.

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Inimaginable il y a encore six mois, ce mariage des deux poids lourds de l’audiovisuel devrait créer un mastodonte fort d’un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros et d’un résultat opérationnel de 461 millions d’euros. En unissant ses forces, le duo espère mieux combattre les géants américains comme Netflix, YouTube ou Disney, en se renforçant dans la publicité, en accélérant dans le streaming à travers la plate-forme Salto et en se déployant dans la production.

A l’issue de l’opération – si elle arrive à son terme –, le groupe Bouygues sera l’actionnaire de contrôle du nouvel ensemble avec 30 % du capital, pour lequel il devra acquitter 641 millions d’euros. RTL Group, lui, en conservera 16 %. L’inoxydable patron de M6, Nicolas de Tavernost prendra la tête du nouvel ensemble.

Convaincre le gendarme de la concurrence

En optant pour TF1, l’Allemand choisit d’encaisser bien moins que ce qu’il aurait perçu, s’il avait décidé de vendre sa filiale à un nouvel entrant de la télévision française et donc de quitter le marché français. Outre Bouygues ou Vivendi, propriétaire de Canal+ et de CNews, étaient également en lice Mediaset, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (actionnaire indirect du Monde) et le trio Xavier Niel-Matthieu Pigasse-Pierre-Antoine Capton (les deux premiers sont également actionnaires du Monde à titre individuel).

En s’engageant avec TF1, Bertelsmann fait un choix long, périlleux, qui peut se solder par un échec, en affaiblissant au passage les deux groupes

Mais, depuis plusieurs semaines déjà, le groupe Bouygues savait sa proposition privilégiée par Bertelsmann. D’abord parce qu’une fusion est de nature à générer les synergies entre les régies, les rédactions, dans le domaine de l’acquisition des droits, etc. Les deux groupes évaluent leur montant entre 250 et 350 millions d’euros. Ensuite, parce que l’opération doit servir de galop d’essai à Bertelsmann, qui rêve de la décliner en Allemagne. « Parvenir à consolider le marché en France serait pour Bertelsmann le moyen de montrer qu’il peut également être le consolidateur du marché allemand », soulignait-on en interne il y a quelques semaines.

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