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un effort budgétaire de 700 millions d’euros pour garder ouvert l’hébergement « d’hiver »

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Les associations de lutte contre l’exclusion et la pauvreté ont été heureusement surprises par l’annonce, vendredi 21 mai, par Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au logement, de la prolongation de dix mois de l’accès aux 43 000 places d’hébergement dites « d’hiver », afin d’éviter des remises à la rue en nombre. En temps normal, les places hivernales ferment le 31 mars. Elles avaient déjà bénéficié, pour cause de crise liée au Covid-19, d’un sursis jusqu’au 31 mai et ne fermeront finalement pas avant le 31 mars 2022.

Ces 43 000 places se répartissent à égalité entre chambres d’hôtel et lits en centres d’hébergement d’urgence. Les garder ouvertes nécessite un effort budgétaire de l’Etat de 700 millions d’euros, ce qui porte à 2,9 milliards d’euros le budget 2021 de l’hébergement, à l’intention de 200 000 personnes, voire 300 000 si l’on inclut les demandeurs d’asile. « C’est un effort conséquent et un changement d’approche qui nous sort de la gestion “au thermomètre” de l’urgence, salue Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) qui rassemble 800 associations. Il devrait nous laisser le temps de mettre en œuvre la stratégie dite “de la rue au logement”. »

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« C’est une bonne surprise alors que nos équipes de Marseille, par exemple, avaient été informées par le préfet de son intention de fermer des centres d’accueil, confie Manuel Domergue, chargé d’études de la Fondation Abbé Pierre. Il s’agit d’une prolongation, pas d’une pérennisation… Une chambre d’hôtel, c’est mieux que la rue mais ça ne permet pas une vie de famille normale, ce n’est pas un logement à soi », rappelle-t-il.

La saison touristique 2021 ne s’annonçant pas tellement meilleure que la précédente, de nombreux hôteliers ne sont pas fâchés de louer ainsi leurs chambres à l’Etat. Le ministère du logement souhaite tout de même réduire le recours aux nuitées hôtelières, leur préférant les centres d’hébergement d’urgence, qui offrent un meilleur suivi social, ou les pensions de famille. La Ville de Paris montre l’exemple en annonçant, le 21 mai, l’achat de l’hôtel Les Chansonniers, boulevard de Ménilmontant, en vue de sa reconfiguration en petits logements destinés aux sans-abri.

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Saturation du parc HLM

La sortie des personnes et familles hébergées vers un logement social pérenne reste compliquée par la saturation du parc HLM, notamment due à la diminution du nombre de départs des locataires en place, et par une production de logements sociaux au plus bas. Elle plafonne, en 2020, à 83 000 appartements, loin de l’objectif de 118 000. « L’Union sociale de l’habitat a signé, avec l’Etat, un accord pour produire 250 000 logements sociaux d’ici fin 2022, explique Jean-Luc Vidon, président de l’Association des organismes HLM d’Ile-de-France, mais il n’a jamais été aussi difficile de construire, avec un foncier cher, des coûts de construction qui flambent et des maires réticents, dont les finances locales sont malmenées. » En Ile-de-France, région la plus touchée par le « sans-abrisme », seuls 20 119 logements sociaux ont été agréés en 2020, soit le score le plus bas depuis 2006, tandis que le nombre de demandeurs atteint, lui, 745 000 (2,2 millions sur l’ensemble du territoire).

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